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DSK/Nafissatou Diallo : 
"Une bataille de procédure 
qui ressemble à du tennis"
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Point break

DSK/Nafissatou Diallo : "Une bataille de procédure qui ressemble à du tennis"

Avec la sortie du livre de Michel Taubmann qui défend DSK et les déclarations des avocats de Nafissatou Diallo à Paris, les deux parties se rendent coup pour coup. L'analyse de Christopher Mesnooh, avocat aux barreaux de Paris et de New York.

Christopher Mesnooh

Christopher Mesnooh

 Christopher Mesnooh est avocat associé de Field Fisher Waterhouse. Il est inscrit aux barreaux de Paris, New York et Washington DC.

 

 

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Atlantico : Comment analysez-vous la séquence actuelle où la publication des enquêtes d’Edward Epstein et du livre de Michel Taubmann a succédé aux révélations de l’affaire du Carlton où le nom de Dominique Strauss-Kahn apparaissait ?

Christopher Mesnooh : Le livre de Michel Taubmann qui vient de sortir est à considérer dans le cadre d’une préparation du procès civil qui, selon toutes vraisemblances, aura lieu l’année prochaine. La clôture de la partie pénale et la préparation pour la partie civile de l’an prochain, forment le moment idéal pour essayer d’une part de donner sa propre version des faits - ce qui est pertinent dans le cadre du procès civil - et d’autre part, d’aller un peu plus loin dans la divulgation de ce qui s’est passé. Le timing est donc logique.

Toutefois, en ce qui concerne le livre publié cette semaine : il s'agit des dires de M. Strauss-Kahn interprétés par Michel Taubmann. Ce qui donne au livre une valeur assez relative dans le cadre d’un procès civil aux Etats-Unis. 

 

Vous êtes actuellement à Washington. Entendez-vous encore parler de cette affaire dans les médias américains ?

Pas vraiment. J’ai regardé ce matin les différents sites français. Ensuite, j’ai regardé le New York Times et le Washington Post et dans ces deux derniers je n’ai rien trouvé. Pour l’instant, la partie du dossier qui bouge, c’est plus la sortie du livre en français, avec les extraits dans Paris Match. C’est un jeu de tennis ! Comme vous le savez, une partie du jeu est jouée en France et l’autre partie aux Etats-Unis. Mais pour l’instant, c’est plutôt la partie française qui prévaut.


Depuis le début de cette affaire, on a l’impression que, s’agissant du pénal, le procès se joue plus hors des tribunaux que dans les prétoires…

Oui, tout à fait. En ce moment, il n’y a pas de procès, il y n’a que des jeux de procédures. Il est donc tout à fait logique que chaque partie essaye de plaider son bout d’affaire en public. C’est tout à fait admissible dans le jeu américain. Rien ne s’oppose à ce qu’ils le fassent.

 

Pensez-vous que les avocats de Nafissatou Diallo répliqueront à la parution du livre de Michel Taubmann ?

L'avocat de Nafissatou Diallo Douglas Wigdor était à Paris il y a quelques jours. Il continue donc à « gratter » le terrain pour discuter à la fois avec Me Koubi (l’avocat de Tristane Banon), Me de Montbrial (l’avocat de Nafissatou Diallo en France), et indiquer qu’ils sont à la recherche d’autres femmes qui ont subi des agressions réelles ou prétendues de la part de M. Strauss-Kahn. Ils jouent donc au même jeu.

J’insiste beaucoup sur l’aspect « jeu de tennis ». Chaque fois qu’une partie frappe la balle, l’autre partie répond. Wigdor a indiqué qu’il continuait à instruire le dossier contre Strauss-Kahn au pénal… Le livre sur Strauss-Kahn sort cette semaine, comme par hasard. Thompson et Widgor disent qu’il est grotesque de parler d’un complot dont le but aurait été le vol du portable de DSK, comme le prétend aujourd'hui son biographe Michel Taubmann. Il y aura certainement une réplique de la part du clan Strauss-Kahn et ainsi de suite et jusqu’au début du procès civil proprement dit, début 2012…

 

Peut-on affirmer à 100% qu’il y aura un procès cette fois-ci ?

Oui. Sauf s’ils décident de transiger. Ils peuvent transiger moyennant un chèque. Car, à la différence du pénal, cette fois-ci, il n’y aura pas de procureur. Ce sera donc une négociation vraiment commerciale entre les deux parties. Mais nous n'en sommes pas encore là !

 

Propos recueillis par Antoine de Tournemire

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