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Le candidat à la présidentielle Michel Barnier pose pour une photo lors de la journée parlementaire des Républicains, à Nîmes, le 9 septembre 2021.
Le candidat à la présidentielle Michel Barnier pose pour une photo lors de la journée parlementaire des Républicains, à Nîmes, le 9 septembre 2021.
©PASCAL GUYOT / AFP

Candidat le mieux placé ?

Grande enquête LR : Michel Barnier, l’homme que l’on ne voyait pas venir ?

L’enquête commandée par le parti et menée par Pascal Perrineau montre que Bertrand et Pécresse sont les deux mieux placés et disposent chacun d’atouts non négligeables. Mais aucun des deux ne plie le match.

Maxime Tandonnet

Maxime Tandonnet

Maxime Tandonnet est essayiste et auteur de nombreux ouvrages historiques, dont Histoire des présidents de la République Perrin 2013, et  André Tardieu, l'Incompris, Perrin 2019. 

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Atlantico : Alors que Bertrand et Pécresse font la course en tête dans l’enquête menée pour LR par Pascal Perrineau, aucun des deux ne semble plier le match. Un homme comme Michel Barnier pourrait-il en profiter pour tirer son épingle du jeu ? Dispose-t-il de la stature dont pourrait avoir besoin le parti ?

Maxime Tandonnet : A la question générale de la « bonne opinion » qu’ont les sympathisants de droite, ce sondage donne Michel Barnier en troisième position mais sans être largement distancié.  Xavier Bertrand devance légèrement Valérie Pécresse (53% contre 51%). Avec 41% d'opinions favorables, Michel Barnier se positionne en troisième homme… Or, sa notoriété est sans doute moins grande que celle des deux candidats en tête, dès lors que sa carrière depuis une quinzaine d’années est davantage européenne que française et sa candidature est nettement plus récente et moins attendue. On peut donc supposer qu’il conserve une marge de progression. Quant à sa stature présidentielle, tout dépend de la conception présidentielle que l’on peut se faire. Si l’on cherche un président histrion sur le modèle de l’actuel, sur tous les fronts à la fois, accaparant la communication et déterminé à incarner à lui seul l’action gouvernementale, M. Barnier n’est pas l’homme de la situation. Sa personnalité relativement sobre et réservée et son âge (70 ans), ne s’y prêtent en aucun cas. En revanche, si l’objectif est de renouer avec une présidence plus Ve République, le chef de l’Etat traçant un cap, garant de la politique étrangère et de défense, tandis que le Premier ministre et les ministres se chargent des tâches de gouvernement et de la politique intérieure, M. Barnier par son image de stabilité voire d’humilité qui contraste avec celle de l’actuel occupant de l’Elysée, peut représenter une alternative crédible qui a toute sa légitimité.

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Le positionnement ferme, mais sans excès, de Michel Barnier sur plusieurs sujets (immigration, europe, etc.) pourrait-il en faire une valeur refuge face à des candidats perçus comme plus inquiétants comme Zemmour ?

A ce stade, le positionnement idéologique de M. Barnier est la grande surprise de cette campagne à l’investiture des Républicains. Lui qui a consacré l’essentiel de sa carrière depuis une quinzaine d’années au renforcement de l’intégration européenne, semble aujourd’hui remettre en cause la suprématie du droit européen sur les démocraties nationales. C’est un changement de cap inattendu pour ne pas dire inespéré. Dans l’opinion, il peut s’interpréter de deux manières : soit par un accès d’opportunisme ; soit par la lucidité et l’humilité de celui qui tient compte de son expérience pour faire évoluer ses opinions. C’est exactement pareil pour l’immigration. Michel Barnier qui invitait l’Europe à anticiper « un afflux massif « de migrants en 2013 n’avait pas jusqu’à présent une réputation de fermeté sur ce sujet. Le changement de son discours peut être perçu soit comme artificiel soit comme une prise en compte courageuse de la réalité et de l’urgence d’apporter des réponses authentiques à un sujet qui préoccupe profondément les Français – d’où la poussée sondagière d’Eric Zemmour. A cet égard, au-delà de son slogan de « moratoire sur l’immigration » qui a produit l’effet politique et psychologique attendu, il lui reste à gagner une crédibilité par un projet réaliste et ambitieux. Son style sérieux d’homme de dossier, de travail en équipe, loyal à son parti politique et sa réputation de pragmatisme peuvent lui être des atouts précieux s’il parvient à convaincre de sa sincérité.

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Le fait que Barnier prenne comme directeur de campagne Pierre Danon, ancien proche de François Fillon, est-il une stratégie intelligente pour se placer dans les pas du fillonisme ?

Il faut voir dans cette nomination un message montrant que les questions économiques et financières seront au cœur de son projet et qu’il fera le choix du bien commun contre la démagogie. Contre le slogan macroniste du « quoi qu’il en coûte » qui se prolonge bien au-delà de la crise sanitaire et se traduit par une gabegie de dépenses électoralistes, le choix du sérieux dans la gestion des comptes de l’Etat peut être un argument de campagne efficace auprès des Français. Le prochain quinquennat sera-t-il celui de la fuite en avant dans l’aggravation de la dette publique qui atteint déjà 120% du PIB ou celui de l’effort et du courage pour redresser une situation financière cataclysmique ? Les Français sont-ils prêts à entendre un discours de vérité ? Sans doute, mais l’équation est complexe : le retour au sérieux dans la gestion de l’Etat ne sera supportable que s’il s’accompagne de garanties sur l’Etat protecteur et la restauration des services publics sinistrés comme ceux de la santé et de l’Education nationale. Telle est peut-être la clé de la victoire électorale en 2022.

Pour retrouver ce tweet et découvrir la vidéo, cliquez ICI

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