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Denis Le Bossé, président du Cabinet Arc
Denis Le Bossé, président du Cabinet Arc
©Reuters

L'interview Atlantico Business

Denis Le Bossé, Cabinet Arc : "Il y a urgence à réduire les délais de paiement entre les entreprises"

Ce mercredi, Pierre Pelouzet, le Médiateur national des relations interentreprises, reçoit une centaine de patrons pour évoquer les délais de paiement entre les entreprises, point de blocage de la relation PME - grands groupes. Pour Denis Le Bossé président du Cabinet Arc, spécialisé dans les recouvrements de créances des entreprises, il y a urgence à agir.

Atlantico Business : De nombreux chefs d'entreprise déplorent un allongement des délais de paiement. Le constatez-vous ?

Denis Le Bossé : C'est en effet une tendance que l'on constate depuis plusieurs années et qui s'est encore renforcée ces derniers mois. Il y a deux principales raisons à cela : d'une part de nombreux dépôts de bilan d'entreprises car, entre autre, nos PME manquent cruellement de fonds propres. Les banques sont souvent réticentes à financer le fonctionnement des entreprises. Elles communiquent beaucoup sur le fait qu’elles ont des milliards à prêter aux entreprises... mais uniquement pour de l’investissement. Aujourd'hui les entreprises, elles ont besoin de cash. D'autre part, il y a donc le désengagement des banques mais aussi et des assureurs-crédit ce qui provoque de la tension dans le système de financement. De manière générale, le rapport de force s'est accru entre les grands groupes et les PME-TPE. Par exemple, on voit régulièrement des entreprises qui n’osent pas relancer ou réclamer des factures, tétanisées par la crainte de perdre des marchés avec son client.

Justement, les chefs d'entreprises accusent beaucoup les grands groupes de déstabiliser les PME pour gagner en délais de paiement. Ont-ils un rôle dans le problème ?

Il est vrai que certaines grandes entreprises ne jouent pas le jeu, mais bon nombre d'entre elles sont relativement vertueuses quand il s'agit de délais de paiement. Elles s'adaptent et accompagnent souvent leurs clients en difficulté. C'est notamment dû au fait que ces grandes entreprises sont régulièrement contrôlées par la DGCCRF. D'ailleurs Pierre Moscovici avait annoncé, il y a quelques mois, un renforcement du nombre d'entreprises contrôlées. Elles sont désormais près de 2000. Ce que l’on remarque enfin, c’est que le rapport de force aujourd'hui a lieu entre les grandes et les petites entreprises oui, mais aussi entre les PME qui ont recours à toutes les techniques. Par exemple des entreprises prétextent un "faux" litige sur la facture pour ne pas respecter les délais de paiement. Vis-à-vis de loi, elles sont dans leur droit, mais c'est uniquement pour gagner du temps. Dans notre dernier baromètre réalisé avec l'Ifop, on note une augmentation de 36% de cette pratique en un an.

La semaine prochaine, vous serez à Bercy pour rencontrer les équipes de Pierre Moscovici sur le sujet, qu'allez-vous leur dire ?

Je dirai que certains dispositifs fonctionnent. C'est vrai pour le CICE, il a permis d’apporter une bouffée d’oxygène à certaines entreprises, même si quelques sous-traitants ont dû pratiquer des remises en fonction de leur crédit d'impôt. Je dirais surtout que le seul moyen de faire respecter les délais de paiement des entreprises, c'est d’impliquer le commissaire aux comptes. Je rappelle que c'est ce qui est inscrit dans la LME et qui n'a jamais été mis en œuvre. Je crois qu'il doit dans un premier temps inciter puis passer à d’éventuelles sanctions.

 Propos recueillis par Julien Gagliardi


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