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Didier Rykner publie « La disparition de Paris » aux éditions Les Belles Lettres.
Didier Rykner publie « La disparition de Paris » aux éditions Les Belles Lettres.
©Zakaria ABDELKAFI / AFP

Bonnes feuilles

Dette de la ville et promesses bafouées : les erreurs politiques de la maire de Paris Anne Hidalgo

Didier Rykner publie « La disparition de Paris » aux éditions Les Belles Lettres. Paris, la plus belle ville du monde ? Plus tout à fait. Depuis des années, Paris « se réinvente »… Paris s’efface. Didier Rykner dresse dans ces pages un réquisitoire à charge. Extrait 2/2.

Didier Rykner

Didier Rykner

Didier Rykner est journaliste et historien de l'art. Il est le fondateur du magazine en ligne La Tribune de l'art.

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La disparition du Paris historique tel que nous l’avons connu ne peut être dissociée de la manière dont la municipalité gère les finances de la ville et traite les Parisiens. Pourquoi entretenir une ville dont on méprise à ce point les habitants ?

LA PROPAGANDE DE LA MAIRIE

Pour cacher les résultats désastreux de sa politique, ou faire avancer les projets qu’elle nourrit pour la capitale, la municipalité actuelle communique beaucoup. Rappelons que le personnel dédié à cette fonction est pléthorique. Si les chiffres exacts sont à peu près impossibles à obtenir, notons qu’en 2017, l’opposition parisienne parlait de 417 personnes au total. Chiffre sûrement trop haut car il faut enlever les agents chargés des standards téléphoniques inclus dans ce calcul dont le nombre était, en 2010, estimé par la mairie de Paris à 133. Admettons que le total se monte à 200 (chiffre que nous majorons à dessein pour ne pas être taxé de truquer les chiffres), cela signifie donc que ce serait encore plus de 200 personnes qui seraient chargées de la communication de la mairie. Comparons, par exemple, au personnel dédié au sujet qui nous intéresse : on dénombre 14 personnes à la COARC et 19 à la DECH. À Paris, les effectifs dédiés à la communication sont donc au moins sept fois plus importants que ceux chargés du patrimoine monumental.

Cette communication tous azimuts s’appuie souvent sur des contre-vérités. Ce qui n’est pas rare, bien entendu, chez les politiques, mais qui a pris une dimension inédite sous cette mandature. Travestir les faits est devenu au fil du temps un véritable système de gouvernement. Nous en avons déjà cité quelques-uns au cours de cet ouvrage, comme la distance Paris-Moscou nettoyée quotidiennement, la glycine morte qu’il a fallu couper, les 34 000 arbres supplémentaires par an, la non-disparition des bancs Davioud, les Serres d’Auteuil fermées au public… Nous verrons un peu plus loin ses explications alambiquées sur l’indemnisation prétendument impossible des victimes de la rue de Trévise, mais en voici encore quelques exemples récents.

Le 24 septembre 2021, un communiqué de presse de la maire de Paris affirmait, à propos des salles de shoot qu’elle souhaite ouvrir dans Paris, pour lesquelles le gouvernement lui a donné l’autorisation, que « s’agissant des usagers de drogues, la seule solution durable reste leur prise en charge dans le cadre d’unités de soins, ce que la Ville propose depuis plusieurs mois et que le Premier ministre vient d’accepter ». Il s’agit, là encore, d’une déclaration fausse puisque ces salles de consommation comme celle déjà existante dans le Xe arrondissement près de la gare du Nord n’ont jamais été conçues ni même voulues comme des unités de soin : il n’est question ici que de fournir aux usagers du crack un lieu où ils puissent s’adonner à leur addiction, ce qui transforme le quotidien des riverains en enfer, et ne constitue en aucun cas une solution, mais bien une aggravation de ce problème.

Rappelons-nous que la maire de Paris affirmait qu’elle ne serait jamais candidate à la présidentielle. Certains veulent l’excuser en arguant du droit à changer d’avis. Mais cette déclaration ne datait que d’un an à peine avant sa déclaration de candidature. À la question que lui posait un journaliste de Quotidien : « Êtes-vous candidate à la présidentielle en 2022 ? », elle répondait : « Surtout pas : je considère qu’il y a un endroit où on peut agir aujourd’hui, qui est un endroit très stratégique, c’est celui des villes. Vous pouvez archiver, je suis quelqu’un de très clair. » Malheureusement pour elle, cela a été archivé, et tourne désormais en boucle sur les réseaux sociaux.

On pourrait rétorquer que raconter n’importe quoi est fréquent chez les politiques. Sans doute. Mais cela est devenu un tel mode de fonctionnement pour Anne Hidalgo qu’elle ne sait manifestement plus distinguer la réalité, comme quand elle raconte sans rire sur LCI, le 19 octobre 2021, dans l’interview politique d’Élizabeth Martichoux, avoir mis en place à Paris la gratuité des transports !

UNE DETTE ABYSSALE

Les chiffres sont têtus. Certains pensent qu’on peut leur faire dire ce que l’on veut, mais vous aurez beau dire à votre banquier que votre dette est moins élevée qu’il ne le pense, car les chiffres mentent, il est peu probable qu’il vous donne quitus.

Au 1er janvier 2021, la dette de la capitale se montait à 7,71 milliards d’euros. Soit une augmentation de 13 % en seulement un an. Inutile de dire qu’à l’heure où est publié ce livre, le chiffre est obsolète, et qu’à ce rythme qui n’a eu aucune raison de faiblir ces derniers mois, il se monte probablement aux alentours de 8,5 millions d’euros au bas mot. Mais restons sur ce montant de 7,5, déjà considérable.

La dette a donc plus que doublé (+ 108 %) depuis l’arrivée d’Anne Hidalgo aux manettes, passant de 3,71 milliards à 7,71.

La mairie de Paris se défend en imputant cette hausse à la crise du Covid. Si celle-ci n’a évidemment pas arrangé les choses, il n’y avait pas de pandémie entre le 1er janvier 2014 et le 1er janvier 2020. Pourtant, sur ces six ans, la dette est passée de 3,71 à 6,84 milliards.

Soit, déjà, une augmentation de 84 % en six ans. Si l’effet Covid existe, il est seulement venu dégrader à peine davantage une situation très critique.

A lire aussi : Végétalisation de la ville, abattage d'arbres... : l’imposture écologique d’Anne Hidalgo et de la mairie de Paris à travers les rues de la capitale

Extrait du livre de Didier Rykner, « La disparition de Paris », publié aux éditions Les Belles Lettres

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