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"Le problème de l'école de la République est que son mécanisme de fonctionnement est, à l'heure actuelle, fondamentalement injuste, inégalitaire et capitaliste."
"Le problème de l'école de la République est que son mécanisme de fonctionnement est, à l'heure actuelle, fondamentalement injuste, inégalitaire et capitaliste."
©Charles Platiau / Reuters

Le nettoyeur

Et si la gauche s'inspirait de San Francisco pour réduire les inégalités scolaires ?

Proposer "de vraies bonnes idées de gauche, intelligentes et ambitieuses" : c'est l'ambition du "nettoyeur"' Pascal Emmanuel Gobry. Deuxième épisode : réformer l'école en s'inspirant de la "formule pondérée par élève" mise en place à San Francisco.

Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.

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L'ascenseur social en France est brisé, avec des conséquences désastreuses pour notre cohésion sociale, notre économie, et la justice sociale. Ce qui a fait la force de cet ascenseur social dans notre histoire est l'école de la République, qui aujourd'hui ne remplit plus cette fonction. Au regard de l'ampleur des enjeux, le programme de François Hollande est d'une pauvreté à pleurer, alors même que la gauche, du fait de son histoire et de ses valeurs, est la mieux placée pour y répondre.

Certaines idées sont peut être bonnes, comme l'aide personnalisée aux enfants en difficulté ou une concentration accrue sur la petite enfance et les filières professionnelles et technologiques, ou même le recrutement de plus d'enseignants. Mais ce ne sont que des cataplasmes sur une jambe de bois quand on considère l'importance du défi.

Le problème de l'école de la République est que son mécanisme de fonctionnement est, à l'heure actuelle, fondamentalement injuste, inégalitaire et capitaliste, comme je l'avais expliqué naguère. Les enfants pauvres ou autrement exclus—handicapés notamment—n'ont tout simplement pas droit à la même école que les enfants riches. C'est sur cette injustice que la gauche doit se concentrer.

Comment ?

Un exemple peut être à tirer de la ville de San Francisco—une des villes les plus à gauche des États-Unis—qui a mis en place le système de la weighted student formula, ou formule pondérée par élève. De quoi s'agit-il ? Les écoles publiques reçoivent leur financement en fonction du nombre d'élèves qu'elles attirent, les incitant ainsi à améliorer leur fonctionnement et à expérimenter avec de nouvelles approches. Mais le principe de la formule pondérée, comme son nom l'indique, ne s'arrête pas là : la formule attribue un financement bien supérieur aux enfants de parents à bas revenus, et aux enfants aux besoins spécifiques, c'est-à-dire handicapés ou en difficulté.

Sans la pondération, un tel système de financement serait une garantie d'injustice : les écoles seraient en concurrence (comme c'est déjà le cas) pour accueillir les “meilleurs” élèves qui, du fait de leur capital social sont les enfants de privilégiés, tuant ainsi l'égalité et la mixité sociale.

Avec la formule pondérée, le mécanisme fonctionne à l'inverse : les meilleurs établissements se font concurrence pour attirer précisément les élèves qui en ont le plus besoin. On a donc une recette qui promeut une vraie égalité des chances et une vraie mixité.

Après quelques années, la transformation de l'école républicaine serait vive : on verrait beaucoup plus d'innovation et d'expérimentation dans l'éducation nationale ; on verrait surtout une vraie mixité dans nos meilleurs établissements, et une vraie égalité des chances pour tous.

Voilà une proposition ambitieuse, en phase avec les valeurs de la gauche et les besoins de la société. Voilà ce que j'attendrais d'une gauche ambitieuse et intelligente.

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