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La "nouvelle droite contestataire" et ses liens avec les états-majors de l'UMP
La "nouvelle droite contestataire" et ses liens avec les états-majors de l'UMP
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Frankenstein... Pourquoi la "nouvelle droite contestataire" a plus de liens avec les états-majors de l’UMP que ce que croit Le Monde (mais le génie pourra-t-il être remis dans la lampe ?)

Le Monde publiait vendredi 22 novembre un article intitulé "Une nouvelle droite contestataire qui échappe aux états-majors". La Manif pour tous, les Pigeons, les Bonnets rouges, échappent-ils réellement à la droite ou sont-ils le fruit de la droitisation de la campagne de Nicolas Sarkozy ?

Atlantico : Dans un article publié vendredi 22 novembre, Le Monde évoque la naissance d'"une droite contestataire qui échappe aux états-majors" . Les mouvements contestataires conservateurs type La Manif pour tous échappent-ils vraiment entièrement à la droite ou sont-ils au contraire le fruit de la droitisation de la campagne de Nicolas Sarkozy ?

Christophe Bouillaud : Il me semble que, même si N. Sarkozy n'avait pas "droitisé" sa campagne en 2012, une bonne partie du "peuple de droite" se serait de toute façon mobilisée contre les décisions nécessairement mauvaises à ses yeux de la nouvelle présidence socialiste, socialiste donc perverse par définition pour ce "peuple de droite". L'ouverture du mariage civil aux couples de même sexe ne pouvait ainsi que déclencher une réaction, à la fois des milieux conservateurs sur ce point et de l'Eglise catholique en tant que telle. On a observé la même chose en Espagne lorsque qu'une réforme semblable a été introduite sous un gouvernement de gauche. Toutes les mobilisations qu'on observe à droite depuis l'arrivée au pouvoir des socialistes s'inscrivent dans une logique de réanimation des clivages fondamentaux de la société française : contre l'évolution des mœurs qu'avalise la loi sur le mariage pour tous, contre le niveau par définition excessif des impôts, contre la réforme des rythmes scolaires qui ravive  la vieille question scolaire sous des formes nouvelles. Si j'ose dire, pour l'instant, on révise ses fondamentaux. Ces mobilisations de la base ne vont pas nécessairement trouver un débouché électoral en 2014 et en 2015 en dehors des partis établis de la droite au sens large, UMP, Alternative (UDI-Modem), Debout la République (DLR), Front national (FN). En France, il est presque impossible de créer un parti nouveau sans avoir déjà des élus professionnalisés. Les divers segments mobilisés du "peuple de droite" devront bien se résoudre pour peser électoralement à voter pour l'une ou l'autre étiquette partisane déjà en place de longue date. Donc il est peu probable que les états-majors (y compris en l'espèce celui du FN) perdent la main. 

Guillaume Bernard : L’orientation globale des campagnes de Nicolas Sarkozy a été la conséquence de la « droitisation » du pays et non l’inverse. Les récents mouvements de « la manif pour tous » ou des « bonnets rouges » ne sont que des manifestations d’une évolution plus ancienne et plus profonde, ce que j’ai proposé d’appeler le « mouvement dextrogyre » qui s’enracine dans trois causes : l’effondrement du régime soviétique, la multiplication des attentats islamistes et l’emballement incontrôlé de la mondialisation. Les partis politiques sont touchés par le dextrogisme mais ils n’en sont pas la cause même s’ils peuvent, naturellement, l’accompagner voire l’accélérer.

La "Droite forte" qui porte des idées assez radicales est aujourd'hui le mouvement majoritaire  au sein de l'UMP. La contestation a-t-elle commencé à l'UMP ? 

Christophe BouillaudEst-ce qu'on peut parler de contestation en constatant cette poussée de la "Droite forte" au sein des militants de l'UMP ? Je ne le crois pas. Dans le fond, les militants qui sont allés voter dans les élections internes de l'UMP affirment de fait leur volonté d'appartenir à un tel mouvement, ils auraient le choix de ne pas être là, personne ne les force, ils veulent simplement lui donner une orientation plus conforme à leurs idées, et ils ont trouvé une offre correspondant à leurs attentes dans le discours de la "Droite forte". Comme dans tout parti ou presque, les militants sont d'ailleurs toujours plus radicaux que les élus et les électeurs du parti. L'art des élus ou des aspirants élus est justement de modérer les ardeurs de leurs militants sans les décevoir totalement. De fait, étant dans l'opposition, l'UMP peut facilement se laisser aller à promettre des choses qui se trouvent en dehors des possibilités réelles qu'offre la légalité française et européenne, une bonne part de ses militants seront heureux de cet affichage, d'autres douteront du réalisme de ces propositions, mais peu importe au fond, il s'agit actuellement de s'opposer, pas de gouverner. 
Guillaume Bernard :La « droite forte » est une des illustrations de la radicalisation des esprits ; le fait que cette motion soit arrivée en tête lors des élections internes à l’UMP est l’une des illustrations du mouvement dextrogyre. Cependant, la force de ce que l’on peut appeler, pour l’instant, la « droite contestataire » vient de ce qu’elle réunit des personnes qui considèrent que, désormais, leurs différences ne doivent plus les empêcher de s’allier. Cela dépasse donc les partis politiques. Les « bonnets rouges » réunissent des catégories sociales considérées jusqu’à présent comme antagonistes (patrons et salariés, ouvriers et agriculteurs) ; « la manif pour tous » rassemble des personnes aux options partisanes différentes (des électeurs allant de la démocratie chrétienne au Front national). L’écœurement et la colère les conduisent à se rapprocher.

