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Épisode final de la saison 6 de Game of Thrones : mais pourquoi cette série nous obsède-t-elle tant ?
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White Walkers

Épisode final de la saison 6 de Game of Thrones : mais pourquoi cette série nous obsède-t-elle tant ?

Depuis 2011 et la sortie du premier épisode, la série Game of Thrones déchaîne les passions et suscite une hystérie mondiale. Quels sont les ingrédients de cet engouement ? Eléments de réponse.

Il faut vraiment être isolé du monde pour ne pas avoir entendu parler au moins une fois de Game of Thrones. Car cette série est un tel phénomène de société que les plus experts songent sérieusement à la sacraliser "meilleure série de tous les temps".

Issue de la série de romans A Song of Ice and Fire que l'auteur américain George R. R. Martin n'a pas achevé d'écrire, l'adaptation Game of Thrones suscite un intérêt mondial, touchant même les moins friands de fantasy. Il faut dire que le spectre de thématiques que la série aborde est tel que les barrières qui auraient pu déterminer le cercle de fans prédéfini ont totalement volé en éclats.

Ingrédients du succès

Pour commencer, Game of Thrones rassemble les trois plus vieux ingrédients d'une recette qui marche : du sang, du sexe, et de l'argent. Ce trio thématique est abordé sans aucune pudeur au cours de la série, fait rare et quasi inédit dans les récits de fantasy. La violence physique et psychique y est omniprésente, la nudité très normalisée, et les questions d'argent et d'inégalités abordées avec beaucoup de cynisme. Selon des psychologues, cette série nous rend accros en nous renvoyant constamment à nous-mêmes, en titillant nos fantasmes inavouables, en suscitant un mécanisme de comparaison entre le monde réel et celui de la série.

Ensuite, la série surprend. Elle parvient toujours à sortir des sentiers battus scénaristiques auxquels nous pouvions nous préparer, surtout dans un récit de fantasy. Au Royaume des Sept Couronnes où vivent les protagonistes, le merveilleux est raillé. La magie et les dragons ont disparu depuis des siècles, et ne servent plus qu'à effrayer les enfants. La religion officielle est polythéiste, mais les dieux n'ont pas accompli de miracles depuis fort longtemps sur ces contrées où les guerres, la misère et le vice font rage. Le monde est blasé. Ce n'est qu'au fil de l'histoire que ces éléments fantastiques viennent bousculer un monde presque aussi terre-à-terre que nous le nôtre. C'est en ce point que Game of Thrones est diamétralement opposé au Seigneur des Anneaux de Tolkien, figure de proue de la fantasy classique.

Terrain de réflexion

Enfin, cette série est d'une richesse rare en de nombreux aspects. Outre l'esthétique irréprochable des scènes filmées que l'on doit aux lieux de tournages variés et aux effets spéciaux plus vrais que nature, les références historiques sont légion, et les situations politiques qui surviennent dans la série, parfaits terrains d'analyse. Pour ainsi dire, un parallèle avec l'élection présidentielle américaine de 2016 a même été réalisé. Les apparitions du fantastique dans la série donnent également lieu à des interprétations métaphoriques. Par exemple, la menace de l'armée des Marcheurs Blancs, censés revenir des morts pour conquérir le royaume, est comparée au changement climatique. Dans la série, les dirigeants n'en ont cure, puisqu'ils considèrent que tout ceci n'est qu'un mythe et qu'ils ont mieux à faire, malgré les quelques lanceurs d'alerte. Et pour ce qui est des choix menés par les rois, reines et clans durant l'aventure Game of Thrones, penseurs, intellectuels et philosophes auraient matière à un large débat sur la manière dont le royaume est géré ou encore sur celle dont les intérêts personnels sont placés par rapport à ceux d'autrui.

Peut-on considérer Game of Thrones comme une" bonne" addiction ? En tout cas, beaucoup n'ont pas l'intention de se sevrer. 

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