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Faire baisser le prix de l'essence, 
la "mission impossible" 
du futur Président
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EDITORIAL

Faire baisser le prix de l'essence, la "mission impossible" du futur Président

Dans un contexte international difficile, la maîtrise de la hausse du prix du pétrole est une priorité pour redonner du pouvoir d'achat aux Français.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Le prix de l’essence va devenir un des problèmes les plus épineux que le prochain Président devra affronter. Un premier signal a été donné par l’annonce d’une baisse de 3% de la consommation en mars. Certes, on peut invoquer le rajeunissement du parc automobile qui se traduit par des véhicules moins gourmands, mais cela est insuffisant : la vérité oblige à dire que les Français commencent à modifier leur comportement à leur corps défendant car le libre usage de la voiture est une priorité à  laquelle ils ne renoncent qu’avec la plus grande difficulté. Les responsables politiques le savent. François Hollande a ouvert un contre-feu en annonçant un blocage des prix pendant trois mois s’il est élu, en attendant de mettre en place une autre politique.

Mais les moyens d’action sont limités dès lors que nous sommes entièrement dépendants des importations extérieures. La baisse de l’euro représente un handicap pour une énergie libellée en dollars. Puiser dans les stocks qui représentent seulement trois mois de consommation se révélerait vite illusoire. Réduire les taxes qui pèsent sur le pétrole favoriserait le maintien de la consommation à un niveau élevé, alors que la facture énergétique a déjà bondi d’un tiers par rapport à 2010. Elle irait à l’encontre d’une politique visant à lutter contre le déficit.

Tout se passe comme si un nouveau choc pétrolier avait vu le jour de façon insidieuse à l’inverse des secousses brutales du passé, la dernière s’étant produite en 1979 ; il opère avec lenteur, laissant accréditer l’idée que la hausse serait provisoire, et en partie le fruit d’une spéculation sur les matières premières et l’énergie, comme l’affirme le président des États-Unis.

Il s’agit plutôt d’un mouvement de fond, lié à la montée en puissance des économies émergentes, dont le FMI soulignait récemment le dynamisme. La  Chine est en passe de rattraper les États-Unis comme premier consommateur. L’Inde, le Brésil, l’Afrique du sud ne sont pas en reste. Et les découvertes de nouveaux gisements se révèlent insuffisantes pour compenser l’augmentation de la demande.  Par ailleurs, la situation tendue au Moyen-Orient peut à tout moment susciter des ruptures dans l’acheminement de l’or noir, qui ferait aussitôt bondir les prix.

Conséquence : le poste énergie et transport pèse de plus en plus lourd dans le budget des ménages, qui ont le sentiment de  voir leur pouvoir d’achat se laminer. Les revendications de salaires risquent de se développer après le 6 mai, surtout si, en cas de victoire, François Hollande décide de donner un coup de pouce au SMIC comme il l’a laissé entendre dans les derniers jours de la campagne. Les marchés financiers demeurent pour l’instant très calmes comme l’a montré le succès de la dernière adjudication de la dette française. Mais ils sont aux aguets. Il ne faut pas se faire d’illusions : si certains propos auxquels ils accordent le bénéfice d’un doute électoraliste se transformaient en décisions qui tournaient le dos à la lutte contre les déficits, la réaction serait instantanée et brutale. La France, à l’instar de ses voisins européens du sud, est sous une stricte surveillance.

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