Marika Mathieu : Tout comme l’ensemble des courants élus lors du dernier congrès de l’UMP, la "Droite forte" s’est faite bien plus discrète depuis qu’elle a intégré les structures dirigeantes du parti. C’est toute la subtilité des discours de Guillaume Peltier et Geoffroy Didier qui d’un côté animent leur réunion au nom du renouvellement et du combat contre les élites qui nous méprisent, et de l’autre travaillent à se faire une place durable au sein de ces mêmes élites. Regardez d’ailleurs comment le mouvement s’est finalement rangé derrière la candidature de NKM, à Paris, après l’avoir dénoncée dans la fièvre de l’opposition au mariage gay. Les deux trentenaires assument d’ailleurs parfaitement leur désir de normalisation autant que de subversion, sans y voir de contradiction.

La "Droite forte" est moins une contestation qu’un produit de l’UMP en déroute. Quand Geoffroy Didier estime que l'hebdomadaire Valeurs Actuelles qui se revendique faire l’écho de la "France des invisibles" en lutte contre l’Europe et la "France barbare" du multiculturalisme, de la gauche, des impôts et de l’islamisme en vrac, est sur le même créneau que la "Droite forte", c’est tout dire. Si Valeurs Actuelles est bien le journal de la "Droite forte", alors la "Droite forte" n’a rien à faire à l’UMP. Mais l’UMP de Jean-François Copé est-elle en mesure d’affirmer une limite au moment où la France visible ou invisible ne lui accorde que peu de crédit ? Il semble que non.

Plus que la naissance d'une droite radicale, ne s'agit-il pas finalement de la renaissance d'une droite qui s'assume proche du RPR des années 1980 ? 

Christophe BouillaudCette comparaison avec le RPR des années 1980 tient surtout par le rétablissement d'un dualisme au sein de la droite républicaine. Avec la création de l'Alternative (UDI-Modem), on peut se retrouver dans la configuration RPR-UDF de l'époque, avec d'ailleurs le rétablissement du même clivage eurotièdes d'une part  contre euroenthousiastes d'autre part. Cela devrait bien se voir lors des Européennes de mai 2014. Cela tient aussi par le fait que, face à un pouvoir socialiste très impopulaire, l'UMP a tout intérêt à jouer le jeu de l'intransigeance la plus absolue, d'autant plus qu'il ne faut pas laisser le monopole de la radicalité au FN.

Marika Mathieu : Il y a bien, en tout cas dans l’esprit d’un certain nombre de supporters et militants de cette droite, un sentiment de "retour aux sources" du RPR tel que pouvait le pratiquer un Charles Pasqua. C’est d’ailleurs assez fascinant de se rappeler qu’à l’occasion de leurs "états généraux de l’opposition" consacrés à l’immigration, en 1990, le RPR et l’UDF se réunissaient pour déclarer en chœur que "la France ne doit pas être considérée comme un simple espace géographique sur lequel plusieurs civilisations pourraient coexister" et prônaient alors l’immigration zéro.

Mais s’il y a désir de renaissance, donc de retour à la division partisane de la droite, encore faudrait-il que la droite forte ou populaire l’assume ! Ce n’est en rien la proposition de ces mouvements qui ont tendance à exalter un concept plus flou et longtemps usé par le FN, celui de la "vraie droite", sans renier l’UMP. C’est le règne de l’ambiguité au nom d’une ambition : aspirer les électeurs du FN. La structure idéologique de cette frange de l’UMP ne se construit pas sur les mêmes ressorts de pensée que le RPR. C’est beaucoup plus flou au niveau des concepts de nation, de frontières, d’Europe, de souverainisme ou de protectionnisme. Les leaders de la "Droite forte" acceptent plus ou moins une référence au séguinisme des années 1990 mais ne considèrent pas Chirac comme "un homme de droite" par exemple, et n’ont pas plus d’égards pour son positionnement dans les années 1980. Malgré l’intérêt que représente le travail de ces concepts pour un électorat en attente de réponses sur ce terrain, les leaders de la "Droite forte" semblent vouloir réduire le prisme de la "vraie droite" à la défense d’une identité culturelle indéfinie et à une litanie de propositions autour d’une laïcité mal comprise sur le plan légal ou constitutionnel. 

