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Manuel Valls a lancé une enquête administrative pour avoir quelques éclaircissements
Manuel Valls a lancé une enquête administrative pour avoir quelques éclaircissements
©Reuters

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Expulsion d'une collégienne kosovare : Valls lance une enquête administrative, Ayrault dit que "s'il y a eu une faute, Leonarda reviendra en France"

Le ministre de l'Intérieur ne bénéficie pas du soutien de la majorité, tandis que l'UMP reste, pour le moment, silencieuse.

L'expulsion d'une collégienne kosovare alors qu'elle se rendait à une sortie scolaire avec ses camarades fait polémique. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, est une nouvelle fois pointé du doigt par la gauche pour sa politique d'expulsion, quelques semaines à peine après les propos qu'il avait tenus sur les Roms. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé la "politique inhumaine" du ministre de l'Intérieur. "Manuel Valls a beau jeu de décréter que les Roms ne veulent pas s'intégrer, alors même qu'il les pourchasse jusque dans les écoles. La politique inhumaine conduite par Manuel Valls est une honte pour la France. La "lepénisation" des esprits a décidément pris ses quartiers place Beauvau", estime le Parti de Gauche, dans un communiqué publié mercredi.

L'une des représentantes de la famille Le Pen, Marion, n'est pourtant pas impressionnée par cette mesure d'expulsion. "Ne voyez-vous pas que c'est un show voulu et orchestré par Monsieur Valls. Parce qu'il faut donner des cautions, le sentiment de l'autorité, qu'il y a des mesures prises contre l'immigration", dénonce la députée du Vaucluse, sur RTL. Selon elle, l'expulsion de Leonarda n'est qu'"une parade pour tenter de faire croire aux Français que quelque chose est fait. Mais c'est dérisoire par rapport au flot d'immigration qui continue d'arriver".



Et ce n'est pas le Parti socialiste qui viendra au secours de Manuel Valls. Le porte-parole du PS, David Assouline, a expressément demandé à ce que que "les circonstances et les responsabilités" ayant conduit à cette décision soient "clairement établies". "Faire descendre d'un bus par les forces de l'ordre une élève devant l'ensemble de ses camarades de classe est insupportable et inacceptable. Le PS rappelle avec force son attachement à la prise en compte de la situation particulière des mineurs étrangers scolarisés". Vincent Peillon s'est lui aussi exprimé. "Je demande qu'on sanctuarise l'école" et "que cette situation ne se renouvelle pas", a expliqué le ministre de l'Education nationale, à l'issue du conseil des ministres à l'Élysée. Le Parti de gauche a quant à lui réclamé la démission de Manuel Valls. Selon le témoignage d'une enseignante, Leonarda a été emmenée par la police hors de vue de ses camarades.

Leonarda a témoigné sur France Inter. "J'avais honte, j'avais mal au coeur. Je veux retourner à l'école. Ici, on dort sur des bancs" raconte-t-elle dans une communication téléphonique depuis Mitrovica enregistrée par la journaliste Géraldine Hallot. Puis la jeune fille explique que son souhait le plus cher est de revenir en France. "Je veux repartir à zéro, revenir en France" dit-elle.

Même son de cloche chez les Jeunes Socialistes : "Nous prions le ministre de l’Intérieur d’apporter des explications à cette affaire et de rassurer l’ensemble des humanistes en affirmant que des policiers ne peuvent pas arrêter des élèves dans le cadre scolaire. De tels actes seraient un révélateur du manque de changement en terme de politique migratoire depuis la triste période Hortefeux-Guéant-Besson-Sarkozy. (...) Nous souhaitons une application humaine et intelligente des nouvelles circulaires et enfin rompre avec la politique du chiffre".

Le ministère de l'Intérieur a décidé de l'ouverture d'une enquête administrative sur les "conditions d'éloignement" de la famille kosovare, après s'être entretenu mercredi matin avec le Premier ministre, à Matignon. Dans le même temps, le Défenseur des droits, Dominique Baudis, s'est auto-saisi de la question et auditionnera toutes les parties concernées par l'affaire afin de vérifier les faits. Il formulera ensuite son avis d'ici à quelques semaines.

Dans l'après-midi, Jean-Marc Ayrault s'est exprimé sur cette affaire en direct de l'Assemblée nationale :

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