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Najat Vallaud-Belkacem et Manuel Valls
Najat Vallaud-Belkacem et Manuel Valls
©Reuters

Le grand vide

Et maintenant la “xénophobie” anti-Belkacem… quand la gauche démontre qu’il ne lui reste plus d’autre logiciel idéologique que sa posture anti-fasciste

De Michel Onfray à Emmanuel Todd, l'actualité médiatique de Manuel Valls est marquée par les contradictions internes, au sein-même de la gauche, enfermée dans ses postures antifascistes et antiracistes pour rassembler les minorités, derniers bastions de l'électorat socialiste, mais aussi pour compenser son vide idéologique.

Pascal Cauchy

Pascal Cauchy

Pascal Cauchy est professeur d'histoire à Sciences Po, chercheur au CHSP et conseiller éditorial auprès de plusieurs maisons d'édition françaises.

Il est l'auteur de L'élection d'un notable (Vendemiaire, avril 2011).

 

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Vincent Tournier

Vincent Tournier

Vincent Tournier est maître de conférence de science politique à l’Institut d’études politiques de Grenoble.

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Paul-François Paoli

Paul-François Paoli

Paul-François Paoli est l'auteur de nombreux essais, dont Malaise de l'Occident : vers une révolution conservatrice ? (Pierre-Guillaume de Roux, 2014), Pour en finir avec l'idéologie antiraciste (2012) et Quand la gauche agonise (2016). En 2018, il publie "Confessions d'un enfant du demi-siècle" aux éditions du Cerf et "L'imposture du vivre ensemble: Quelques points de repères" aux éditions de L'Artilleur. 

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  • L'obsession de la gauche pour l'antifascisme et l'antiracisme est purement électoraliste, pour plaire aux minorités qui constituent aujourd'hui le reste de sa base électorale fidèle
  • La question de l'islam divise la gauche entre une gauche dite "des Lumières", qui se réclame des valeurs républicaines, et une gauche multiculturaliste, communautariste et égalitariste
  • La dédiabolisaiton du Front national, qui se détache petit à petit de la tutelle de Jean-Marie Le Pen, met à nu l'antifascisme et l'antiracisme creux de la gauche, des bricolages médiatiques qui cachent un vide idéologique
  • Enfermée dans des postures, la gauche gouvernementale, à commencer par l'omniprésent Manuel Valls, ne fait plus que commenter l'actualité pour compenser le vide intellectuel laissé par les philosophes, muselés par l'exécutif
  • Une situation symptomatique d'une gauche incapable de s'intéresser aux problèmes sociétaux et de s'adresser à la population

 

Atlantico : Le premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis a récemment qualifié les propos de Nicolas Sarkozy à l'encontre de Najat Vallaud-Belkacem de "xénophobes". La citation en cause : "Dans le combat effréné pour la médiocrité, Christiane Taubira est en passe d'être dépassée par Najat Vallaud-Belkacem". Qu'est-ce que cette obsession à chercher du racisme partout, comme dans ces propos de l'ex-Président, ou du fascisme dit de l'état de l'idéologie de la gauche ?

Paul-François Paoli : La gauche n'a plus de projet global, elle est dans une situation de survie et elle doit sa survie électorale en France aux minorités. François Hollande a été élu en 2012 grâce aux Français d'origine musulmane et à ses bons scores aux Antilles. Cela correspond à la stratégie du think tank Terra Nova qui considère que les classes populaires sont définitivement perdues pour la gauche au profit des classes moyennes bourgeoises mondialisées, les "bobos", et les minorités. La seule chance du Président d'être réélu en 2017 est de rassembler les fonctionnaires, qui ont peur d'une droite qui pourrait leur enlever leurs avantages, les "bobos", c’est-à-dire les gagnants des réformes sociétales comme le mariage pour tous, et les minorités religieuses et ethniques.

