Eglises profanées en France : mais pourquoi le pape se tait-il ? | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Religion
Eglises profanées en France : mais pourquoi le pape se tait-il ?
©LUCAS BARIOULET / AFP

Qui ne dit mot…

Eglises profanées en France : mais pourquoi le pape se tait-il ?

Il est manifestement très occupé. Les migrants et le dialogue avec d'autres religions prennent tout son temps.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

Voir la bio »

En 2018, 878 églises ont été profanées dans notre pays ! Un chiffre énorme qui interroge. Un silence étouffant, en particulier celui de l'Eglise, tend à en faire un non-événement.

La Conférence épiscopale a expliqué cette très curieuse discrétion par le souci de ne pas "favoriser la surenchère". Exactement le même terme que ceux employés par le ministère de l'Intérieur quand il refuse de communiquer le nombre de voitures incendiées chaque année à la Saint-Sylvestre.

On pose ainsi comme postulat que plus on parlera de voitures brulées plus il y aura de voitures brulées… Et dans la même veine, selon la Conférence épiscopale, plus on évoquera les églises profanées plus on comptera d'églises profanées…. Dans quel pays vivons-nous ?

Certains ne sont pas loin de penser, avec quelques raisons, que ceux qui s'attaquent aux voitures sont les mêmes que ceux qui vandalisent les églises. Le silence, proche d'un assentiment lâche qui accueille ces exactions, a été rompu par un homme.

Il s'agit d'un Juif, Alain Finkielkraut. Dans un accès de sainte et saine colère il a élevé la voix contre ces profanations. "Que n'aurait-on pas dit s'il s'agissait de synagogues ?" s'est-il écrié. On aimerait savoir ce que pensent nos évêques, ce que pense le pape François quand un Juif se montre courageusement plus catholique qu'eux.

Le silence du pape est affligeant. On ne lui demande pas d'être un curé de combat mais au moins d'être bienveillant avec les siens. Le souverain pontife a coutume de donner sa bénédiction "urbi et orbi". A la ville (Rome) et au monde. Pourtant il oublie une partie de ce monde, celle dont il est supposé être le berger.

Sa sainteté devrait lire ou relire Quo vadis ? de Sienkiewicz. Il y a dans ce livre une scène qui dit ce qu'il faut dire. Pierre quitte Rome où Néron met les Chrétiens en croix. Chemin faisant, il aperçoit la silhouette d'un homme qui marche dans un sens opposé au sien. C'est le Christ. Interloqué, Pierre l'apostrophe : "Quo vadis domine ?" (Où vas-tu, maître ?) ? Réponse du Christ : "je vais à Rome que tu as abandonné". Honteux, Pierre rebrousse chemin et va périr crucifié avec les siens. Le Souverain pontife est bien le successeur de Saint-Pierre, n'est-ce pas ?

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !