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Dalida, une garde robe de la ville à la scène : paillettes de rêve pour un destin tragique
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Dalida, une garde robe de la ville à la scène : paillettes de rêve pour un destin tragique

Virginie Romefort pour Culture-Tops

Virginie Romefort pour Culture-Tops

Virginie Romefort est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

 

Voir la bio »

EXPOSITION

DALIDA, une garde robe de la ville à la scène

INFORMATIONS

Palais Galliera

10 avenue Pierre 1er de Serbie

75008 Paris,

www.palaisgalliera.fr

Jusqu’au 13 août 

du Mardi au Dimanche, de 10H à 18h. Nocturnes Jeudi et Vendredi jusqu'à 21h.

Fermé, le  lundi et certains jours fériés.

RECOMMANDATION

EXCELLENT

THEME 

Le Palais Galliera  rend hommage à Dalida, artiste émouvante et passionnée, en exposant un ensemble de centaines pièces de sa garde robe, objet d’une récente donation de son frère, Orlando.

Celui-ci a souhaité que ce patrimoine, qui raconte l’incroyable histoire d’une jeune italienne partie d’Egypte avec une valise pleine de rêve, jusqu’aux consécrations dans des robes magnifiques, dont l’Olympia et les show télévisés furent des cadres privilégiés, soit conservé et exposé à Paris, dans le musée dédié au « Théâtre des Apparences ».

POINTS FORTS

A travers un parcours articulé en 4 périodes, de la jeune fille (1956 – 1965) à l’actrice, et de  la vedette ( 1966/1978) à la silhouette des  grands shows (1978/1987), l’exposition retrace les rêves de l’artiste, mais surtout la nature du lien qu'elle entretien avec la mode. Il dépeint la spécificité des choix de la chanteuse et s’inscrit  dans deux mondes, celui du quotidien et celui de la représentation.

La grande diversité de ses tenues,  qui évoluent avec la transformation de la femme et l’évolution de l’artiste, des modes et des musiques qu’elle interpréta.Tenues de jour, du soir, d’intérieur et de réception, Dalida mixait volontiers les robes de grands couturiers, (Balmain, Cardin, Jacques Estérel, Azzaro), pas si nombreuses  d’ailleurs, avec le prêt à porter de luxe ( saharienne et smoking St Laurent Rive Gauche) ou encore le prêt à porter plus simple ( garde robe hippy chic, des années 70 , composée notamment de calfans et tuniques rebrodées, de type oriental) .  

Un ensemble d’accessoires, (chaussures, lunettes ceintures) complète cette collection, comme une caverne de trésors.

 La superbe scénographie qui met en valeur cette donation, notamment dans la partie dédiée aux costumes de scènes des années 1980 et  grands shows télé, l’ensemble étant rassemblé dans une une vaste  « boite » dorée .

Dans cet ensemble impressionnant, j’ai retenu quelques tenues magiques :

- la version très music hall de la magnifique cape de meneuse de revue, en crin plissé, orné de franges, brodé de paillettes, strass et plumes d’autruche, créée par la maison Février, sur une body noir moulant , pour un hommage à Mistinguett et aux cabarets parisiens .

- Mais aussi la robe quelle portera pour « laissez-moi danser », tournoyante et largement fendue, brodée de minis plumes d’autruche orangées.

-  Ou encore  la combinaison pantalon en tulle  entièrement rebrodée de perles volantes, donnant une impression de nudité scintillante.

- Enfin le magnifique ensemble créé par Balmain pour son rôle dans « Parlez-moi d’Amour », mais qu’elle portera à de nombreuses autres occasions, dont le festival de Cannes .

Son vestiaire témoigne également de l’évolution de son métier, du récital, des feux du music hall et aux lumières de shows télévisés où l’artiste quitte la posture statique pour la danse, ce qui nécessite l’adaptation technique du vêtement qui ne doit alors entraver aucun mouvement  .

J’ai beaucoup aimé la mise en parallèle des  vidéos des shows  télévisés où elle apparait dans les tenues présentées, qui sont des modèles de sophistication, pensés comme  vêtements très fonctionnels, permettant toute les chorégraphies.

Mention spéciale à l’application pour smartphone ,  proposée  gratuitement par le musée, qui présente de manière originale et précise, le parcours de visite, et associe à une sélection de 26 vêtements les vidéos de l’artiste en situation  lors de shows ou d’extraits de  films .

POINTS FAIBLES

Je n’en vois pas. L’exposition combine  parfaitement documentation, création et émotion.

EN DEUX MOTS 

Un magnifique vestiaire, témoin du parcours d’une grande artiste qui a su marier son dialogue avec le vêtement et l’image qu’elle souhaitait offrir au public.

UN EXTRAIT 

Ou plutôt deux:

- «  La femme qui vit à fond sa féminité est par là même l’égale de l’homme »  Dalida.

- « Moi je veux mourir sur scène, devant les projecteurs, le cœur ouvert, tout en couleur … »

L’ARTISTE

Dalida, Christina Gigiolli, née au Caire  (1937), était italienne avant d'être naturalisée française.

Jeune mannequin elle rempote plusieurs concours de beauté dont le titre de Miss Egypte en 1954. Elle tourne dans plusieurs  films de série B en Egypte avant de s’installer en France. Ne parvenant pas à percer comme actrice, elle  se tourne vers la chanson et le cabaret.

Remarquée  à Paris par Bruno Coquatrix, elle participe à l’Olympia à un concours d’amateurs, « Les Numéros 1 de demain ».  Lucien Morisse, patron des programmes d’Europe 1, lui permettra de lancer son premier succès « Bambino » et prendra sa carrière en mains avant de l’épouser.

Star internationale,  son répertoire d’environ 2000 chansons est interprété en plusieurs langues. Elle aurait vendu 120 millions de disques de son vivant. C'est un des chanteuses populaires qui ont le plus marqué  le XXe siècle.

Première artiste française à s’initier au Disco  en 1975, elle est également une icône Gay.

A l’occasion du trentième anniversaire de sa disparition, Lisa Azuelos a réalisé  un très beau biopic  (sorti en janvier 2017) interprété  par  Sveva Alviti, qui est formidable de vérité et d’émotion. 

Au delà de son succès, la chanteuse ne parvient pas à trouver le bonheur dans sa vie personnelle, ponctuée de nombreux drames, dont les suicides de plusieurs de  ses compagnons.

Dépressive, Dalida met fin à ses jours le 3 mai 1987, à Paris.

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