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La maire de Paris Anne Hidalgo.
La maire de Paris Anne Hidalgo.
©YOAN VALAT / POOL / AFP

La disparition de Paris

Didier Rykner : « La mairie de Paris privilégie le clientélisme associatif à l’entretien du patrimoine de la Ville »

Didier Rykner a publié « La disparition de Paris » aux éditions Les Belles Lettres. Depuis des années, Paris « se réinvente » mais les rues de la capitale se dégradent. Didier Rykner porte la voix de nombre de ses habitants et amoureux qui entendent bien ne pas voir disparaître l’ambition exceptionnelle d’une métropole unique qui est aussi une œuvre d’art totale.

Didier Rykner

Didier Rykner

Didier Rykner est journaliste et historien de l'art. Il est le fondateur du magazine en ligne La Tribune de l'art.

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Atlantico : Didier Rykner, vous publiez « La disparition de Paris » aux éditions Les Belles Lettres. Vous alertez notamment sur l'état du patrimoine urbain parisien et sur la politique et l’action de la mairie de Paris sur l’espace urbain. Paris est-elle réellement en train de disparaître ? La ville lumière est-elle toujours à vos yeux la plus belle ville du monde ? Le Paris que l’on a connu, que les Parisiens et que les touristes aiment est-il en train de s’effacer ?

Didier Rykner : Le Paris que l’on aime est en train de disparaître. C’est pour cette raison que j’ai voulu écrire ce livre. Je suis un vrai Parisien, né à Paris, et j’aime cette ville et son patrimoine. Paris est toujours une des plus belles villes du monde, mais je crains qu’elle ne le reste pas longtemps à l’allure à laquelle elle se dégrade. Paris est en train de s’effacer, de disparaître. Il est encore possible de la sauver, mais cela devient urgent. La principale responsable est la Mairie de Paris qui traite cette ville comme si ce n’était pas un bien précieux et qui veut réinventer une ville qui n’a pas besoin d’être réinventée. Paris a besoin d’être restaurée, entretenue et magnifiée mais certainement pas d’être réinventée par des gens qui n’ont pas de goût, ni de culture.    

Comment expliquer que le patrimoine architectural de la ville et celui de la culture soient délaissés ? Le manque d’entretien dénature-t-il le patrimoine parisien ?

Le manque d’entretien est l’un des problèmes auxquels fait face Paris. Cela concerne les monuments historiques parisiens, les églises, les fontaines… C’est évidemment l’un des problèmes que je soulève dans mon livre. Ce patrimoine n’est pas suffisamment entretenu et restauré, même s’il faut reconnaître que des efforts ont été faits ces dernières années, notamment pour les églises. Il y avait habituellement 15 millions d’euros par an pour les édifices religieux. La somme serait de 25 millions pour l’année 2022, en augmentation donc. Ce chiffre est néanmoins très faible et à comparer par exemple avec les 260 millions d’euros que reçoivent les associations subventionnées par la mairie. Certaines sont utiles bien sûr, mais d’autres participent à une forme de clientélisme pour la ville de Paris.  

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J’avais fait une enquête sur les fontaines parisiennes où je démontrais que beaucoup d’entre elles ne fonctionnaient plus. Là encore, on peut constater une amélioration, mais on est encore très loin du compte.

Le patrimoine parisien reste très mal traité. Comment l’expliquer ? Il y a un manque de culture, de goût. Le patrimoine ne les intéresse pas en réalité. Je mets à part tout de même Karen Taïeb, adjointe à la Maire de Paris en charge du patrimoine, de l’histoire de Paris et des relations avec les cultes. Elle est l’une des rares à aimer le patrimoine au sein de la mairie de Paris. Mais elle n’a pas suffisamment de pouvoir pour influencer réellement les prises de décisions. Le patrimoine reste donc délaissé. 

Dans La Tribune de l’Art, j’ai publié récemment un article sur la Rotonde de la Villette, qui appartient à la ville et a été restaurée il n’y a pas très longtemps. Les abords sont pourtant dans un état épouvantable. C’est totalement illégal en plus : ils ont construit des baraquements aux abords de cette Rotonde, ils ont installé des containers tagués. La mairie de Paris laisse faire, elle se moque du patrimoine.   

Cela pose la question de la responsabilité du ministère de la Culture. Paris se dégrade et les monuments parisiens également car le ministère de la Culture ne joue pas son rôle. Il pourrait obliger la mairie de Paris à restaurer son patrimoine. Une grande partie du patrimoine parisien est classée monument historique et le ministère de la Culture pourrait imposer des travaux. 