Cette obsession est purement électoraliste. Elle est d'autant plus importante depuis les attentats de Charlie Hebdo pour une gauche fracturée par la question de l'islam qui risque de faire exploser le plan idyllique où la gauche rassemblerait les fonctionnaires, les "bobos" et les minorités. Cette question clivante peut être le tombeau de la gauche en France car il y a aujourd'hui deux gauches en France. Il y a d'un côté la gauche des Lumières qui se réclame des soi-disant valeurs républicaines, qui va d'Elisabeth Badinter à Caroline Fourest, et une autre gauche multiculturaliste, communautariste et égalitariste sur le plan de l'éducation nationale, qui a pour porte-paroles des gens comme Christiane Taubira en faveur des réparations historiques par rapport au code noir et à l'esclavage. Ces deux gauches incompatibles s'entretuent. La fracture n'est ni raciale ni ethnique mais profondément intellectuelle. Cette cassure peut avoir des conséquences électorales désastreuses.

Vincent Tournier : Il ne faut pas être naïf : la composition d’un gouvernement est un exercice très politique, où le critère de la compétence vient se combiner avec d’autres, notamment l’affichage et la communication. Certains ministres sont nommés pour faire passer message, ce qui ne les empêche pas d’avoir du talent. Des personnalités comme Christiane Taubira et Najat Vallaud-Belkacem permettent de montrer que le gouvernement est favorable aux femmes et aux minorités. La droite avait fait la même chose avec Rama Yade ou Rachida Dati. Pour la gauche, cette stratégie donne aussi un argument pour anéantir la critique de l’opposition : il suffit de lui renvoyer qu’elle est sexiste ou raciste. C’est de bonne guerre. Mais ce type d’argument doit être manié avec précaution. L’accusation de racisme est un peu l’arme atomique : si on l’utilise trop souvent, la ficelle va finir pas se voir.

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La question est donc de savoir pourquoi Jean-Christophe Cambadélis a choisi de l’utiliser aujourd’hui, vraisemblablement dans le cadre d’une stratégie concernée avec le gouvernement puisque Manuel Valls dénonce aussi les "mots insupportables" de Nicolas Sarkozy. Faut-il en déduire que l’heure est grave ? Il est possible que la majorité ait sous-estimé la vigueur de la contestation face à son projet de réforme des collèges. Elle a cru que la droite ne ferait que s’y opposer mollement puisque ce projet est finalement dans la lignée des réformes précédentes, que ce soit sur la place de l’islam ou sur la volonté d’alléger les programmes scolaires (c’est la droite qui a mis l’islam au programme de 5ème et c’est la loi Fillon de 2005 qui instaure le socle commun de compétence). Or, ce n’est pas ce qui se passe, bien au contraire, sans doute parce que la droite pense trouver un bon angle d’attaque dans le contexte actuel. De même, le gouvernement n’a manifestement pas anticipé la critique virulente qui se développe dans ses propres rangs, que ce soit chez les intellectuels ou dans le monde enseignant, ce qui l’oblige aussi à dramatiser les enjeux pour tenter le tout pour le tout.

Pascal Cauchy : Les accusations de racisme et de fascisme font écho au vocabulaire de l'entre-deux-guerres. Elles ont été beaucoup utilisées depuis. Cela vise à délégitimer l'adversaire de façon définitive, de le disqualifier politiquement puis socialement. Aujourd'hui, ces mots commencent à être usés et on n'en voit plus très bien le sens. Cela devient une sorte de moulin à prières faute d'arguments.

