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Un texte furieusement personnel, délicatement universel signé François Cérésa.
Un texte furieusement personnel, délicatement universel signé François Cérésa.
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Coup de cœur de la semaine : un grand texte sur la relation père-fils

Que le dernier livre de François Cérésa obtienne ou non un prix littéraire, lisez-le. C'est un superbe hommage, universel, au père disparu.

Serge Bressan pour Culture-Tops

Serge Bressan est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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Livre

Poupe

de François Cérésa

Ed. du Rocher

278 pages

18,90 €

L'auteur

Né le 26 juin 1953 à Cannes, François Cérésa est écrivain et journaliste. Après avoir exercé divers métiers (maçon, peintre, menuisier, livreur, chauffeur de maître, démarcheur, cover boy, assistant sur des plateaux de cinéma…) et étudié la médecine et la philosophie (en cours du soir), il entre en journalisme en 1976 au "Nouvel Observateur" et au "Quotidien de Paris". Il publie alors un recueil de poésie puis signe en 1983 son premier roman, "Le Cimetière des grands enfants". Suivront une vingtaine d’autres romans dont la suite des Misérables de Victor Hugo en deux volumes : "Cosette ou le temps des illusions" et ""Marius ou le fugitif". En 2002, François Cérésa a publié "Moume", texte bouleversant rédigé peu après la mort de sa mère ; quatorze ans plus tard, après l’exercice "à la gloire de ma mère", il évoque son "mon père, ce héros" dans "Poupe", tout en continuant de diriger le mensuel "Service littéraire" qu’il a créé en 2007.

Thème

Un texte furieusement personnel, délicatement universel. Dans les premières pages, François Cérésa écrit : "Mon encre est ton sang et mon sang est ton encre. Qu’y a-t-il de plus beau, de plus sacré qu’un père ? J’aime à penser que tu es en moi. Pour te protéger comme tu m’as protégé pendant un demi-siècle".  

Oui, Poupe -surnom de Jean Cérésa- était un héros. Mieux : "Mon père, aristocrate et prolo, superbe et impulsif, étranger à la vulgarité, était un lion, un tigre, un guépard, tendre et dément, émerveillé de rien, aux mille expressions argotiques", écrit encore le fils. Au fil des pages, on acquiert la certitude que Jean Cérésa, né en Italie en 1926, a été un sacré homme, un père unique. Ce père qui le surnommera, petit enfant, "la Globule" puis, adolescent puis adulte, "mon grand". Ce père qui, longtemps, ne couvrira son fils que d’une indifférence bourrue tout en lui enseignant des valeurs, lui le manuel qui avait quitté l’école tout jeune, travaillé dans le bâtiment, monté dans l’échelle sociale, fréquenté des intellectuels (dont le journaliste Jean Daniel, le sociologue Edgar Morin ou encore l’historien André Burguière). Ce père, ce héros…

Points forts

- Une fois encore, avec "Poupe", François Cérésa rappelle qu’il est un écrivain d’élégance et de bons mots, de cavalerie légère et d’artillerie lourde.

- Dans ce "Poupe", dans ce qui restera Lettre au père jamais envoyée (comme pour Franz Kafka), François Cérésa l’écrivain brille des mille feux du respect.

- Avec les mots d’enthousiasme, les phrases vives et rythmées, François Cérésa le fils ne surjoue jamais l’amour pour ce père qu’il tenait pour sa forteresse, "toi, mon père. Toi l’immense qu’on avait surnommé Poupe. Toi et ton sourire à la Clark Gable. Toi la lumière. Toi le soleil"…

- "Poupe", ces temps-ci, c’est la plus belle illustration de l’écriture fine, rapide, puissante, pudique et lumineuse.

Points faibles

Il faudrait une bonne dose de malhonnêteté pour trouver un point faible (même minime, même infime) au "Poupe" de François Cérésa.

En deux mots

Un texte éblouissant, bouleversant, enthousiasmant qui restera, c’est certain, une référence quand on évoquera la relation père- fils. Et aussi un livre à savourer sans la moindre modération pour son écriture follement stylée !

Une phrase

"Qui se souviendra de lui sinon moi. Il est entré à l’hôpital debout, il en est sorti les pieds devant. Je le croyais invincible. Et puis voilà. Il n’est plus. Je te revois à ton bureau, bien coiffé, un foulard autour du cou ; lunettes sur le nez, en train de lire. Tu ne faisais pas ton âge. Tu as toujours eu l’air jeune. Tu avais pourtant quatre-vingt-six ans. Un bel âge pour mourir, disent certains".

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