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Cet accroissement de la part de population qui se plaint de douleurs au dos est à corréler avec l'accroissement de la population des personnes âgées, en constante hausse depuis 1950
Cet accroissement de la part de population qui se plaint de douleurs au dos est à corréler avec l'accroissement de la population des personnes âgées, en constante hausse depuis 1950
©Reuters

On en a plein le dos

Comment nos vies nous amènent à souffrir de plus en plus du mal de dos

Partout dans le monde, les populations courbent l'échine, fragilisées par des douleurs au dos qui se font de plus en plus persistantes. Cette pathologie, parmi les plus handicapantes, devrait se faire plus commune encore au cours du siècle. Mais quelles en sont les causes ?

On vous voit venir. Pourtant, non, ce n'est pas à cause des écrans d'ordinateurs et de smartphones sur lesquels on se replie, que l'on souffre de douleurs dorsales. En revanche, ces postures provoquent bel et bien des douleurs à la nuque, si bien qu'un nom a même été donné à ce symptôme : le text-neck, en référence à la contraction musculaire qui apparaît après l'écriture d'un SMS. Mais pour ce qui est des douleurs lombaires, dans le dos, les causes de ce mal-être sont plus profondes, nous apprendThe Atlantic.

Les maladies virales et infectieuses sur le recul

Une nouvelle étude publiée le 8 octobre 2016 dans la revue The Lancet a rendu compte du Global Burden of Disease 2015, autrement dit ce que l'OMS appelle la charge mondiale de morbidité. Celle-ci est calculée afin de donner une image complète de l'état de santé mondial. Cette évaluation combine les années de vie perdues d'une mortalité prématurée et celles qui le sont du fait des années vécues sans être en pleine santé (cet indicateur est appelé DALY, pour Disability Adjusted Life Years). Et le constat est clair : si l'on vit plus longtemps qu'avant – dix ans de plus qu'en 1980 –, on passe bon nombre de ces dernières années dans un état de santé qui ne nous permet pas de pleinement en profiter.

Ce rallongement de l'espérance de vie est notamment dû aux progrès de la médecine effectués dans la lutte contre les maladies infectieuses et virales (voir PDF, page 39), dont l'impact, s'il était quasi nul dans les pays riches ayant achevé leur développement, a grandement diminué dans les pays pauvres : les infections pulmonaires, les pathologies diarrhéiques, la malaria et la rougeole sont aujourd'hui bien moins fatales qu'auparavant. De leur côté, les populations des pays développés voient cancers et maladies cardiovasculaires se multiplier en conséquence d'une alimentation trop riche, source d'obésité, de diabète et de cholestérol.

Le mal du dos nous gâche la vie

Toutefois, un mal semble bien prendre de plus en plus d'ampleur, dans les pays riches comme dans les pays en développement : le mal de dos. C'est simple : d'après les mesures effectuées lors de l'étude, ces douleurs chroniques prennent une place toujours plus importante dans la vie des personnes qui en souffrent. Huit Français sur dix devraient notamment en souffrir au cours de leur vie. En 1990, ces douleurs représentaient la douzième source d'handicap en termes d'années de vie "perdues" dans le monde. En 2015, elles occupent la quatrième place de ce triste classement, derrière les maladies cardiaques, neuronales et pulmonaires. Depuis 2005, préciseThe Atlantic, ce nombre d'années "perdues" a augmenté de 17%.

Pour l'un des scientifiques ayant participé à l'étude, Theo Vos, la progression de ces douleurs dorsales n'est pas due à la popularisation des smartphones et tablettes. Pour cause, ces appareils n'existaient pas en 1990, époque où le mal de dos était tout de même un souci sanitaire important. En revanche, le professeur de l'Université de Washington (Seattle, États-Unis) pointe du doigt la forte poussée de l'obésité, condition physique qui met à mal la colonne vertébrale. En effet, depuis 1980, le nombre de personnes en surpoids ou obèses a augmenté de 27,5% chez les adultes et 47,1% chez les enfants, élevant ainsi la part de personnes en surpoids à 37% de la population mondiale, est-il indiqué sur le site de l'Institute for Health Metrics and Evaluation. Mais surtout, cet accroissement de la part de population qui se plaint de douleurs au dos est à corréler avec l'accroissement de la population des personnes âgées, en constante hausse depuis 1950 – et dont le rythme d'augmentation devrait encore grimper à partir de 2020 (voir PDF, page 15).

Mode de vie

En effet, on retrouve dans la même étude les pays dont les populations sont les plus handicapées par les douleurs dorsales. Sans surprise, on retrouve l'Allemagne et le Japon, respectivement 1er et 6èmedu classement établi par la Banque mondiale, deux des pays dont les proportions de population âgée de plus de 65 ans est parmi les plus élevées au monde, à plus de 20%.

Si les progrès de la médecine ont permis d'efficacement lutter contre des pathologies virales et infectieuses, il en sera autrement plus difficile lorsque les "nouvelles pathologies", cancer, maladies cardiovasculaires et neuronales, et enfin douleurs chroniques les remplaceront en haut du classement des maladies mortelles. Car ces causes de décès et de détérioration de la vie ne sont dues à un organisme extérieur. Il s'agit là de pathologies dont nous sommes les principaux responsables.

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