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Depuis qu'il a annoncé sa candidature à la présidence de l'UMP, Hervé Mariton multiplie les interventions médiatiques et les réunions militantes
Depuis qu'il a annoncé sa candidature à la présidence de l'UMP, Hervé Mariton multiplie les interventions médiatiques et les réunions militantes
©. REUTERS/Charles Platiau

Pas de vacances

Hervé Mariton au charbon : ce que son été médiatique nous apprend du candidat à la présidence de l'UMP

Depuis qu'il a annoncé sa candidature à la présidence de l'UMP en juin dernier, Hervé Mariton, encore peu connu du grand public, multiplie les interventions médiatiques et les réunions militantes en plein été. Economie, société... le député UMP est présent sur tous les fronts.

Philippe Goulliaud

Philippe Goulliaud

Rédacteur en chef du service politique du Figaro, il a co-écrit avec Marie-Benedicte Allaire "L'incroyable septennat" en 2002 (Fayard). 

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Atlantico : Candidat à la présidence de l'UMP, Hervé Mariton multiplie les interventions médiatiques. Sur l'économie, il a estimé mercredi 6 juin sur France Inter que "le problème, c'est la cohérence ou plus exactement l'incohérence de la politique économique en France" regrettant que "c'est cette politique extrêmement brouillonne qui conduit à la déflation et pas le contexte européen". Il a aussi taclé François Hollande, "le mauvais élève qui fait la leçon économique à l'Allemagne". Et à propos de la censure du conseil constitutionnel, il a jugé que  "le pacte de responsabilité [était] mort" et évoqué les trois "erreurs" commises par le gouvernement. Qu'est-ce que ses déclarations révèlent sur sa ligne en matière économique ? 

Philippe Goulliaud :C'est un libéral pur jus. Il vient du Parti républicain puis de Démocratie libérale d'Alain Madelin. Ses propos récents en matière de politique économique ne sont pas nouveaux. Les ténors de l'UMP ont tous évoqué l'amateurisme du gouvernement, c'est le terme qui revient le plus chez eux et effectivement il y a eu beaucoup d'amateurisme dans la politique économique menée depuis 2012. Le libéralisme est un créneau qui est actuellement plus porteur à l'UMP. On le voit avec François Fillon qui affiche ses convictions libérales. A droite, il fut un temps pas si lointain où l'on ne s'affichait pas vraiment libéral, aujourd'hui c'est plus porteur. Hervé Mariton est assez cohérent sur sa ligne, il a toujours été libéral et il le reste.

En matière de politique intérieure, Hervé Mariton a critiqué les "frontières-passoire" et souhaite réduire les aides sociales accordées aux étrangers. Le député et maire UMP de Crest, dans la Drôme, a aussi récemment pris position pour les Chrétiens d'Irak. Il était particulièrement présent lors des débats sur le mariage pour tous, fervent opposant à ce projet de loi porté à l'époque par la ministre de la Justice. Incarne-t-il une ligne conservatrice sur ces questions ?

C'est un homme d'une droite affirmée, un libéral-conservateur. Il a certes un peu durci le ton sur les thématiques sociétales et son positionnement est plus à droite qu'au moment où il soutenait Dominique de Villepin (avant de prendre ses distances en 2010 lorsque l'ancien Premier ministre a lancé son propre parti, République Solidaire, ndlr) mais il reste assez fidèle et constant à sa ligne conservatrice sur ces sujets. Il a été à la pointe lors de l'épisode du mariage pour tous, sans céder aux excès. Sur la question de la protection des religions, il s'est mobilisé très tôt pour les Chrétiens d'Irak. Il est bien vu des catholiques.

Comment peut-on le décrire sur le plan du caractère ? 

Hervé Mariton est un politique assez intelligent et assez droit. C'est un honnête homme au sens classique du terme, un homme intègre plutôt pesé et mesuré. Il n'est pas dans la petite phrase mais dans le développement des idées. C'est un polytechnicien qui lui donne un côté sérieux dont il gagnerait parfois à sortir. C'est un gros bosseur et il est en charge de la définition du projet de l'UMP pour 2017. C'est un type sérieux et raisonnable et ce sont des qualités. Il tranche un peu dans le paysage politique mais il lui manque un peu le côté glamour… Il a été élu député pour la première fois en 1993 puis battu en 1997 dans une circonscription instable et difficile pour la droite. Il a été réélu par la suite en 2002 puis réélu en 2007 et 2012. Il a assuré ses positions à force de travail et probablement aussi à force d'authenticité, de constance et de cohérence. 

Le député UMP peut-il combler son déficit de notoriété en quelques mois de campagne ? 

Pendant cette trêve estivale et cette pause où presque tous les ténors sont en vacances, il est très présent et très actif notamment au niveau médiatique. Cela lui permet d'essayer de combler son retard de notoriété et en charisme notamment par rapport à Bruno Le Maire et les autres ténors de l'UMP. Il est très peu connu au-delà du microcosme et c'est un travail de longue haleine avant de refaire son retard. Il est dans le paysage médiatique car il connait beaucoup de journalistes. C'est un bon client, il a toujours été disponible pour eux. Il a changé de catégorie en étant candidat à la présidence de l'UMP. De député de la Drôme il devient un de ceux qui animeront cette campagne pour la présidence de l'UMP. 

Propos recueillis par Julien Chabrout

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