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François Fillon stoppe l'hémorragie politique. Reste la justice... et la presse ?
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Relancé

François Fillon stoppe l'hémorragie politique. Reste la justice... et la presse ?

François Fillon a réussi une belle séquence à la Villette même si sa candidature reste fragile.

Anita Hausser

Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires Femme députée, un homme comme les autres ? (2014) et Bruno Le Maire, l'Affranchi (2015). 

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Le meeting de François Fillon à la porte de la villette devait marquer le début du marathon final de la campagne présidentielle  du premier tour, à l'instar du discours de la porte de Versailles de Nicolas Sarkozy en 2007 ou de François Hollande au Bourget en 2012. Avec le " Penelopegate"  qui provoque une chute du candidat de la droite et du centre dans les sondages, cette grande messe politique a viré à la contre offensive pour stopper l'hémorragie politique. Et de ce point de vue la séquence a été réussie. Est-ce définitif ?

Comme si de rien n'était ! Les partisans de François Fillon n'ont pas boudé l'évènement, ils  étaient treize à quinze mille militants ou sympathisants venus l'écouter et l'applaudir ce dimanche à la Villette, considérant soit que ce que l'on appelle "le Penelopegate" n'existe pas, ou qu'il ne serait qu'une simple péripétie de campagne. Non seulement ils ont ovationné le candidat à la présidentielle, et, alors qu'ils auraient pu se contenter d'applaudissements polis, ils ont fait de même pour son épouse qui a remonté les travées avec son mari, ce qui dénote un certain cran de sa part, car Madame Fillon  n'était pas à l'abri d'un sifflet. Dans sa contre-attaque, François Fillon a frappé fort d'emblée: "Moi, je n'ai peur de rien, j'ai le cuir solide. Si on veut m'attaquer qu'on m'attaque droit dans les yeux mais qu'on laisse ma femme tranquille. Je veux dire à Pénélope que je l'aime et que je ne pardonnerai jamais à ceux qui ont voulu nous jeter aux loups", a-t-il déclaré, déclenchant un tonnerre d'applaudissements et de "on va gagner". La réunion d'hier a en effet  permis à François Fillon de reprendre la main  auprès de  l'électorat de droite en offrant un visage plus social et plus rassembleur.

En témoignent les prises de parole de François Baroin pour la sensibilité sarkozyste et Valérie Pécresse, ex-juppéiste, et même Jean-Christophe Lagarde, le président de l'UDI, venus témoigner de la force de l'Union de la droite et du centre. François Baroin a tour à tour fait applaudir Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Séquence nostalgie, sans doute mais aussi rappel de l'apport que représentent ces sensibilités jusqu'ici quelque peu négligées par le candidat. Valérie Pécresse a insisté : " Non François, tu n'es pas seul, nous te défendons, nous te protégeons ; tous ceux qui veulent  t'attaquer nous trouveront sur ton chemin." Message reçu par le candidat qui a repris le thème de "travailler plus pour gagner plus " de Nicolas Sarkozy, et qui veut apporter des "réponses aux causes les  plus humaines et les plus justes", à l'instar du handicap, précisant "ce fut une des batailles du président Chirac. Ce sera mon combat". Pour tenter de corriger son image anti-sociale, François Fillon s'est défendu "d'être l'ennemi des fonctionnaires" dont il veut réduire le nombre ; il se revendique seulement "l'ennemi de la bureaucratie", qui veut moderniser la fonction publique. Et surtout, il promet une augmentation des petites retraites : plus 300 euros pour les pensions de moins de mille euros et "au moins 600  euros" pour les petites pensions de réversion. Ferme sur "la fin des 35 heures dans le privé, le passage aux 39H dans le public, le relèvement du quotient familial, il affirme que "sa meilleure politique sociale, c'est celle qui donne du boulot".

Haro sur Macron

 Dans leur discours, tous les orateurs ont concentré leurs attaques sur Emmanuel Macron  et son "populisme mondain", selon François Baroin, "le candidat de l'extrême flou" selon Valérie Pécresse. Et  pour cause : le candidat d'En Marche est en train de rattraper François Fillon dans les sondages.  Les révélations du Canard Enchainé et de Médiapart ont fait lourdement chuter  le candidat Fillon  dans l'opinion. Le dernier sondage en date,  SOFRES pour RTL, LCI, Le Figaro, lui accorde seulement encore un point d'avance sur Emmanuel Macron (21 contre 20), Marine Le Pen étant toujours créditée de la pole position avec 25% d'intentions de vote au premier tour. C'est pourquoi, par delà cette ferveur populaire, les effusions de ce dimanche n'ont pas tout à fait effacé le scepticisme de certains caciques  L.R. plus que préoccupés des conséquences éventuelles  des révélations de la presse sur les finances de François Fillon, et qui redoutent "un empêchement" du candidat. Dans son entourage on voudrait en revanche croire que le "Penelopegate" appartient au passé et que le candidat va accélérer sa campagne. En attendant les cadres (environ 250) de la campagne Fillon ont été dûment "briefés" avant la réunion ; on leur a communiqué des  éléments de langage, un argumentaire  qui souligne "le caractère abject" des attaques contre François Fillon, la "probité" du candidat, et qui précise qu'il n'est pas illégal pour un parlementaire d'employer un membre de sa famille. "On en a terminé avec les préliminaires. On a posé les fondamentaux de la campagne" a expliqué son directeur de campagne Patrick Stefanini à l'issue de la réunion, visiblement pressé de tourner la page et d'embrayer sur une nouvelle séquence. Mais il sait bien que de nouvelles révélations viendraient gravement perturber, sinon compromettre  la suite de la campagne de François Fillon. 

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