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Le président Emmanuel Macron arrive avec le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, pour visiter une usine du constructeur Valeo à Etaples, près du Touquet, le 26 mai 2020.
Le président Emmanuel Macron arrive avec le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, pour visiter une usine du constructeur Valeo à Etaples, près du Touquet, le 26 mai 2020.
©Ludovic MARIN / POOL / AFP

Atlantico Business

Déconfinement : Macron à l‘Élysée et Le Maire à Bercy auront fini par avoir raison contre tous les prophètes de malheur qui les entourent

Sur les fronts sanitaire, économique ou social, la situation se révèle finalement bien meilleure que ce que prédisaient beaucoup de médecins, d’économistes, de hauts fonctionnaires et de responsables politiques depuis le début de la pandémie...

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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Emmanuel Macron et Bruno Le Maire avaient donc raison, mais ils sont bien les seuls dans l’exécutif.  Situation étonnante que celle que nous vivons en ce moment tant attendu du déconfinement.

Pourquoi ?  

Parce qu’on découvre que c’est un couple assez improbable au sein de l’exécutif, qui aura fini par avoir raison contre le reste du gouvernement, contre la technocratie et même une grande partie de l’establishment politique et médical. Entre l‘Élysée et Bercy, les équipes ont fonctionné sur la même ligne, ce qui n’était pas le cas avec le ministère de la Santé ou même Matignon.

Si on repasse le film de cette pandémie historique, on va s’apercevoir que le pays a existé, mais sous la coupe des prophètes du malheur qui faisaient commerce de la peur... Alors même qu‘aujourd’hui sur la crise sanitaire et son impact économique, le Covid 19 n’a pas provoqué une catastrophe nationale.

Alors, pas question de tomber dans la naïveté ou la complaisance. La responsabilité du chef de l’Etat est grande, dans les faux pas commis par l’administration et ses ministres parce qu’après tout, c’est lui le vrai patron. Mais ses erreurs ont plus été des erreurs de communication que des erreurs stratégiques. Il a trop souvent maquillé des déficits de masques, de tests, de vaccins, trop souvent toléré et ignoré les lenteurs d’une administration de la santé qui s’est révélée affreusement archaïque et conservatrice. Mais après tout, c’était son job que de laisser l’administration en équilibre. Peu de capitaine de bateau referait le carénage en pleine tempête.

Ce qu’on constate aujourd’hui, c’est que les décisions, qui ont été prises pour organiser le déconfinement, l’ont été par le président de la République et son ministre de l’économie, en opposition frontale avec le reste du gouvernement avec la doxa de l’administration et de l’élite médicale, dont les analyses et les prédictions se révèlent fausses.

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Quant à l’opposition politique, elle s’est plus souvent manifestée par une abondance de critiques que par des alternatives crédibles et responsables.

En clair, il faudra, un jour, faire le bêtisier de cette pandémie et collectionner toutes les erreurs, les inepties et les injonctions contradictoires.

Sur le terrain de la crise sanitaire, le corps médical, tout ce que la France compte comme sommités de l’épidémiologie, ont prophétisé la perspective d’une catastrophe humaine et sociale, avec comme seule réaction possible : le confinement.

La ligne stratégique était simple : la pandémie, dans ses formes graves, entraine la nécessité de placer les malades en réanimation pour les sauver d’une mort certaine. Comme nos hôpitaux n‘ont pas assez de lits pour accueillir les sujets graves, diminuons la circulation du virus pour éviter les afflux de malades dans les hôpitaux. Le raisonnement se tient sauf qu‘au bout d’un moment, les effets secondaires et les dégâts collatéraux pouvaient être plus graves que ceux du Covid qu on cherchait à éviter.

N’empêche que jusqu’au dernier moment, les prophètes de la peur se sont opposés au déconfinement amorcé cette semaine.

Ils nous ont raconté que le couvre-feu n’était pas assez strict, qu‘il fallait fermer les écoles et les universités, interdire les fêtes et tous les rassemblements.

Cette élite-là n’avait pas assez de sarcasmes pour fustiger les décisions de Macron de desserrer les mesures de protection.

Or, les chiffres qui mesurent l’évolution de la crise sanitaire prouvent aujourd’hui que « le miracle » n’est pas impossible, puisque les dépistages  positifs, les entrées à l‘hôpital et en réanimation et les décès quotidiens sont en chute. Alors, on pourra toujours expliquer que si la situation s’améliore, c’est parce que les mesures sévères ont été prises et c’est vrai. On pourrait annoncer la 4e vague, compte tenu du laxisme qui se répand mais on renouerait avec la prévision catastrophe.

