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Cultiver son esprit anti-déprime grâce à Tom et Jerry
©Flickr

Bonnes feuilles

Cultiver son esprit anti-déprime grâce à Tom et Jerry

Voici le mode d’emploi pour que le crâne devienne une véritable machine à bonne humeur. Pour entretenir seul son moral, chasser les émotions négatives, il suffit d’appliquer des techniques scientifiquement validées, simples, pleines de bon sens, mais redoutablement efficaces. Des conseils, recettes, techniques, exercices et réflexions pour apprendre à vivre mieux avec ses états d’âme. Extrait de "Tout déprimé est un bien portant qui s'ignore" du Pr Michel Lejoyeux, aux éditions JC Lattès 2/2

 Michel Lejoyeux

Michel Lejoyeux

Michel Lejoyeux est professeur de psychiatrie et d’addictologie à l'université Denis Diderot. Il y enseigne aussi la psychologie médicale et coordonne le Diplôme d’études spécialisé en addictologie. Il est chef de service de psychiatrie et d’addictologie de l’hôpital Bichat et de Maison Blanche. Michel Lejoyeux est Président d’honneur de la Société Française d’Alcoologie et président en titre du Syndicat des Médecins des hôpitaux de Paris. Il a écrit aux Editions Plon est Réveillez vos désirs et Tout déprimé est un bien portant qui s'ignore aux Editions Jean-Claude Lattès. 

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Sortez de vos habitudes grâce à Tom et Jerry

Si vous entendez les mots « Tom et… », vous ajoutez « Jerry » depuis votre enfance. 

C’est avec ce genre de pensée automatique que certains ont pris l’habitude d’imaginer le pire. Ils pensent échec ou catastrophe quand on leur dit épreuve et ils voient danger quand on leur dit situation imprévisible. La déprime peut se comprendre comme un mauvais pli de l’esprit, une mauvaise manière d’anticiper. La bonne nouvelle est que l’on sait maintenant défroisser ces mauvais plis.

Celles et ceux qui laissent tourner en boucle dans leur tête des idées noires voient leur humeur changer du tout ou tout quand ils maîtrisent une technique simple : le blocage de la pensée. Cette capacité à ne pas penser de manière réflexe peut se développer.

On l’exerce en trois temps avec une liste de mots :

– Le premier temps est celui de l’apprentissage.

Apprenez à associer des mots qui vont naturellement ensemble :

  • Rusé… singe
  • Éclipse… soleil
  • Boeuf… pâturages
  • Vache… lait

Ces mots ne sont pas difficiles à apparier. Quand vous voyez l’un, vous pensez forcément à l’autre. Si vous les répétez trois ou quatre fois, le lien va être encore plus fort entre chacun des mots situés sur la même ligne. Quand vous lisez les mots de la première colonne, ceux de la deuxième colonne s’imposent à votre esprit. Ils vous sautent aux yeux et au cerveau.

– Au deuxième temps de l’exercice, vérifiez que le lien est bien fait entre chacun des mots de la première et de la deuxième colonne. Lisez successivement les uns et les autres. Dites ou écrivez : rusé, éclipse, boeuf, vache. Les autres mots vont arriver que vous le vouliez ou non : singe, soleil, pâturages, lait. Votre pensée est conditionnée. Votre esprit a acquis des automatismes.

– La dernière étape est la plus importante. Vous faites l’expérience du blocage de la pensée. Vous allez dire rusé et vous obliger à ne pas penser après au mot singe. Vous continuez avec éclipse et vous bloquez le mot soleil. L’expérience se poursuit jusqu’au quatrième mot.

Au début, c’est sans doute difficile, mais avec un peu d’expérience, les pensées qui arrivent naturellement à votre esprit ne vont plus s’imposer. Vous découvrez que les idées ne peuvent pas vous envahir. Vous savez y résister. Les automatismes ne vous dépassent pas.

Continuez l’exercice avec quatre autres paires de mots plus personnalisés ou plus chargés d’émotion.

Vous êtes en train de développer une grande aptitude antidéprime : le blocage de la pensée, l’assouplissement de vos automatismes. Vous pourrez vous servir de ce nouveau talent la prochaine fois que surgiront des idées tristes. Vous savez comment appuyer sur le frein de vos pensées. Vous ne dépendez plus de vos croyances tristes ou angoissantes. Elles sont des automatismes aussi faciles à bloquer que le mot Jerry qui vient après Tom. 

Les recherches sur l’arrêt de la pensée montrent que celles et ceux qui maîtrisent cette faculté sont moins exposés aux coups de déprime. Quand celle-ci vient, elle dure moins longtemps et elle est moins grave.

Extrait de  "Tout déprimé est un bien portant qui s'ignore", du Pr Michel Lejoyeux, publié aux éditions JC Lattès, 2016. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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