Nous assistons à plusieurs décrochages dans la pensée de gauche. Il y a d'abord une certaine nostalgie de la vision socialiste du 19ème siècle, d'Etats-nations construits autour de la majorité, du suffrage, linguistique mais aussi sociale, conformément au marxisme appelant à la victoire du prolétariat comme classe majoritaire. Cette vision majoritaire de la société s'est érodée depuis les années 1970-1980. Une nouvelle vague de contestation s'est faite à partir de la valorisation des minorités. Il ne s'agissait plus de critiquer la bourgeoisie mais le dominant discriminant, les grands ensembles qui par le fait qu'ils soient dominants provoquent une discrimination sociale, culturelle ou autres. Aujourd'hui, la gauche n'est donc plus capable d'appréhender l'évolution des sociétés contemporaines car les minorités ne sont pas forcément l'avenir du monde, du moins dans leur représentation ou leur action. La gauche dans son ensemble n'arrive plus à penser le religieux, l'immigration, l'Histoire ni même notre société en général. Elle est aujourd'hui dans le triomphe de l'euphémisme : traiter quelqu'un de fasciste, cela ne veut pas dire grand-chose. On met un point final à la pensée construite quand on n'a plus que l'injure et l'euphémisme pour expliquer les choses ou désigner son ennemi.

L'antifascisme et l'antiracisme sont-ils tout ce qu'il reste à une gauche en incapacité de proposer une vision du monde ?

Paul-François Paoli : La gauche est inquiète du fait que le Front national soit capable de se débarrasser de la tutelle de Jean-Marie Le Pen. Cela lui retire son pouvoir de dédiabolisation du FN et cela met à nu cet antifascisme et cet antiracisme creux qui ne sont qu'un bricolage qui cache un vide idéologique. Il n'y a pas de menace fasciste en France, même Lionel Jospin l'avait avoué en son temps, alors que le FN était bien plus à droite qu'aujourd'hui. La gauche a aujourd'hui exactement besoin du FN comme la droite du temps de Valéry Giscard d'Estaing, en 1981, avait besoin de l'épouvantail communiste pour faire croire que l'arrivée de ministres communistes au gouvernement amènerait une soviétisation de l'économie française et des chars russes à Paris. Il s'agit là d'une stratégie de la peur.

Ils attaquent Nicolas Sarkozy car François Hollande est persuadé que c'est le seul candidat, avec Marine Le Pen, contre lequel il peut être réélu. D'où cette stratégie de diabolisation, en expliquant que l'ex-Président et le FN c'est bonnet blanc et blanc bonnet. Jean-Christophe Cambadélis incarne le déclin intellectuel et moral d'une gauche qui n'a plus aucun principe mais qui a besoin de ses ennemis pour avoir la possibilité de se maintenir au pouvoir.

Vincent Tournier : Disons que les principaux partis de gouvernement, que ce soit à gauche ou à droite, ont tout intérêt à être discret sur les questions de politiques économiques, ce qui donne mécaniquement plus d’importance aux débats de société. Le mariage gay ou l’euthanasie ont été bien pratique pour éviter de parler de l’Europe et de la politique industrielle. L’ampleur des débats sur l’islam vient en partie de là. Cela ne signifie évidemment pas que la question de l’islam soit artificielle : au contraire, il y a de vrais sujets, par exemple sur la question de l’alimentation halal, laquelle a totalement disparu des écrans radar. Mais il est clair que le contexte actuel amplifie la polarisation sur l’islam, tout simplement parce que les partis politiques ne souhaitent pas s’engager dans des débats qui risquent d’être difficiles pour eux. Rappelons par exemple le Royaume-Uni discute très sérieusement d’un éventuel retrait de l’Union européenne (un référendum aura sans doute lieu en 2016). En France, cette question n’est tout simplement pas envisageable, même comme simple hypothèse de discussion.

Pascal Cauchy : Si ce sont les seuls motifs de contestation, cela veut dire qu'elle n'est plus capable de penser une société dans ses composantes sociales profondes, où le monde de l'employé est encore fortement majoritaire. Cela veut dire qu'elle n'est plus capable de mobiliser ses ressources idéologiques issues du marxisme et des traditions socialistes pour penser la réalité sociale, le monde ouvrier et la misère. Elle ne va plus puiser dans son patrimoine idéologique et préfère en rester à ces accusations superficielles.

Peut-on réellement parler d'idéologie ou s'agit-il plutôt d'une posture ?  

