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Un site comme WeTruck prétend organiser du "cocamionnage" entre des particuliers et des entreprises de transport routier de marchandises.
Un site comme WeTruck prétend organiser du "cocamionnage" entre des particuliers et des entreprises de transport routier de marchandises.
©Reuters

Economie collaborative

Covoiturage en camion : les routiers peuvent-ils redevenir sympas ?

Avec un site comme "WeTruck", le "cocamionnage" voudrait chasser sur les terres du covoiturage, malgré une image très dégradée des camions auprès du grand public.

Hugues Serraf pour Drivy

Hugues Serraf est journaliste et directeur de la communication de Drivy, la plateforme Internet de location de voitures entre particuliers.

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Le concept d'économie collaborative est à géométrie variable, mais il concerne généralement des particuliers louant, prêtant ou vendant des trucs et des machins à d'autres particuliers via le Web. Il y a des exceptions bien sûr, puisque la "Ruche qui dit oui" met en relation des consommateurs avec des agriculteurs professionnels, mais il s'agit de vente de nourriture bio à des bobos et personne ou presque ne songerait à s'en offusquer...

Un site comme WeTruck, qui prétend organiser du covoiturage ou, plus précisément, du "cocamionnage" entre des particuliers et des entreprises de transport routier de marchandises, fait-il pour autant encore partie de cette grande famille ? Sans doute pas du point de vue des puristes. Est-ce que c'est grave ? Non parce qu'on s'en fiche.

De fait, tout ce qui permet d'optimiser l'usage d'un équipement quelconque, de réduire le gaspillage et de rapprocher des gens qui ne se rencontreraient jamais est une bonne chose. C'est en tout cas ce que se dit Victor Clément, le créateur de WeTruck : "Des centaines de milliers de camions sillonnent les routes et ont de la place en cabine ; pourquoi ne pas en faire profiter les voyageurs que ni le train, ni le car, ni même le covoiturage classique ne satisfont pour des questions d'horaires ou de nature de trajet?".

Comme la majorité des "startuppers", ce jeune diplômé de Neoma, l'école de commerce de Rouen affirme avoir eu son idée à la suite d'une mésaventure personnelle (ici, une affaire de grand mère à laquelle il devait aller porter un petit pot de beurre en rase-campagne bourguignonne ou quelque chose dans ce genre mais ne savait pas comment s'y rendre). Que l'histoire soit apocryphe ou pas, peu importe : dans un secteur où les marges sont aussi réduites que dans le transport routier, on conçoit que l'idée d'un revenu complémentaire ait pu séduire les entreprises.

Une vraie première mondiale

"Ce n'est pourtant pas ce qui a prioritairement intéressé les patrons que nous avons contacté", précise Victor Clément. Bien sûr, ils seront rémunérés par les passagers pour la prestation, mais ils y voient surtout le moyen d'améliorer l'image très dégradée des camions auprès du grand public. Ils se disent aussi que ça peut être agréable pour les chauffeurs, seuls pendant de longues heures dans leur véhicule".

Encore au stade de projet, WeTruck devrait démarrer ses premiers tests grandeur nature à la fin mai, pour une ouverture au public au quatrième trimestre : "Il y a encore pas mal de travail de développement de l'interface de réservation, compte tenu des spécificités des opérateurs, qu'ils fassent de la messagerie ou du frigo, beaucoup ou peu d'arrêts, etc. Mais nous avons la chance d'être aidés par l'incubateur de Néoma, qui nous héberge et nous fait bénéficier d'avances remboursables pour franchir ces étapes".

Sur un marché de la mobilité de plus en plus concurrentiel, son succès n'est pas assuré, a fortiori pour une authentique première mondiale sans réel point de comparaison. Même le modèle de rémunération du site n'est pas encore totalement fixé, le jeune entrepreneur hésitant entre un forfait demandée aux transporteurs ou une commission sur les 10 centimes par kilomètre que paieront les passagers. "Mais, bon on va apprendre en faisant et on affinera par la suite", lâche-t-il pas trop inquiet.

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