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Un stand de massage de pieds à Bangkok, Thaïlande. La réflexologie sauvage, c'est parfois un très mauvais réflexe.
Un stand de massage de pieds à Bangkok, Thaïlande. La réflexologie sauvage, c'est parfois un très mauvais réflexe.
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Zone franche

DSK, Balkany, Tron : le mâle alpha en gros bêta

Prendre son pied, ça reste OK. Prendre celui de quelqu’un autre, il faudra désormais demander la permission...

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Je ne me doutais pas, en prédisant lundi que les féministes finiraient par remercier l’ex-boss du FMI, que les faits me donneraient raison si rapidement... Et l’affaire George Tron, si elle est moins glamour que l’affaire DSK (la mairie de Draveil, ça n'est pas aussi télégénique qu'un Sofitel à Manhattan) inaugure vraisemblablement une longue série de plaintes pour harcèlement sexuel visant des élus.

Car l’univers politique, cette jungle peuplée de gros bêtas jouant au mâle alpha, est peut-être enfin sur le point de connaître son « big crunch ». Bien sûr, ces histoires de fétichisme du pied dans l’Essonne demandent à être confirmées par la justice ― et le choix de Gilbert Collard comme avocat par les plaignantes bride un peu la Schadenfreude qui nous anime ce matin ― mais tout de même : le diable est sorti de sa boîte et l’y ré-enfourner sera bien difficile.

Voyons voir, le flamboyant secrétaire d’État à la Fonction publique serait à ce point animé de bonnes intentions à l’égard des agents dont il assure la tutelle qu’il leur prodiguerait régulièrement des massages de voute plantaire ! Ça part certainement d’un bon sentiment puisqu’il met tout ça sur le compte de son intérêt pour la « réflexologie », mais les deux anciennes salariées de sa mairie ne l’entendent manifestement pas de cette oreille (dans le cas contraire, ce serait d'ailleurs de l'otorhinolaryngologie).

Pour elles, pas de doute : un type qui vous retire vos chaussettes sans vous demander la permission et vous chatouille les orteils, c’est tout ce qu'on veut mais certainement pas un thérapeute. Surtout s’il vous licencie dans la foulée (ha !) ― ce qui n’est pas la preuve d’une immense bienveillance à votre égard, avouons-le...

Le harcèlement c'est comme le référendum : non c'est non

Sans aucun doute, de toutes les plaintes qui seront déposées dans les mois qui viennent, certaines fleureront bon le règlement de comptes pur et simple. La dénonciation calomnieuse, au moins autant que la main aux fesses de sa collaboratrice par un politique sûr de son irrésistible magnétisme animal, fait partie intégrante de notre caractère national. Mais s'il s'agit du prix à payer pour un changement de civilisation, so be it.

« Quand je vois qu’une petite femme de ménage est capable de s’attaquer à Dominique Strauss-Kahn, je me dis que je n’ai pas le droit de me taire. D’autres femmes subissent peut-être ce que j’ai subi. Je dois les aider. Il faut briser cette omerta », affirme d'ailleurs l'une des accusatrices de Georges Tron au Parisien pour expliquer sa démarche.

Bon, il est vrai que j’en parle à mon aise : je ne suis jamais parvenu à me faire élire à quoi que ce soit, même comme délégué de classe, et je n’ai donc pas peur de ce retour de bâton.

Il ne faudrait pas, pour autant, qu’il ne s’agisse que d’un feu de paille : les aventures de Patrick Balkany en leur temps, des plus sordides aux plus classiques, n'ont guère eu d'incidence sur la poursuite de sa carrière. Pour autant, dans un pays où la principale ligne de fracture idéologique sépare les « ouistes » des « nonistes », il ne devrait pas être si compliqué de comprendre que non c'est non. Et là aussi, j'en parle à mon aise : j'ai moi-même voté oui au référendum !

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