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De Martin Luther King il y a 50 ans à Arnaud Beltrame aujourd’hui, la liberté à toujours conquérir
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Combat

De Martin Luther King il y a 50 ans à Arnaud Beltrame aujourd’hui, la liberté à toujours conquérir

C’est au nom de sa propre liberté qu’un individu devient citoyen dans l’acception qui est la nôtre du modèle républicain alors même que cet idéal de liberté est aujourd’hui menacé.

David Lisnard

David Lisnard

Porte-parole de François Fillon durant la campagne présidentielle 2017, David Lisnard est maire de Cannes depuis le 5 avril 2014. 

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Quand il est assassiné le 4 avril 1968 à Memphis, Martin Luther King n’avait pas vu son rêve devenir réalité. Les tensions raciales qu’il s’efforçait de combattre n’avaient pas disparu malgré de notables avancées, jusqu’à la promulgation de la loi sur le droit de vote en 1965 garantissant à tous les Noirs américains de pouvoir exercer leurs droits civiques sans entrave. Cinquante ans après, cette problématique demeure malheureusement vivace, et comme l’affirmait en 2015 le Président Obama « l’ombre de l’histoire raciale de ce pays plane toujours sur nous ».

Il n’en demeure pas moins que le combat pour la cause des Noirs américains mené par Martin Luther King marqua un tournant majeur dans l’histoire des États-Unis et peut nous servir d’exemple à l’heure où nous sommes confrontés à des questions relatives aux valeurs que nous devons protéger et promouvoir pour assurer le devenir de notre modèle de civilisation.
Celui qui fut sacré Prix Nobel de la paix en 1964 avait, dès les premiers temps de son engagement pour l’amélioration de la question raciale aux États-Unis, fait le choix de la non-violence en arguant notamment que son action était fondée « contre une injustice et non contre les Blancs qui peuvent avoir pratiqué cette injustice ».

Bien que contesté sérieusement par les tenants d’une approche plus radicale, revendiquant le « Black Power » et refusant l’assimilation à la société blanche américaine, le pasteur King, fidèle notamment à ses préceptes religieux mena durant toutes ces années un combat pacifique pour la liberté.

Liberté d’abord pour une femme noire, Rosa Parks, de rester assise dans un bus quand lui fut intimé l’ordre de céder sa place à un passager blanc. Liberté surtout pour les Noirs de vivre aux États-Unis comme des citoyens à part entière : leur émancipation ne devait alors pas à les arracher au peuple américain pour les enfermer dans une logique communautaire mais bel et bien les y ancrer au nom de leur propre liberté.

Car c’est au nom de sa propre liberté qu’un individu devient citoyen dans l’acception qui est la nôtre du modèle républicain alors même que cet idéal de liberté est aujourd’hui menacé.
Ces menaces qui pèsent sur nos libertés sont multiples. Elles peuvent être liées aux dangers inhérents aux nouvelles technologies si elles ne sont pas accompagnées et maîtrisées. Elles ont partie liée aux flux d’information non contrôlés qui émanent des réseaux sociaux. Elles sont présentes dans les restrictions législatives en matière de liberté d’expression sous la pression de groupes communautaristes. Elles sont toujours plus grandes quand nous mésestimons l’exigence que requiert une société libérale démocratique et que nous abandonnons, de renoncements anodins en lâche indifférence, notre propre responsabilité dans le gouvernement de la cité.

C’est une certaine idée de la liberté qui a conduit le colonel Arnaud Beltrame à agir pour libérer une otage des mains du terroriste qui la retenait et qui allait le tuer au nom d’une idéologie islamiste totalitaire que nous devons combattre aussi bien sur le plan sécuritaire et judiciaire que sur le plan culturel et des valeurs.

À quelques jours du 170ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage en France – le 27 avril 1848 – il semble plus que jamais nécessaire de rappeler comme l’a écrit Victor Schœlcher que la liberté renferme « la destinée suprême de l’homme ». Cette liberté, il faut certes continuer d’écrire son nom, mais il faut aussi pouvoir affirmer, comme Timothy Snyder, que « nous ne sommes libres que si nous choisissons nous-mêmes quand nous sommes visibles et invisibles ». Pour que ce choix soit encore le nôtre dans les années à venir, il nous faut impérativement lever le voile de l’ignorance qui pèse sur ceux qui pourraient être attirés par le trou noir de l’obscurantisme.

La veille de son assassinat, Martin Luther King déclarait être « allé au sommet de la montagne » et ne plus s’inquiéter. Puissions-nous la gravir pour mesurer l’étendue de nos responsabilités à venir.

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