Paul-François Paoli : C'est une idéologie qui correspond à des postures, à des schémas manichéens simplistes où il y a les bons et les méchants. Najat Vallaud-Belkacem et Christiane Taubira n'ont aucune pensée propre, si ce n'est qu'un socialisme politiquement correct à l'américaine. Jean-Christophe Cambadélis autrefois marxiste, y a totalement renoncé. Ils n'ont aucune autonomie intellectuelle. Ils ne parlent plus la langue du peuple français. Ils parlent la langue d'une certaine idéologie formée sur les bons sentiments, les fantômes de l'antifascisme et de l'antiracisme. Ils créent une menace imaginaire et ne sont plus en prise avec le peuple.

Vincent Tournier : Il ne faut pas sous-estimer le poids de l’argument antifasciste, qui continue de faire sens pour une bonne partie de la gauche, nourrie au petit lait de l’antifascisme depuis sa plus tendre enfance. Mais il y a évidemment un usage tactique. L’argument est d’autant plus précieux que la droite est privée de l’argument symétrique, à savoir l’anti-communisme, puisque le péril communiste a disparu depuis bien longtemps. L’avantage de l’argument antifasciste est qu’il passe bien dans les médias et qu’il peut disposer de relais importants dans la société civile, que ce soit chez les artistes ou dans les associations. Celui qui veut relativiser un argument anti-raciste part avec un sérieux handicap et risque de s’en prendre plein la figure sur les plateaux de télévision.

Pascal Cauchy : Si c'est une posture, cela serait la version optimiste d'une sorte de cynisme politique. Si c'est de l'idéologie, alors on peut  désespérer complètement de toute construction intellectuelle à gauche. Je pense que c'est un entre-deux. Il y a un défaut d'idéologie qui fait que la gauche sombre dans ce genre de postures et d'invectives de mauvais aloi.

Dans Qui est Charlie ? (Seuil, mai 2015), Emmanuel Todd décrit les manifestations du 11 janvier comme "xénophobes" et elles ne sont pour lui qu'une "imposture". Des propos vivement critiqués par le Premier ministre Manuel Valls, tout comme ceux de Michel Onfray qui a préféré Alain de Benoist à BHL. Est-ce le signe d'une gauche divisée en interne, qui ne serait même plus d'accord sur ce qu'est le racisme et le fascisme ?

Paul-François Paoli : Ce sont les signes d'une panique intellectuelle. Il est incroyable qu'un Premier ministre intervienne constamment dans les débats politico-intellectuels. Cela signifie que la gauche vit une pénurie intellectuelle. Il n'y a plus un seul grand intellectuel de gauche aujourd'hui en France pour défendre le gouvernement. Manuel Valls est contraint à intervenir mais il n'a aucune culture philosophique, ce qu'il a montré en qualifiant Michel Onfray de "crétin".

Emmanuel Todd met la gauche face à ces contradictions en faisant une analyse totalement fausse des manifestations du 11 janvier selon laquelle l'islam est la religion des faibles alors qu'aujourd'hui les faibles sont les chrétiens, qui sont persécutés partout dans le monde par les musulmans. C'est une analyse néo-marxiste totalement niaise. C'est insensé. A partir d'une idée fausse, il fait une analyse absurde. Il n'a pas vu que dans le 11 janvier plusieurs mouvements de gauche se sont exprimés, et notamment la mouvance islamophobe de Caroline Fourest, mais aussi une gauche multiculturaliste. Manuel Valls est aujourd'hui tiraillé entre ces deux gauches.