Guillaume Bernard : La comparaison est tentante et permet effectivement de dégager des points communs. Le RPR a été créé pour contrer la domination du centre-droit sur la droite. Il a, ensuite, tenu un discours ferme afin d’apparaître comme la principale et la plus crédible des forces politiques face à l’exécutif socialiste. Cela dit, les circonstances politiques ont changé : le régime soviétique s’étant effondré, le libéralisme qui apparaissait comme la position la plus crédible face au collectivisme n’a plus le même sens : de manifestation de résistance au totalitarisme, il peut désormais apparaître comme destructeur. De même, les références politico-culturelles ont évolué : le RPR prétendait s’inscrire dans la lignée du gaullisme. Il n’est pas, ici, question de déterminer si cela constitua ou non une usurpation, mais il faut constater que le gaullisme est, désormais, plus inscrit dans l’histoire que dans l’actualité.

Nicolas Sarkozy a toujours cherché à élargir la base de l'électorat de droite. Ces différents mouvements contestataires sont-ils finalement une chance pour une droite qui prépare l'alternance ? 

Guillaume Bernard : Il est assez logique que les mouvements de contestation favorisent l’opposition au détriment de la majorité gouvernementale et qu’ils poussent à l’alternance. Cela dit, étant donné qu’aucun parti ni groupe d’influence ne canalise l’actuel mouvement d’indignation, il est assez probable que la droite ne pourra en profiter électoralement qu’à la condition que ses candidats (à la présidentielle, aux législatives, etc.) fasse l’effort d’incarner ces idées et ces aspirations avec une certaine netteté et fidélité. Nombre d’électeurs de droite ont été enthousiasmés par la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 et ont, ensuite, été frustrés par le décalage entre le discours et les actes.

Avec la crispation des enjeux politiques, un grand nombre d’électeurs se sont rendus compte d’une distorsion (parfois très profonde) entre leurs convictions et celles de leurs élus (y compris pour ceux pour lesquels ils s’étaient prononcés, faisant confiance à une « étiquette »). Beaucoup ne le tolèrent plus. Il est assez probable que pour éviter une progression de la défiance des citoyens envers les partis politiques, ceux-ci devront renouveler une partie non négligeable de leurs cadres et des personnes qu’ils investissent.

Christophe Bouillaud :Bien sûr, tous ces mouvements qui veulent "casser du socialiste" n'auront d'autre choix en pratique pour se débarrasser des socialistes et de leurs alliés que de voter pour l'un des partis actuels de la droite au sens large. Après, il faudra voir si cette radicalité est captée par le FN ou par l'UMP, voire l'Alternative (UDI-Modem). Même un François Bayrou a bien senti qu'il fallait radicaliser son discours : il s'en est pris récemment à la réforme des rythmes scolaires dans des termes proches de ceux utilisés par NKM sur le cas parisien. L'exemple est significatif : en tant qu'ancien ministre de l'Education, il devrait pourtant bien savoir que cette réforme est faite parce que les recherches scientifiques en la matière ont montré que la semaine de quatre jours est une erreur si l'on recherche à élever le niveau scolaire des enfants. Or, il est prêt désormais à flatter le sentiment des familles qui se trouvent gênées dans leur vie quotidienne par cette réforme. 

Marika Mathieu : Dans un sens oui puisque le ressort d’influence pour la "Droite forte", et plus profondément de la ligne de Patrick Buisson, est de considérer l’urgence pour la droite toute entière de s’approprier les termes de cette révolte sociétale et de ces paniques morales pour en faire l’ancrage de sa doctrine "populaire", autour du peuple dit "réel", périphérique et dit "oublié". Dans son programme pour le congrès, la "Droite forte" appelait déjà le renfort des "Pigeons". Ces manifestations semblent confirmer l’émergence d’un chaos nécessitant un changement de ligne politique. Mais le souci vient justement de cette manière de courir après les paniques sans être en mesure ni de les devancer, ni de le canaliser sur le terrain des réponses politiques. De manière de vouloir transformer "l’opposition" en "résistance". Contre le pouvoir ? Les élites ? La finance ? L’écotaxe ou la hausse de la TVA initiées par Nicolas Sarkozy ? C’est le manque de vision globale qui empêche la reprise cohérente de ces mouvements épars. La démarche de l’UMP comme la droite forte apparaît superficielle et plus en quête d’un "créneau" que d’un renouveau.