Cette institution ne joue pas son rôle également car elle ne protège pas les abords des monuments historiques. Il y a des monuments historiques pratiquement partout dans Paris. S’ils voulaient protéger les abords, les architectes des bâtiments de France pourraient le faire. Ils ne le font pas suffisamment. 

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Il y a donc une vraie responsabilité du ministère de la Culture qui abandonne complètement Paris.

Les objectifs et les politiques déployés par la mairie de Paris en faveur de l’écologie sont-ils réalistes et efficaces ? Quel bilan tirer de la gestion des espaces verts dans les rues de la capitale ? Est-ce une imposture ?

Tout à fait. Il s’agit bien d’une imposture. Anne Hidalgo, la maire de Paris, prétend être « écologiste ». Mais elle n’est pas plus écologiste que ne le sont malheureusement ceux qui se prétendent être de ce parti et qui sont élus à Paris. L’écologie y consiste à couper des arbres ou à les maltraiter. Ils ne sont pas remplacés dans de nombreux cas. Des espaces verts et des jardins privés disparaissent au profit de constructions. La disparition de la végétation à Paris est terrifiante. Un bon moyen de s’en apercevoir et de constater ce phénomène est de se rendre sur Google Earth. En comparant avant et après, on voit énormément d’endroits dans Paris où les arbres ont disparu. J’ai lancé un hashtag sur Twitter, #DeforestationUrbaine. En cherchant avec cette référence, il est possible de retrouver des photographies trouvées sur Google Earth et Google Street View qui montrent cette réalité dramatique. 

Sur les immeubles qui remplacent des jardins, on installe des toits végétalisés dont on considère qu’ils compensent en partie ce qui a été coupé. C’est scandaleux.   

L’écologie à Paris, c’est l’inverse de l’écologie. On coupe des arbres, on les remplace par du béton et on installe des toits végétalisés en prétendant qu’on fait de l’écologie. Et en plus, on veut planter des arbres là où il ne le faudrait pas… Par exemple sur la Place de la Concorde, située entre deux grands jardins : les Champs-Elysées, où l’on a coupé des arbres pour installer la sculpture de Jeff Koons, et les Tuileries. La Place de la Concorde est minérale. Il y avait un peu de verdure dans ses fossés qui ont été comblés au XIXè siècle et que l’on ne peut plus restituer maintenant à cause du métro. On ne doit pas mettre d’arbres sur la Place de la Concorde devant l’architecture d’Ange-Jacques Gabriel qui n’a jamais été faite pour cela.

Ils ne comprennent donc rien ni à l’écologie, ni à l’histoire de Paris. C’est donc bien une imposture.

Existe-t-il une explication financière derrière ces errements et ce manque d’entretien ? La gestion de la dette de Paris est-elle un frein pour l’entretien du patrimoine de la capitale ? Le budget de la ville est-il suffisamment bien utilisé pour le mobilier urbain, l’architecture, l’entretien ou la propreté ?

Paris a beaucoup d’argent, mais cela est géré n’importe comment. Ils dépensent sans compter pour des projets hors de prix qui dénaturent la ville. Restaurer coûterait moins cher, non seulement ils dépensent beaucoup, mais c’est pour faire disparaître Paris. Un exemple représentatif : ils ont un projet à 120 millions d’euros pour le Champ-de-Mars, un endroit laissé à l’abandon et déjà extrêmement abîmé par la mairie de Paris notamment par le mur de verre sous la Tour Eiffel et par le Grand Palais éphémère, qu’ils ont laissé construire. Le ministère de la Culture est d’ailleurs responsable de cette construction qui va durer plusieurs années devant l’École Militaire, classée monument historique. Et maintenant, ils veulent abîmer encore davantage le Champ-de-Mars avec ce projet hors de prix alors que la ville de Paris est déjà ruinée par la gestion de la mairie.

Le mouvement #SaccageParis a-t-il été salvateur et permis de dévoiler au grand jour l’ampleur du drame pour Paris ? Ces messages sont-ils susceptibles de faire bouger les lignes ? La mairie semble-t-elle prendre en compte la mobilisation des citoyens sur les réseaux sociaux ?

#SaccageParis est un mouvement qui est extrêmement utile. De nombreuses personnes publiaient des messages sur Twitter sur la destruction et la disparition de Paris mais ce n’était pas très visible. L’invention par @PanamePropre de #SaccageParis a été salvatrice. Cela a permis de fédérer cette opposition qui n’est pas politique, qui est transpartisane et qui lutte contre la stratégie létale de la mairie de Paris. 

