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Le nouvel atlas "Corona du Moyen Orient" a été dévoilé le jeudi 24 avril lors de la rencontre annuelle des Archéologues américains.
Le nouvel atlas "Corona du Moyen Orient" a été dévoilé le jeudi 24 avril lors de la rencontre annuelle des Archéologues américains.
©Capture d'écran

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En direct de la guerre froide : quand le satellite Corona repérait des villes antiques oubliées en cherchant les missiles soviétiques

Le nouvel atlas "Corona du Moyen Orient" dévoilé le 24 avril lors de la rencontre annuelle des Archéologues américains a fait prendre à l'espionnage satellitaire une nouvelle dimension.

Les archéologues ont pour habitude d'utiliser des images satellites pour repérer des sites en Irak, en Turquie ou en Syrie. Mais le nouvel atlas "Corona du Moyen Orient", dévoilé jeudi 24 avril lors de la rencontre annuelle des Archéologues américains a fait prendre à l'espionnage satellitaire une nouvelle dimension. Parcourant tout le croissant fertile, le berceau de la civilisation, l'atlas a révélé de nombreux sites perdus au cours de l'Histoire, comme le révèle un article de National Geographic. Ce travail a été permis grâce aux images prises par le satellite espion américain Corona pendant la guerre froide.  

"Quelques un des ces sites sont gigantesques et complètement inconnus", a déclaré un membre de l'équipe de l'atlas, l'archéologue Jesse Casana, de l'université de l'Arkansas, en présentant ce projet.  "Nous pouvons voir toutes sortes de choses, des routes anciennes et des canaux." L'équipe a commencé son travail avec une liste de 4 500 sites archéologiques connus dans le Moyen Orient. Les images satellites de Corona en ont dévoilé 10 000 nouveaux. Les sites les plus importants, situés en Syrie et en Turquie, datent de l'âge de Bronze et sont composés de ruines et de citadelles. Deux d'entre eux font plus de 50 hectares.

Mais selon Jesse Casana : "Il ne s'agit pas seulement de nouveaux sites à fouiller. Ces images nous offrent un nouveau regard sur le Moyen Orient et peuvent nous montrer comment il était connecté." En effet, avec toutes ces nouvelles données, "nous avons l'opportunité de travailler à une autre échelle", a annoncé Eric Kansa, de l'institut des archives d'Alexandrie.  

Corona est le premier satellite de reconnaissance américain. Le programme avait été lancé en 1960 en réponse au Spoutnik russe et était destiné à obtenir des images de pays du bloc soviétique. Les images étaient mises sur films, qui étaient ensuite replacés à bord d'un véhicule de récupération quittant l'orbite et récupérés par un avion C-119 au cours de son parachutage vers la terre. Le satellite prenait des photos stéréo, avec une résolution initiale de 8 mètres portée par la suite à 2 mètres. 

Depuis 1995, ces images sont déclassifiées et peuvent être achetées. L'Atlas en montre quelques unes des 188 000 prises entre 1967 et 1972 par la dernière génération du satellite. Elles ont été prises avant que des villes comme Mossoul en Irak ou Amman en Jordanie ne soient construites, recouvrant les nombreux sites archéologiques à proximité. Car avec le développement de ces villes sont arrivés l'industrie et les systèmes d'irrigation, qui ont alors obscurci toutes les routes et les sites clairement visibles sur les images du satellite espion de l'époque.

"Aujourd'hui, même avec une meilleure résolution, nous ne pouvons pas voir un site recouvert par un immeuble", a fait valoir Jesse Casana. "Ce projet est incroyable", s'est enthousiasmé un archéologue Syro-Palestinien David Schloen, de l'Université de Chicago. "C'est fascinant tout ce que cet atlas peut faire".

Les archéologues, ont créé un site internet sur lequel vous pouvez comparer les images d'un site en 1960 à celles d'aujourd'hui. 

"Nous ne vous voulons pas nous arrêter là", a conclu Jesse Casana, ajoutant". Beaucoup d'images de Corona montrent des zones à fort potentiel archéologique, comme la Chine ou l'Afrique. " A suivre donc…  

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