Quand Nicolas Sarkozy s’est attelé à élargir la base de son électorat avec succès (le temps d’une élection et non d’un mandat), c’est en mettant en place une stratégie globale et un travail intellectuel mené sur plusieurs années sous l’égide d’Emmanuelle Mignon. C’était le fruit d’une réflexion d’une toute autre ampleur par rapport à ce que produit actuellement la droite (forte ou pas). 

Malgré les mauvais sondages de l'exécutif, la droite ne s'impose pas pour l'instant comme une alternative crédible. Dans ces conditions, ces mouvements pourraient-ils néanmoins échapper totalement à la droite à l'avenir, notamment si le FN confirme sa percée ? 

Christophe BouillaudOn pourrait imaginer en effet que les électeurs radicalisés par leur participation à ces mouvements contestataires refusent de voter pour la droite dite républicaine, malgré les efforts que cette dernière ne manquera pas de faire pour les récupérer. En même temps, voter pour le FN ne va pas de soi : les agendas politiques peuvent ne pas coïncider totalement ; surtout, ces mouvements et leurs membres vont se retrouver dans la même situation de délégation qu'avec la droite républicaine. Le FN n'est pas sans être dominé, comme tous les autres partis, par ses dirigeants. Ceux-ci ne vont pas laisser entrer n'importe qui dans le parti. On remarquera d'ailleurs que pour préserver ses chances électorales de toucher le plus large public possible aux prochaines élections municipales, la direction actuelle du FN n'hésite pas à sanctionner ou à rappeler à l'ordre des aspirants élus trop radicaux dans leur expression. En effet, pour le FN comme pour l'UMP d'ailleurs, l'expression trop honnête des pensées réelles de certains de leurs militants constitue un risque électoral. Des personnes qui, sous prétexte de militantisme, exprimeraient par exemple leur haine des homosexuels, des étrangers, des fonctionnaires, des Roms, des noirs, des arabes, des féministes, etc. ne peuvent que plomber un parti politique qui aspire à avoir beaucoup d'électeurs. Bref, c'est un peu comme pour les "trolls" sur Internet : pour la plupart des gens, ces propos constituent des repoussoirs absolus. Comme on le dit parfois, ce qui est excessif est insignifiant. Autrement dit, les partis, y compris le FN, vont jouer leur rôle de filtre, de sélection des personnes éventuellement issus de ces mouvements radicaux, en ne retenant que ceux, capables et surtout désireux, de tenir des discours audibles par un public large. 

Marika Mathieu : On en revient à se demander ce que sera la droite (ou la gauche) à l’avenir. Passé le débat sur le retour de Nicolas Sarkozy dont beaucoup se prennent sans doute à penser qu’il leur éviterait de se poser trop de questions, un mouvement de fond émerge dans le courant d’une crise qui dure et reste globalement impensée et inexpliquée par les partis politiques de gouvernement. L’UMP confrontée à la renaissance du centre est-elle de fait un échec ? Sauvera-t-elle sa peau en niant son corps moribond ?

L’exaltation formelle d’une "guerre" purement partisane, d’une "résistance" diffuse en guise d’opposition de fond, n’est en tout cas pas la réponse attendue sur le terrain sociétal. Comme dirait un vieux briscard de droite : "le problème, c’est qu’on ne bosse pas assez."

Guillaume Bernard : La droite ne tire pas profit des mauvais sondages de l’exécutif parce qu’elle fait une mauvaise analyse de la situation en se complaisant dans la segmentation du discours et la quête d’une addition d’électorats distincts au détriment d’un discours global sur l’intérêt national. Il est en effet tentant de mettre en exergue que chacun des actuels mouvements de contestation axe son discours sur des thèmes différents (fiscalité, mœurs) et que leurs revendications sont disparates. Il n’y aurait donc aucune homogénéité mais seulement une juxtaposition de contestations. Il est vrai qu’il n’existe pas (encore ?) d’unité organisationnelle à ces différents combats.

Mais il existe cependant un fond « doctrinal » commun (même s’il n’est pas explicitement formulé) : que cela se traduise par une dénonciation de la mondialisation ou du progressisme social, il y a une même demande de repères identitaires stables pour redevenir maître de son destin. Il s’agit, là, d’une droite qui est bien plus que « contestataire » et nullement réductible au « conservatisme » : la droite qui est en train de (re)naître et de se (re)constituer peu à peu, c’est une droite réactionnaire qui n’est, aujourd’hui, incarnée par aucun parti politique à lui seul puisqu’elle est présente, à divers degrés, dans plusieurs d’entre eux.

Propos recueillis par Alexandre Devecchio

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