Je considère que je fais partie de ce mouvement. On ne se réclame pas d’un parti politique. On se réclame de gens qui aiment Paris. 

Cette mobilisation a contribué à faire bouger les lignes mais la mairie de Paris est tellement confite dans sa prétention à vouloir réinventer Paris qu’elle n’écoute pas vraiment ce mouvement.

La presse a révélé que des réunions hebdomadaires sont organisées à la mairie de Paris pour répondre à ce mouvement. Mais ils font semblant. En réalité, ils n’écoutent personne. Ils continuent de plus belle. La meilleure preuve est qu’ils viennent de voter ce plan pour le Champ-de-Mars qui est exactement l’inverse de ce que l’on souhaite. L’enquête publique, via Internet, était pourtant claire : 95% des réponses montraient un désaccord et un refus du projet. Les maires des arrondissements concernés sont aussi opposés à celui-ci. Les associations y sont toutes opposées. Pourtant la mairie va le mettre en œuvre. Et tout cela avec la complicité des écologistes. 

Ils prétendent prendre en compte la concertation, mais ils n’écoutent personne et n’en font qu’à leur tête. 

Anne Hidalgo, qui va probablement maintenir sa candidature à l’élection présidentielle, sera sans doute ridiculisée par un score très faible. Sa légitimité sera alors fragilisée. Elle sera néanmoins maire de Paris pour encore quatre ans. Ça va être difficile à supporter, même si nous respectons évidemment la loi et le résultat des urnes. Nous continuerons à nous battre démocratiquement pour que la mairie de Paris change et pour que de nouvelles élections parviennent à nous débarrasser de cette mairie.      

Anne Hidalgo est-elle la seule responsable de la situation que vous décrivez et que vous documentez dans votre livre ? Qui sont au fond les « vrais coupables » de cette politique de la ville qui nuit à l’image de la ville et à son patrimoine ? Est-ce dû aux nouvelles normes ? Les architectes, les personnes en charge du mobilier urbain, les entreprises de BTP, le ministère de la Culture ont-ils aussi une part de responsabilité ? La région Ile-de-France et Valérie Pécresse ont-elles suffisamment de poids et de capacité de décision pour freiner les dérives ou les manquements de la mairie de Paris que vous dénoncez dans votre ouvrage ?

Le principal responsable est bien la mairie de Paris. Le ministère de la Culture est également coupable, comme je le disais, de ne rien faire pour enrayer ce phénomène. Les normes ne sont pas en cause. Rien n’oblige à ce que le mobilier urbain dans les rues soit en mauvais état et couvert d’autocollants. Personne ne demande à ce que l’on ait d’horribles pieds d’arbres soit disant végétalisés. 

Un autre exemple frappant concerne les poubelles dans l’espace public, qui sont transparentes et assez répugnantes. La mairie prétend qu’il s’agit d’une obligation liée au plan Vigipirate. Pourquoi sommes-nous la seule ville en France à avoir ce système ? Si c’était réellement lié au plan Vigipirate, ce type de poubelles aurait été imposé à toutes les villes de France. Paris n’est pas la seule ville de l’Hexagone qui est menacée par le terrorisme. Qu’est-ce qui permet de croire qu’en installant ces poubelles transparentes, nous serions mieux protégés contre le terrorisme ? C’est une plaisanterie. 

C’est la même chose pour les bancs Mikado. Emmanuel Grégoire prétend qu’il s’agit d’empêcher les camions suicide. C’est bien sûr faux car ces bancs Mikado sont parfaitement assumés dans une plaquette de la mairie de Paris dont je parle dans mon livre. Et dans bien des endroits, ces bancs n’empêcheraient pas un camion de monter sur les trottoirs car ils ne barrent pas entièrement l’espace.

Quant aux architectes, ils font ce qu’on leur demande. Les principaux coupables sont les maîtrises d’ouvrage, ceux qui donnent les autorisations, la mairie de Paris et ceux qui contrôlent, le ministère de la Culture. Je ne crois pas que la région Ile-de-France ait un grand rôle à jouer sur ces questions à Paris.

Est-ce que la situation parisienne et la focalisation sur Anne Hidalgo et ses équipes ne masquent-elles pas un enlaidissement, une perte du beau et de la singularité architecturale de manière plus générale à travers la France ? De Rennes, à Bordeaux, en passant par Nantes, Lille ou dans les villes moins densément peuplées, n’assiste-t-on pas à une homogénéisation des villes sur le plan de l’architecture, de l’agencement des places, du mobilier urbain, du défaut d’entretien et de la propreté ?

