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La café rend accro.
La café rend accro.
©Reuters

Sombre présage

De double expresso en latte, l'insidieuse addiction au café

Les addictions ne sont pas toujours là où l'on s'y attend. Nos rituels quotidiens, à la maison ou au travail, contribuent à nous rendre dépendants au café sans que l'on s'en rende compte.

Dan Véléa

Dan Véléa

Le Docteur Dan Véléa est psychiatre addictologue à Paris.

Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur les addictions, dont Toxicomanie et conduites addictives (Heures-de-France). Avec Michel Hautefeuille, il a co-écrit Les addictions à Internet (Payot) et Les drogues de synthèse (PUF, Que sais-je ?, Paris, 2002).

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Atlantico : Une étude britannique a mis en exergue qu'une femme sur dix déclare ne pas pouvoir vivre sans boire de café ; plus d'un tiers d'entre elles ressentent le besoin de commencer la journée par une tasse de ladite boisson. Ces chiffres sont-ils démonstratifs d'une dépendance ? Retrouve-t-on la même tendance en France?

Dan Véléa : Femmes ou hommes, en France comme à l'étranger, nous sommes tous égaux face à la consommation de café : dès le réveil et ensuite à l'arrivée au travail, lors de la petite pause et au minimum un café à midi.

Ce qui est démonstratif de la dépendance au café est la consommation régulière avec une consommation et un besoin de consommer journalier ; on le voit, lors des vacances, le nombre de personnes qui déclarent se passer facilement d'alcool ou de cannabis, qui sont utilisés de plus en plus en plus de manière anxiolytique et comme support quotidien face au stress. Par contre, peu de personnes arrivent à arrêter le café, voire pour certaines, simplement de le réduire.

Y-a-t-il des signes physiques prouvant un manque de caféine ? Ces réactions physiques sont-elles le signe d'une consommation excessive de café ? Les consommateurs ont-il ce sentiment d'être accro ? Cherchent-ils à y remédier, et par quels moyens ?

Les signes du manque passent par des signes physiques – tensions musculaires, raideurs, tremblements –, mais surtout psychiques – irritabilité, agressivité, somnolence voire agitation.

On parle de plus en plus de cette dépendance à la caféine, mais aussi aux amines stimulatrices et aux boissons énergisantes, avec des consommations dépassants plusieurs tasses, verres ou canettes par jour.

Quand les personnes se rendent compte de l'omniprésence du café et du besoin impératif de consommer, elles essayant de réduire drastiquement leur consommation, mais le plus efficace est la diminution progressive, doublée d'un apprentissage de la gestion du stress, de la relaxation, de la pratique d'une activité physique régulière. L'idéal pour arrêter de boire du café est de mieux gérer son emploi de temps et d'avoir une meilleure hygiène de vie.

Un expresso contient 80mg de caféine. A partir de quelle quantité journalière peut-on parler d'addiction ?

On ne parle pas en termes de quantité pour définir une addiction. Bien sûr, au-delà de 5 à 6 expressos par jour, il y a une forme de dépendance. Mais chaque personne réagit différemment à la consommation et l'effet d'addiction que va procurer une tasse de café chez quelqu'un ne va pas faire le même effet chez un autre. C'est surtout la régularité de la prise qui définit l'addiction. Si on ne peut pas se passer de café, alors on est "addict". En revanche un buveur occasionnel de café (une fois par jour par exemple) qui se dit accro, se trompe.

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