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Facebook Live et Twitter : comment ces nouvelles méthodes pédagogiques sont en train de conquérir les universités françaises
©Reuters

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Facebook Live et Twitter : comment ces nouvelles méthodes pédagogiques sont en train de conquérir les universités françaises

Après avoir proposé à ses étudiants de lui tweeter des questions pendant le cours, un professeur de la Sorbonne a décidé de retransmettre en direct son cours sur Facebook Live. Nous assistons peut-être à une révolution des méthodes pédagogiques classiques.

Bruno Dondero

Bruno Dondero

Bruno Dondero est agrégé des Facultés de droit (droit privé) et professeur à l’Université Paris 1 (Panthéon – Sorbonne). Il dirige le Centre audio-visuel d’études juridiques des Universités de Paris (CAVEJ, www.e-cavej.org) et le département Sorbonne Affaires / Finance de l’Institut de recherches juridiques de la Sorbonne (IRJS).

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  • Twitter permet désormais aux étudiants de poser des questions à leur professeur pendant leurs cours.

  • Le direct sur Facebook permet à la fois aux étudiants de revoir le cours quand ils ont quitté l’amphi, mais aussi et surtout à des personnes qui ne sont pas inscrites à l’université de suivre le cours si elles le souhaitent.

  • Le but recherché par les enseignants n’est pas de remplacer les cours magistraux, mais de les compléter.

Atlantico : Facebook Live, Twitter... Pourquoi utiliser de nouvelles méthodes pédagogiques à l’université ?

Bruno Dondero : Le but est d’essayer de développer notre relation avec les étudiants en mettant en œuvre de nouvelles méthodes pédagogiques. Nous avons une relation qui est aujourd’hui axée sur les cours magistraux, les échanges, eux, sont réservés aux travaux dirigés en salle de classe. Il y a très peu d’échanges dans les amphithéâtres.

Twitter permet aux étudiants de poser des questions pendant le cours, questions que je peux consulter sur mon smartphone. Le direct sur Facebook permet à la fois aux étudiants de revoir le cours quand ils ont quitté l’amphi, mais aussi et surtout à des personnes qui ne sont pas inscrites à l’université de suivre le cours si elles le souhaitent. Ces outils permettent aussi d’instaurer un dialogue. Les étudiants peuvent soit poser leurs questions en live tweet pendant le cours, et je réponds dans le cadre du cours, en intégrant la réponse dans mon exposé, soit les poser après celui-ci sur ma page Facebook où je peux répondre de manière plus approfondie. De cette façon, tous les étudiants ont accès à la question et à la réponse qui peut être pertinente. Cela n’empêche bien sûr pas de poser des questions en levant la main, ou bien après le cours, IRL (in real life, c'est-à-dire dans la vraie vie, en chair et en os) !

Ces nouvelles méthodes pédagogiques viennent-elles supplanter les méthodes d’apprentissage plus traditionnelles ou sont-elles complémentaires ?

Ces méthodes sont indéniablement complémentaires, la meilleure façon de bien comprendre un enseignement reste, je crois, de venir en amphithéâtre et de recevoir les explications. Mais filmer le cours et le retransmettre en direct, puis permettre d’y accéder à nouveau indéfiniment est très précieux. Les étudiants peuvent tirer un bénéfice de revoir le cours magistral et ainsi compléter les échanges avec l’enseignant. De plus, certaines personnes ne peuvent pas se déplacer et venir à l’université plusieurs fois par semaine. Les vidéos leur permettent de bénéficier du cours.

Où en est la France par rapport aux autres pays concernant les nouvelles méthodes pédagogiques utilisées à l’université ?

Je crois que chacun avance à son rythme, au gré de ses expérimentations. Certaines universités, américaines particulièrement, mettent en ligne des cours bien filmés, par exemple. Mais actuellement il n’y a pas de norme universelle dans ce domaine. Pour moi, le but le plus important du direct sur Facebook est de rendre accessible un enseignement en-dehors de l’université. Je tiens beaucoup à cette idée d’université de tous les savoirs. Les pratiques actuelles sont très variables en fonction des objectifs recherchés par les institutions. Aujourd’hui, on se rend compte qu’il n’y a pas de retranscriptions de notre enseignement. Bien sûr il y a des manuels, mais le cours en amphithéâtre est réservé aux quelques centaines d’étudiants inscrits à l’université. C’est aussi très positif de montrer à l'extérieur de l’université ce que l’on y fait.

Pensez-vous qu’à terme, les directs sur Facebook et autres MOOCs (cours ouverts en ligne et massifs) vont remplacer l’aspect présentiel de l’université ?

Non, je ne pense pas que ces outils vont remplacer le présentiel. Mais il y a une partie de l’enseignement qui est une pure transmission de contenu. Les étudiants ne sont pas obligés de venir à l'université pour recevoir ce contenu brut. Du moins, leur temps serait mieux employé autrement. L’idée, c’est que l’on puisse transmettre à l’avance un certain nombre de choses et que lorsque l’on vient à l’université, ce soit plus pour des échanges avec l’enseignant que pour un cours magistral, unilatéral uniquement. C’est l’idée de la classe inversée, en fait. Mais tout cela impliquerait une remise en cause assez complète de notre modèle, nous n’en sommes pas là. Pour le moment, nous en sommes plus au stade de l’expérimentation d’une méthode qui est loin d’être généralisée. Pour l’instant, donner un cours avec des étudiants qui peuvent intéragir via Facebook ou Twitter, c’est déjà assez peu banal. Il faut voir avec le temps comment les étudiants et les enseignants réagiront à ces nouvelles méthodes avant d’envisager d’y recourir de manière plus systématique.

Propos recueillis par Chloé Chouraqui

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