Vincent Tournier : La gauche est aujourd’hui traversée par une profonde tension interne. Jusqu’à présent, la grille de lecture était relativement simple : d’un côté les vieux beaufs racistes, machistes et anti-immigrés ; de l’autre les victimes de la France coloniale et des discriminations raciales. L’émergence du radicalisme islamique change la donne. La religion des victimes apparaît moins émancipatrice et progressiste que prévue. Le regain de religiosité dans les populations musulmanes s’accompagne au contraire d’un obscurantisme que l’on croyait définitivement révolu. Une partie conséquente des musulmans revendiquent des valeurs rétrogrades, machistes et homophobes dont la vigueur et l’intensité supplantent très largement tout ce que l’on a connu avec les mouvements conservateurs traditionnels. Du coup, de nouvelles interrogations s’imposent dans les cercles militants : a-t-on bien identifié la vraie menace ? Faut-il regarder avec indulgence l’islam au prétexte qu’il s’agit de la religion des dominés, ou au contraire reprendre la lutte en faveur de la laïcité ? Le débat n’en est qu’à ses débuts.

Pascal Cauchy : Je ne vois pas au nom de quoi des ministres en exercice interviennent pour commenter ce genre de choses. C'est une preuve de l'indigence du discours politique. Il y a autre chose à faire dans ce pays que d'attaquer ainsi un ouvrage qui vient de sortir.

La gauche n'a plus de maîtres à penser pour revigorer le débat ni de médias relais. Etre de gauche n'a plus vraiment de signification. Aujourd'hui le réel rattrape la gauche et ses idéologies nébuleuses.

Finalement, où se cachent vraiment les fascistes et les racistes ? Et quels sont les risques à les voir partout et tout le temps ?

Paul-François Paoli : L'antifascisme et l'antiracisme sont des idéologies qui créent leurs propres ennemis par la diabolisation comme autrefois l'idéologie révolutionnaire créait son propre ennemi sous le régime soviétique, qui attaquait les réactionnaires, les anti-sociaux et tous ses opposants. Ces gens-là ont une vision liberticide du débat d'opinion et veulent régenter la pensée. Ils considèrent que leurs soi-disant valeurs républicaines sont supérieures au droit de penser différemment. Ils ont essayé de mettre au pas Eric Zemmour, Alain Finkielkraut, Michel Onfray et maintenant Emmanuel Todd. Le droit d'opinion est aujourd'hui très limité en France à cause d'une batterie de lois (loi Gayssot, loi Pléven, loi Taubira, etc.) qui limitent les recherches sur les questions d'antifascisme et d'antiracisme qui devraient être laissées aux idéologues et non aux politiques.

Vincent Tournier : Il est clair que ces termes se sont banalisés à partir des années 1980. La gauche en est responsable car elle a joué un jeu ambigu avec l’immigration et le Front national, contribuant à attiser les braises pour mieux en profiter ensuite. C’est évidemment de bonne guerre, mais cela finit par poser un problème car, aujourd’hui, il existe un vrai péril fasciste autour de l’islamisme. Or, celui-ci ne peut plus être désigné comme tel puisque les mots ont été usés à force d’être rabâchés. Les islamistes actuels ont pourtant beaucoup de points communs avec les fascistes d’autrefois : comme eux, ils émergent dans un contexte de revendications territoriales et, comme eux, ils vouent un culte aux valeurs guerrières tout en utilisant la terreur et l’intimidation pour accéder au pouvoir. Ils développent aussi un antisémitisme massif qui n’était pas présent dans le fascisme italien, mais qui a été apporté par le national-socialisme. Jusqu’à présent, malgré les attentats, cette réalité n’a pas été vraiment prise en considération. Il y a pourtant de quoi se faire du souci, surtout quand on entend les récentes déclarations du procureur de Paris, François Molins, qui explique dans un entretien au Figaro que "la menace n’a jamais été aussi forte".

Pascal Cauchy : Ils se cachent dans quelques fantasmes et quelques épouvantails qu'il faut ressortir de temps en temps pour remobiliser les quelques troupes éparses qui acceptent encore de se mobiliser dans la rue ou surtout de réagir sur Internet. C'est un mauvais procédé que de lancer ainsi des mots qui ne seront pas vraiment compris. C'est très grave à un moment où la complexité du monde nous impose à  faire très attention aux mots employés et à donner du sens aux mots avant de les donner aux choses. A la misère sociale on ajoute un fossé intellectuel. Cela accentue le désarroi général.

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