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En attendant, pourquoi fallait-il ne pas suspendre le confinement comme l’a fait Macron, en comptant sur la responsabilité individuelle, la vaccination et le pass sanitaire qui permettrait de circuler et de vivre ensemble ?

Le Covid peut se réveiller à la fin des vacances. Il est tellement incertain, mais si les comportements individuels sont moins laxistes que l’année dernière à la même époque, si la vaccination s’étend à plus de 50 % de la population, si l’opinion accepte le pass sanitaire et si l’Europe reste sur la même ligne de conduite, il y a quand même toutes les chances pour que les risques de reprise de la pandémie reculent et que le pays reprenne une vie quasie normale.

Sur le front de l’économie, les prévisionnistes et les experts n’ont pas été moins violents et arrogants que sur le front sanitaire. La situation 2020 a été catastrophique en termes de croissance et de création de richesses, mais depuis la fin de l’année dernière, le système de production a redémarré et tout laisse penser qu’il va rebondir assez violemment en 2021.

Alors, il y a certes des secteurs entiers qui ont énormément souffert (l’hôtellerie, le spectacle, les transports aériens… ). Il y a des pans entiers de l’économie qui vont s’effondrer, mais globalement, le système français a fait preuve de résilience.

D’abord, parce la grande majorité des entreprises se sont adaptées à la situation en accélérant leur transformation digitale.

Ensuite, elles ont été beaucoup aidées par l’Etat. Les actifs de production et les contrats de travail n’ont pas été détruits. Bercy, à l’initiative du ministre Bruno Le Maire, a été extrêmement attentif à la survie des entreprises. Aujourd’hui, ils préparent avec prudence le retrait des perfusions pour que les entreprises puissent reprendre leur trajectoire. Il y a du carburant financier sur les marchés avec des taux d’intérêt très faible. Il y a une masse d’épargne liquide et disponible (200 milliards) qui se prépare à descendre sur les marchés de consommation ou alors venir financer les entreprises.

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En dehors de ce qui a été prévu et acté au niveau européen, la France n’aura pas besoin d’un nouveau plan de relance pour 2021.

L’opinion publique et les médias ne veulent pas voir deux événements très bien analysées par Bercy.

Le premier est que les entreprises qui vont avoir du mal à respirer, sont des entreprises à risque parce qu’elles avaient beaucoup de facteurs de comorbidité avant même le premier confinement.

La question-là est politique. Quelles entreprises sauver, pourquoi et comment ? L’Etat n’a pas à prendre en assistance des entreprises, sauf à leur offrir une période de réadaptation, ce qu’il fait quand c’est possible.

Le deuxième évènement porte sur la gestion de l’endettement public que beaucoup d’experts économiques et de responsables politiques considèrent comme extrêmement dangereux pour l’avenir. Les marchands de la peur ajoutent de l’inquiétude à l’angoisse, parce que cet endettement est à très long terme, plus de 10 ans, et qu‘au cours des dix prochaines années, on peut tout de même dégager un taux de croissance positif qui permettra d’amortir la dette du même montant que la croissance, puisque les financements ont été acquis à taux zéro ou négatif.

Sauf accident européen de type systémique, sauf accident et crise sociale d’envergure, sauf crise politique majeure, la France et l’Europe peuvent sortir en bon état.

Ce qui est intéressant, c’est que ce scénario a été porté essentiellement par deux hommes : Emmanuel Macron et Bruno Le Maire.

Malgré le pessimisme français, le pari d’Emmanuel Macron était de vaincre la pandémie, ou du moins de la rendre acceptable

Le pari de Bruno le Maire était de croire que le système français resterait debout et rebondirait dès que la pandémie aurait disparu. Bruno Le Maire fait partie de ces observateurs qui ont toujours pensé que la France avait à traiter d’abord la crise sanitaire. La crise économique n’était pas une vraie crise endogène. L’arrêt du système de production n’a été que le résultat d’une mise en coma artificiel pour cause de virus. Une fois le virus terrassé, l’économie devait repartir.

La situation actuelle nous prouve peut-être que Emmanuel Macron et Bruno Le Maire ont gagné chacun leur pari.

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