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Écart de stress : hommes et femmes inégaux devant les insomnies pour problèmes d'argent
©Reuters

Un mouton, deux moutons...

Écart de stress : hommes et femmes inégaux devant les insomnies pour problèmes d'argent

Selon une étude menée par Creditcards.com, les femmes sont à 70% victimes de troubles du sommeil liés aux problèmes d'argent, contre environ 50% des hommes. De par leur éducation, elles ont tendance à s'inquiéter moins pour elles-mêmes, avec une propension irrépressible à se faire du souci pour les autres, et se caractérisent ainsi par une plus grande perméabilité émotionnelle.

Michèle  Freud

Michèle Freud

Michèle Freud est psychothérapeute et directrice d'une école de sophrologie. Elle est également l'auteur de " Se réconcilier avec le sommeil", "Réconcilier l'âme et le corps" et "Mincir et se réconcilier avec soi", "Enfants, ados... les aider à dormir enfin"

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Atlantico : Selon l'étude menée par Creditcards.com, s'inquiéter pour des problèmes d'argent aurait une incidence sur le temps de sommeil. Comment expliquer ce lien de cause à effet ?

Michèle  Freud : Il s'agit manifestement d'une problématique liée à l'insécurité. L'insécurité est source de comportements générant de l'anxiété. On sait à quel point le sommeil peut être parasité par nos craintes diverses : peur de manquer notamment, peur de l'avenir, peur pour nos enfants...

Toutes ces craintes mettent notre cerveau en état d'alerte et l'empêchent de se mettre en pause.

Dans les besoins fondamentaux de base (pyramide de Maslow) on retrouve la notion de sécurité. Cette sécurité de base est essentielle à notre bien-être.

Toujours selon la même étude, les femmes sont à 70% victimes de ces troubles du sommeil liés aux problèmes d'argent contre environ 50% des hommes. Comment expliquer cet écart ?

Les femmes semblent plus affectées et vulnérables que les hommes par les phénomènes liés au stress et à l'anxiété (73 % contre 64 %). Elles sont davantage soucieuses de l'avenir, le leur, celui de la famille, des enfants, du chômage, de la crise économique... Les études consacrées à leur anxiété confirment qu'elles sont davantage minées par les pensées parasites et la perception de menaces diffuses. De par leur éducation, elles ont tendance à s'inquiéter moins pour elles-mêmes, avec une propension irrépressible à se faire du souci pour les autres, et se caractérisent ainsi par une plus grande perméabilité émotionnelle.

Il y a aussi les facteurs biologiques. Les femmes sont confrontées à de grandes périodes de remaniement hormonal : puberté et apparition des règles, grossesses, péri-ménopause… susceptibles de générer une grande vulnérabilité.

L’anxiété stimule les mécanismes de l’éveil et alimente l’insomnie. Elle se traduit le plus souvent par des difficultés d’endormissement liées à des pensées récurrentes, à des idées fixes et à toutes sortes de peurs. Le flot des pensées qui tournent en boucle au moment de s’endormir active l’esprit et nourrit les insomnies. Cette incapacité à "arrêter la machine" active les systèmes d’éveil au coucher.

Quelles sont les solutions pour lutter contre ces troubles du sommeil liés aux problèmes d'argent ?

Les émotions non exprimées sont à la base de frustration ou de mécontentement. Ressassées le soir au coucher, elles sont souvent à la source des troubles de l’endormissement ou des réveils précoces. Il nous faut analyser objectivement comment et pourquoi une situation particulière est génératrice de tensions et, dans certaines circonstances, savoir réévaluer nos attentes et redéfinir nos priorités. Nous ne pouvons pas répondre à toutes les sollicitations, qu’elles soient professionnelles ou familiales. La liberté de choix est le critère fondamental pour déterminer avec discernement ce que nous pouvons accepter et ce que nous devons refuser pour maintenir notre équilibre. En fonction de notre capacité de résistance et de notre fragilité, il nous faudra tout au long de notre vie, continuer à exercer une certaine vigilance afin de procéder à des réajustements. Prendre le recul nécessaire pour réfléchir à ce qui est essentiel pour soi, remettre des comportements habituels en question, se réapproprier sa faculté de libre arbitre, planifier ses priorités, entrer en soi-même pour explorer ses propres ressources et trouver des solutions, tout cela donnera des pistes à explorer pour mieux dormir.

Voici quelques pensées "aidantes" sur lesquelles vous appuyer pour vous défaire de ces convictions :

• Je donne à ma vie une tournure satisfaisante : je fais des choix qui me conviennent dans les différents domaines de ma vie sans laisser les autres ou la vie décider à ma place.

• Je pense au problème qui m’empêche de dormir : je le regarde en face sans pratiquer l’esquive, je prends de la distance, afin de mieux le cerner, l’évaluer et le modifier. Je peux par exemple pratiquer des exercices de respiration, de sophrologie pour me permettre de m'apaiser. Dire stop à toute pensée susceptible de générer de l'insécurité. A la place, je songe à un lieu paisible, un paysage qui vous procure une sensation de calme ou de bien être... Je teste par exemple cet exercice dès qu'une pensée anxiogène apparaît : à l'inspiration, j'inspire le calme, à l'expiration, j'installe le calme.

• Je cherche des solutions : je note toutes les solutions possibles dans mon carnet de bord et je teste celles qui me conviennent le mieux. • Je me fixe des objectifs concrets en les formulant de façon positive, avec un plan d’action précis pour me réconcilier avec mon sommeil.

• Je demande l’aide d’un professionnel si mes pensées sont trop obsessionnelles, intrusives ou liées à un événement qui me dépasse et m’empêche de dormir.

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