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La recherche dans le domaine des traitements et des vaccins contre la Covid-19 sont deux pistes majeures permettant de se prémunir face à un variant potentiellement plus dangereux.
La recherche dans le domaine des traitements et des vaccins contre la Covid-19 sont deux pistes majeures permettant de se prémunir face à un variant potentiellement plus dangereux.
©JOEL SAGET / AFP

Atouts contre la pandémie

Et si un autre variant bien pire qu’Omicron lui succédait, que faire pour y être prêt (cette fois-ci) ?

La pandémie de Covid-19 a été marquée par l’apparition de différents variants. L’hypothèse d’un futur variant qui serait bien plus virulent que les précédents ne peut pas être écartée. Des mesures et des solutions existent pour anticiper et faire face réellement à un variant qui s’avérerait beaucoup plus menaçant et dangereux.

Christophe Daunique

Christophe Daunique

Christophe Daunique est consultant en management, spécialisé dans le secteur public. Il publie régulièrement des articles sur son blog personnel (https://christophe-daunique.medium.com/).

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La pandémie de Covid-19 a été marquée par différentes vagues et l’apparition de plusieurs variants. Alors que les premières études scientifiques évoquent de moindres risques de développer des formes graves après avoir été contaminé par le variant Omicron. L’hypothèse d’un futur variant qui serait bien pire et plus virulent ne peut pas être écartée. Au regard de l’expérience acquise, quels sont les moyens à mettre en œuvre afin de se préparer à faire face efficacement et réellement à un variant qui s’avérerait beaucoup plus menaçant et dangereux :

1 – Sur le contrôle des frontières et le tester, tracer, isoler

Pour se préparer à un nouveau variant, il faut d’abord l’identifier ce qui passe par une surveillance de l’évolution du virus. Cet aspect est partiellement évoqué dans cet article du cabinet de conseil McKinsey qui aborde plus globalement l’endémisation du virus, autrement dit ce que peut signifier le fait de « vivre avec le virus ». Concernant la surveillance de l’évolution du virus, il s’agit à la fois de disposer d’une stratégie en la matière – quelle est la meilleure manière de suivre efficacement et de manière efficiente l’évolution du virus en temps réel ? – et les moyens pour la mettre en œuvre ce qui implique des ressources matérielles et humaines pour réaliser le séquençage du virus. On peut d’ailleurs regretter à ce titre que la France soit un pays qui séquence peu au sein de l’Europe, pour des raisons que je ne parviens toujours pas à expliquer.

Une fois la surveillance de l’évolution du virus mise en place, idéalement coordonnée au niveau international par l’OMS mais réalisée par les Etats qui en ont les moyens, il s’agit ensuite de lutter contre la diffusion d’un variant une fois celui-ci apparu et identifié. Le seul moyen efficace et fiable de lutter contre la diffusion d’un variant serait de limiter considérablement à tout moment les voyages internationaux. Comme cela est impossible dans un monde globalisé, il me semble qu’une alternative utile serait d’établir ex ante un mode opératoire standardisé, que tous les pays du monde devraient appliquer. Cela permettrait notamment de dépasser la polémique sur la suspension des vols vers une zone particulière, comme cela a pu être le cas pour l’Afrique australe. Dans un mode opératoire idéal, il pourrait être proposé que chaque pays ait l’obligation d’informer le plus rapidement possible les autres et l’OMS lorsqu’il détecte un variant préoccupant (variant of concern en anglais) afin de ne pas reproduire l’erreur des autorités chinoises au début de la pandémie. Le mode opératoire prévoirait alors un mécanisme concerté de quarantaine aux frontières afin d’éviter des mesures unilatérales non coordonnées pénalisant injustement le pays ayant découvert le variant. Enfin, ce mode opératoire pourrait également prévoir que ce comportement vertueux soit récompensé, par exemple en offrant au pays concerné des moyens supplémentaires pour lutter contre la diffusion du variant comme par exemple une priorité pour disposer de doses de vaccins adaptées si besoin. Toutefois, même avec mode opératoire de ce type, nous ne pourrions pas empêcher durablement la diffusion d’un variant mais au moins la ralentir davantage que ce qui est fait jusqu’à présent.

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2 - Sur la recherche concernant les vaccins et leur mise à disposition

Pour lutter contre un nouveau variant, les vaccins sont également un atout. Plusieurs modalités peuvent être envisagées :

  • Diffuser massivement les vaccins actuels afin de vacciner massivement toute la population mondiale, pour éviter l’apparition de nouveaux variants. Au passage, je regrette d’ailleurs que la communauté internationale ne soit pas parvenue à trouver un mécanisme pour produire le plus possible de vaccins le plus rapidement possible, quitte à suspendre temporairement le droit de la propriété intellectuelle et donc lever les brevets des entreprises pharmaceutiques si besoin ;
  • Améliorer l’utilisation des vaccins actuels en testant l’efficacité de leur utilisation combinée et des doses de rappel par rapport aux variants actuels ;
  • Trouver un vaccin universel contre le Covid mais ce n’est pas facile ;
  • Trouver un vaccin bloquant la transmission du virus, comme un vaccin nasal.

3 - Sur la recherche pour les traitements contre le Covid et leur mise à disposition

Je connais mal les traitements actuellement disponibles mais cet article résume bien la situation actuelle. Une manière de se préparer à l’apparition d’un nouveau variant serait donc de continuer et d’amplifier la recherche dans ce domaine afin de trouver les traitements et surtout d’être en mesure de les produire et de les distribuer en masse.

Toutefois, je reste plus circonspect sur la recherche de traitements car il me semble très improbable que l’un d’entre eux soit une pilule miracle, efficace à 100 %, utilisable sans conditions, et de surcroît à un coût abordable. J’espère me tromper mais je miserais davantage sur la recherche en matière de vaccins et surtout la prévention pour lutter contre la propagation du virus.

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4 – Sur la mise en place d’outils capables d’aider à lutter contre la propagation du virus (masques, détecteurs de co2, etc.)

Quel que soit le variant, les actions non pharmaceutiques (NPI en anglais) restent efficaces. On pense d’abord aux gestes barrières mais il faut reconnaître que la population a de plus en plus en mal à s’y conformer. Les masques sont également utiles et à ce titre une généralisation du port de masques FFP2 serait la bienvenue. Plusieurs études montrent qu’ils protègent davantage et son port est déjà généralisé chez plusieurs de nos voisins européens comme l’explique cet article.

Un aspect trop peu abordé jusqu’à présent porte sur l’amélioration de la qualité de l’air intérieur, grâce à une meilleure ventilation et filtration. C’est d’ailleurs l’une des mesures préconisées par un collectif de scientifiques dans un article publié hier dans le British Medical Journal, qui préconise une stratégie « vaccins + » pour lutter contre la pandémie. Comme eux, je partage la conviction que l’amélioration de l’air intérieur est nécessaire pour lutter contre cette pandémie et qu’il s’agit d’un aspect à prendre en compte dans la conception et le fonctionnement des bâtiments. Installer des capteurs de CO2 dans tous lieux recevant du public afin de savoir quand aérer constitue une première étape mais il est nécessaire d’aller plus loin en repensant la ventilation dans son ensemble et en installant si besoin des filtres voire des purificateurs d’air. Il est probable que cela entraîne une augmentation de la consommation énergétique mais c’est un chantier qui pourrait utilement être combinée à celui de la rénovation énergétique des bâtiments déjà existants. En France, cela fait plus d’un an que des scientifiques comme ceux du collectif Du côté de la science demandent une action volontariste en la matière, notamment pour les écoles, mais trop peu a été fait jusqu’à présent.

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5 - Sur d'autres pans de l'action publique

En conclusion, une dernière manière de se préparer utilement à l’arrivée d’un nouveau variant serait d’organiser des exercices dédiés de type wargames afin de tester la capacité de réponse et élaborer des scénarios en conséquence pour remédier aux lacunes observées. A titre d’exemple, Israël a organisé ce type d’exercice en novembre dernier.

Même si l’exercice peut sembler théorique, je pense qu’il est extrêmement utile pour anticiper et être proactif. Nous sommes toujours plus à même de réfléchir et d’analyser correctement un problème à tête reposée au lieu de le faire dans l’urgence et la précipitation. En effet, l’un des principaux reproches que l’on peut faire aux stratégies de lutte contre la pandémie des pays occidentaux concerne leur caractère parfois fortement improvisé alors que l’histoire humaine nous avait prévenu qu’une pandémie de ce type allait avoir lieu un jour. A ma connaissance, aucun gouvernement européen n’a réalisé un exercice similaire à celui du gouvernement israélien ce qui est regrettable. De plus, il serait utile que de tels exercices soient organisés pour d’autres catastrophes majeures potentielles comme par exemple une cyberattaque massive ou encore une tempête solaire équivalente à l’évènement de Carrington de 1859 qui aurait probablement des conséquences dévastatrices aujourd’hui.

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