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Hollande : comment Normal Ier est devenu Grotesque Ier puis Goujat Ier…
©Closer

Bruits d'alcôve

Hollande : comment Normal Ier est devenu Grotesque Ier puis Goujat Ier…

Son règne avait commencé dans l'eau tiède. Il finit dans l'eau sale.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Au début, tout était normal. Pépère. Tranquille. Rien à voir avec le règne précédent quand un agité de première s'invitait sans gêne sur des yachts de milliardaires, fantasmait sur les Rolex et passait bruyamment d'une Cécilia à une Carla. François Hollande avait annoncé qu'il serait un Président "normal". Et il le fut. C'était ennuyeux. Emollient. Soporifique. Mais tellement reposant.

Puis, saisi par on ne sait quel démon, Normal Ier se prit de passion pour les scooters. Il en chevauchait un sauvagement pour se rendre nuitamment rue du Cirque, non loin de l'Elysée. Là, se déroulèrent des étreintes dont les bruits étouffés ne parvenaient pas au palais présidentiel. A l'Elysée, en effet, vivait la compagne attitrée. Et puis, patatras, le scooter dérapa. C'est-à-dire qu'il fut photographié avec son passager par des malveillants. Un rire énorme, homérique, rabelaisien, égrillard, secoua la France et la planète. Tout autre que Normal Ier serait parti, couvert de honte. Tout autre que Normal Ier n'aurait pas supporté d'être l'objet de la risée universelle.

D'ailleurs, tout autre que Normal Ier aurait attendu, par élégance et courtoisie, que la dame de l'Elysée quitte les lieux pour en installer une autre à sa place. Mais François Hollande, courageux et téméraire, n'avait pas peur d'être grotesque et ridicule. Quelque part au Japon, n'importe quelle personnalité ainsi abaissée aux yeux de tous aurait pris un sabre et se serait ouvert le ventre. Pas le genre de Normal Ier de se faire hara-kiri.

Il suffit d'ailleurs de comparer une gravure de samouraï à une photo du chef de l'Etat pour comprendre qu'aucune confusion n'est possible entre les deux. Normal Ier tenait à sa place. Et pour la garder, il accepta de devenir Grotesque Ier. Et l'honneur ? "L'honneur c'est quoi ?", demanda François Hollande à ses courtisans. Un choeur de roués et de petits marquis lui répondit : "Majesté, c'est un truc vieillot, complètement dépassé. Et de toutes façons, c'est réac".

Ainsi, Grotesque Ier continua à régner. Il était méprisé. Moqué. Mais il tenait à sa place, qui était bonne et lucrative. Puis, ces derniers jours, François Hollande connut une nouvelle métamorphose. A des journalistes qui l'interrogeaient sur l'expression "sans-dents" que la dame de l'Elysée (à ne pas confondre avec celle de la rue du Cirque) lui avait envoyée dans les gencives quand elle eut connaissance de son infortune, il répondit : "Elle a, me concernant, un complexe social" ! Ainsi parla le seigneur de la manante qu'il avait ramassée pour son lit. Ainsi, du haut de ses quartiers de noblesse, s'exprima le noble, l'aristocrate, sur la roturière qu'il avait daigné honorer.

Si François Hollande avait du cœur, il aurait dit : "Elle a été blessée, je peux la comprendre". Si François Hollande savait ce que le mot "élégance" veut dire, il aurait déclaré : "C'est quelqu'un de bien, dont je ne veux dire aucun mal". Si François Hollande comprenait le sens du mot "honneur", il aurait dit : "Je sais que je me suis mal conduit". Au lieu de quoi, avec le "complexe social" attribué à Valérie Trierweiler, il a préféré assumer sans vergogne une goujaterie triomphante. Son mépris est méprisable.

En 2014, interrogé dans L'Obs sur les "sans-dents", il eut cette réponse qui se voulait altière en invoquant avec fierté ses origines prolétariennes : "Mon grand-père maternel était un petit tailleur d'origine savoyarde, mon grand-père paternel un instituteur issu d'une famille de paysans pauvres du Nord". Et à la façon grandiloquente d'un Cyrano de Bergerac : "Vous croyez que je pourrais mépriser le milieu d'où je tiens mes racines, ma raison de vivre ?".

Que s'est-il passé depuis pour qu'il efface soigneusement ses origines si opportunément revendiquées alors ? Certains pensent que Grotesque Ier, pour devenir Goujat Ier, a fait appel à des généalogistes. Ces derniers lui auraient trouvé un grand-père à particule, une grand-mère châtelaine et douairière. D'où l'horreur rétrospective qui l'aurait saisi d'avoir pu se commettre avec une pauvresse du genre de Valérie Trierweiler. D'autres spécialistes ont une version qui vient utilement compléter celle-ci.

D'après eux, Julie Gayet, qui est de très, très bonne famille – une mère antiquaire, un père professeur de chirurgie, un château familial – a fait observer à François Hollande, avec un certain dédain, qu'il avait déchu de son rang en s'abandonnant dans les bras de Valérie Trierweiler. "Mais tu as vu qui tu as mis dans ton lit ? Une gueuse. Une fille de rien. Autant coucher avec une domestique ou une soubrette…". Les femmes sont cruelles. Humilié et confus, Goujat Ier a obtempéré dans le déshonneur. On le comprend. Son quinquennat s'achève bientôt. Et il a intérêt à filer doux avec Julie Gayet s'il veut la garder encore un peu.

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