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Choisir son âge, un bon moyen
de lutter contre le temps
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Tic tac

Choisir son âge, un bon moyen de lutter contre le temps

Avoir 20 ans éternellement ? C'est possible, selon Eliane Cariou. Cette diplômée de philosophie livre sa recette miracle pour se sentir jeune. Un indice, tout se passe dans la tête. Extrait de "Les séniors sont sexy" (2/2).

Eliane  Cariou

Eliane Cariou

Éliane Cariou est diplômée en philosophie. Féministe engagée, elle est l’auteure de plusieurs livres, dont Secouez-vous les filles !, La Cuisine séduction, Du bon usage des hommes et Du bon usage des nanas, et d’un roman, La Fille de Dieu.
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Autre chose importante : ne pas croire à notre âge. Attention, je ne dis pas le nier, ni le refuser. Je ne dis pas non plus « ne pas y penser », pas plus que « s’en moquer ». NE PAS Y CROIRE, j’ai dit, comme ne pas croire au Père Noël, par exemple. Vous pouvez voir un bonhomme habillé en rouge avec une grande barbe et une hotte dans la rue. Il est là, bien réel, vous pouvez le toucher, pourtant vous continuez à affirmer : « Eh bien, non, je n’y crois pas ! » Il faut faire la même chose pour l’âge. Je vous vois sur le point de m’envoyer le SAMU, vous pensez que je suis atteinte de démence sénile… N’en faites rien, je vous explique.

Je sais qu’en France l’état civil est fiable, la date de naissance inscrite sur notre carte d’iden­tité est réelle. Moi qui vous parle, je suis bien née en 1944, pas en 1984, pas de doute là-dessus. Je suis donc née il y a soixante-cinq ans (peut-être plus, selon la date à laquelle vous lisez ce livre). OK. Peut-on dire pour autant que « j’ai » soixante-cinq ans ? Pas du tout. Je m’inscris en faux contre cette expression ridicule. Je ne les « ai » pas comme j’ai les yeux verts ou les cheveux châtains. Ces années ne font pas partie de moi, elles ne m’appartiennent pas. Je les ai VÉCUES, simplement, ce n’est pas du tout pareil. Est-ce que c’est cela, notre âge ? Le nombre d’années vécues depuis notre naissance ? Eh bien, moi, je vous dis que non. Ce nombre est juste une infor­mation administrative, rien d’autre.

Un vieux dicton affirme : « On a l’âge de ses artères. » Bonne remarque, car effectivement, à âge égal, on peut avoir les artères en tuyaux de pipe ou souples comme du caoutchouc. Dans le premier cas, on est déjà vieux, dans le second, on est encore jeune. Nos artères vieillissent plus ou moins vite et plus ou moins bien. C’est vrai pour tous les autres organes, avec d’énormes différences de l’un à l’autre dans le même corps humain. Tenez, dans mon cas, je dirai que mes oreilles ont au moins cent ans, ce sont elles qui vieillissent le plus mal chez moi. Par ailleurs, j’ai, d’après mon médecin, une colonne vertébrale « de jeune fille », un système cardio-vasculaire mieux conservé que la moyenne, la peau peu ridée, la ligne de mes vingt ans, les muscles encore assez fermes. Mais mon capital soleil est au bout du rouleau, ce qui provoque des taches brunes et des taches blanches sur ma peau, genre panthère mouchetée, vous voyez ? C’est la même chose pour vous : certains de vos organes sont vieux et d’autres jeunes, à la même période de votre vie.

Nous pouvons aussi avoir un âge choisi : celui que nous n’aurions pas voulu quitter, et que nous faisons tout pour perpétuer. Comme ces trentenaires qui chantent encore L’île aux enfants et dorment avec leurs peluches, ou ces hommes qui aiment se transformer en bébé, avec couches-culottes et biberons. Ça existe.

Et la mentalité ? La vieillerie des idées ou leur fraîcheur, la décrépitude ou la jeunesse du cœur n’ont rien à voir avec notre année de naissance.

Allez donc, avec ça, nous donner un âge ! Nous n’avons pas UN âge, nous en avons une multitude. Auquel faut-il croire ? À tous ? Je ne sais pas, c’est vous qui voyez ! Mais pas forcément et uniquement à celui de notre acte de naissance. Personnellement, j’ai décidé de croire à celui que j’ai toujours l’impression d’avoir. Mon âge inté­rieur profond : vingt ans.

Ces vingt années, les premières, quand je suis arrivée à leur terme, j’ai su que je les garderais. J’ai fait un arrêt sur image, tout simplement. Pas besoin de vendre son âme au diable pour rester jeune, peut-être qu’il suffit de le décider. Choisissez votre âge, ne le subissez pas. C’est le conseil que je vous donne, et c’est un mot d’ordre valable à tout âge, mais encore plus au nôtre : NE PAS SUBIR.

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Extrait de Les séniors sont sexy, Bourin Editeur, (7 mai 2012)

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