Le patrimoine a été très mal traité à l’époque de Georges Pompidou. Sa disparition nous a protégés de beaucoup de choses à Paris. Valéry Giscard d’Estaing a arrêté les dérives pompidoliennes et François Mitterrand a renforcé la protection du patrimoine. Sous Jacques Chirac, la situation est restée stable et cela n’a ensuite pas cessé d’empirer sous Nicolas Sarkozy, sous François Hollande. Emmanuel Macron enfin est le pire de tous, et il a notamment contribué à détricoter les lois de protection du patrimoine.

On voit des choses dramatiques pas seulement à Paris, ne serait-ce que les éoliennes à la campagne.

Pour les villes, c’est un peu différent. On a l’impression que dans certaines villes, Paris fait école. J’étais récemment à Rennes : quand on va de la gare de Rennes vers le centre, on passe par une avenue où l’on découvre une végétalisation de la rue qui ressemble beaucoup à ce qu’on peut voir à Paris.

A Lyon, c’est pareil également. Anne Hidalgo est en train de faire école. C’est assez dramatique. 

Paris reste une exception malgré tout. Il y a tellement de choses qui ne vont pas à Paris que l’on ne peut pas dire qu’il y ait une autre ville qui soit dans cet état là en France encore maintenant. J’ai peur que cela s’étende. Mais on se bat déjà à Paris et on se battra pour le reste. 

Au regard de la campagne électorale et du score d’Anne Hidalgo en avril prochain lors du premier tour de l’élection présidentielle, y aura-t-il un retour de bâton ou un effet boomerang pour Anne Hidalgo suite à l’expérience présidentielle de 2022 qui s’annonce d’ores et déjà délicate au regard des sondages ? Pensez-vous qu’elle puisse tirer des leçons de cette campagne présidentielle et faire évoluer sa position pour Paris et redéfinir ses priorités vis-à-vis de l’urbanisme et pour le bien-être de la ville et des citoyens de la capitale dans le cadre de la suite de son mandat municipal ?

Je n’y crois pas une seconde. Anne Hidalgo est tellement dans son monde et bornée sur ces questions que je crains le pire. Une fois qu’elle sera revenue à Paris, je redoute qu’elle ne se venge sur la ville encore davantage.

Elle n’évolue pas et je ne crois pas du tout qu’elle évoluera. Le problème est aussi lié à son entourage. Une grande partie de ses adjoints et de ses équipes sont comme elle ou même encore pire qu’elle parfois. Il y a notamment Eric Pliez, maire du XXème arrondissement, Emmanuelle Pierre-Marie, maire du XIIème arrondissement, Ian Brossat, adjoint en charge du logement, Christophe Najdovski, adjoint à la végétalisation de l’espace public et des espaces verts, et beaucoup d’autres… Ces personnes sont des idéologues, dangereux pour la capitale. Anne Hidalgo n’est donc pas seule, son entourage n’est pas meilleur, sinon pire.    

La réalité que vous décrivez dans votre ouvrage ne risque-t-elle pas de s’amplifier avec les Jeux olympiques d’été de Paris 2024 ? Au regard des mois et des années qui nous séparent de l’organisation et du début de la compétition et de cet événement, quel sera l’impact pour les Parisiennes et les Parisiens et pour l’image de la ville ? Va-t-on assister à toujours plus de travaux et de chantiers dans les rues de la capitale ?

Les Jeux olympiques de 2024 ne vont faire que renforcer effectivement ce que l’on voit déjà. Les travaux sans fin, nous les subissons depuis des années. Cela va se poursuivre. Les Jeux olympiques sont une catastrophe pour Paris et pour la France. Cela va nous ruiner. Des lois spéciales ont été faites pour les Jeux olympiques pour limiter les recours. La tour Triangle dont la construction a débuté, était concernée par cette loi. Cela a permis d’accélérer les processus.

Les Jeux olympiques sont dans deux ans et demi : quand on voit l’état de la ville aujourd’hui, cela est très inquiétant. Peut-être que les spectateurs des jeux, qui se rendront uniquement sur les sites olympiques, ne se rendront pas compte de l’état de la ville ? 

Franchement, j’ai honte de l’état de Paris. Je me demande ce que pensent les touristes qui y viennent, et quelle est l’image qu’ils en retiennent ? Les Jeux olympiques vont à la fois aggraver les choses, malheureusement, et peut-être servir de révélateur pour ceux qui ne veulent pas voir la disparition de Paris…

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