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Et si la crise était une vue de l'esprit plus qu'une réalité?
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Contre la crise : l'optimisme

Et si la crise était une vue de l'esprit plus qu'une réalité?

C'est la théorie du sociologue Michel Maffesoli dans son ouvrage "La crise est dans nos têtes" dont Atlantico vous livre en exclusivité quelques extraits.

Michel Maffesoli

Michel Maffesoli

Michel Maffesoli est Membre de l’Institut universitaire de France, Professeur Émérite à la Sorbonne. Ces derniers livres publiés sont "Écosophie" (ed du Cerf, 2017), "Êtres postmoderne" ( Ed du Cerf 2018), "La nostalgie du sacré" ( Ed du Cerf, 2020).

 

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Affrèrement : quand disparaît la loi sémite du père au profit  de la loi des frères.

Commerce : à comprendre dans son entièreté : commerce des biens, mais aussi commerce des idées et commerce amoureux.

Communautarisme : mot vide de sens caractérisant le déphasage de l’intelligentsia moderne et traduisant son incapacité à penser les mutations en cours.

Consumation : la sagesse populaire le sait bien : qui perd gagne. Il est des moments où la dépense, le bénévolat, le qualitative retrouvent force et vigueur. La postmodernité est du nombre.

Contrat (« Contrat social ») : être ensemble rationnel ayant marqué la modernité. En voie d’achèvement.

Création (créatif, créativité) : obnubilés par la « valeur travail », politiques et observateurs sociaux ont du mal à comprendre que cela ne fait plus recette. La création, quant à elle, est en phase avec l’esprit du temps.

Crise : jugement, heure de vérité, discerner ce qui revient dans le présent et non ce qui part.

Émotionnel : ambiance générale dans laquelle tout un chacun baigne et se laisse emporter.

Hypogée : quand vient le moment de quitter les sommets pour les souterrains, quand les valeurs de la modernit s’effacent au profit de celles de la pré-modernité

Imaginaire : atmosphère mentale mettant l’accent sur le prix des choses sans prix.

Ingrès/ingression : le contraire du progrès, énergie qui se focalise sur l’ici-maintenant.

Invagination du sens (Merleau-Ponty) : quand le sens est rapatrié dans le ventre du monde, quand les valeurs du matriarcat et du métissage l’emportent sur la raison spermatique, la loi du père et la dictature de l’Un.

Luxe : ce n’est pas simplement la luxure, mais bien ce qui est « luxé ». La vie ne se réduit pas à la simple fonctionnalité.

Orgie (orgiasme) : renvoyant, en de nombreux domaines, au partage des passions et des émotions collectives.

Pacte social, tribal ou naturel : quand le sociétal l’emporte sur le politique et l’économique ; quand l’aventure, l’expérience et l’aléa ont leur place dans la vie des hommes ; quand la raison s’efface devant les passions.

Postmodernité : conception spiralesque du monde qui accueille le retour des sociétés antiques dans la modernité et qui fait de l’émotionnel le nouveau paradigme sociétal.

Progrès (mythe du) : idéologie propre à la modernité mobilisant l’énergie, individuelle et collective, pour la realization d’une société « à venir » et aboutissant à la dévastation du monde.

Progressif (progressivité) : attitude d’esprit ayant le sens des limites, celui de l’implication dans ce monde-ci.

Puissance : à l’opposé du simple « pouvoir » (économique, politique, social), ce qui renvoie à une énergie fondamentale et venant du bas.

Réenchantement : la rationalisation généralisée de l’existence avait engendré le fameux « désenchantement du monde » (M. Weber) qui continue à inspirer la plupart des observateurs

sociaux. Le retour du festif, la multiplications des « sites communautaires » sur internet, le plaisir d’être traduisent, de fait, un indéniable réenchantement postmoderne.

Reliance imaginale : glissement du logocentrisme (rationnel et abstrait) au lococentrisme postmoderne (sensible) dans lequel le lieu fait lien.

Saturation : mécanisme soulignant, tout à la fois, l’impermanence et la continuité. La fin d’un monde n’étant pas la fin du monde.

Sentiment d’appartenance : manière de penser et de vivre en société mettant l’accent, au-delà de la simple raison, sur l’importance des affects.

Socialité : vivre-ensemble où l’imaginaire, le ludique, l’onirique ont leur part.

Sociétal : conception mettant l’accent sur l’entièreté de l’être-ensemble.

Synergie de l’archaïque et du développement technologique : caractéristique de la postmodernité où le retour des solidarités et générosités fondamentales est conforté par la cyberculture : les tribus et internet.

Tribus (tribalisme) : lien social pré-moderne et postmoderne reposant sur le partage d’un goût (sexuel, musical, sportif, religieux, culturel, politique). Cause et effet d’un « ideal communautaire » en gestation.

 

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