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L'emploi aux États-Unis repart à la hausse... mais cache des problèmes structurels importants
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L'emploi aux États-Unis repart à la hausse... mais cache des problèmes structurels importants

Le rythme des créations d'emplois dans le secteur privé s'est accéléré en février aux États-Unis, selon l'institut ADP. Mais le taux de chômage ne devrait pas baisser dans les mois à venir.

Inna Mufteeva

Inna Mufteeva

Inna Mufteeva est économiste, spécialiste des Etats-Unis chez Natixis.

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Atlantico : Les résultats de l'enquête mensuelle de la société ADP publiés mercredi, qui montrent une augmentation des créations d'emplois aux États-Unis dans le secteur privé, préfigurent-ils une reprise tangible ?

Inna Mufteeva : Cette accélération est un bon signe, puisqu'on a eu 216 000 créations d'emploi en février dans le privé, contre 173 000 le mois précédent. Mais le chiffre du taux de chômage officiel sera publié vendredi et les marchés prévoient qu'il reste stable, à 8,3%, avec une baisse du nombre de créations nettes dans les secteurs public et privé par rapport à janvier, qui était extrêmement fort. La population active avait augmenté et le taux de chômage a diminué de 0,2%. Le taux chômage est cependant passé de 9,1% en janvier 2011 à 8,5% en décembre 2011 : c'est positif, mais étonnant car le taux de croissance de 1,7% sur l’année 2011 est faible, en dessous de son niveau potentiel. Donc, soit la croissance pourrait accélérer – et la Réserve fédérale est convaincue que ce n’est pas le cas - soit les créations d'emplois ne sont pas durables et vont ralentir avant la fin de l'année. Ce qui peut expliquer le début de ralentissement qu'on observe.

Ces chiffres peuvent-ils avoir un impact en Europe ?

Les marchés ont une vision à court terme et sont surtout intéressés par la perception des événements. Il n'y aura pas d'impact sur les marchés si les chiffres de l'emploi sont en accord avec les attentes, même s'ils sont positifs, car il n'y aura pas d'effet de surprise.

En Europe, les problèmes sont surtout domestiques, la situation aux États-Unis a donc peu d'influence pendant les périodes de crise aiguë. Toutefois, la petite accalmie observée sur la zone euro et les bonnes nouvelles macro-économiques aux États-Unis ont pu aider au rebond des marchés qu'on a observé ces derniers mois. De plus, les indices de confiance des consommateurs et des entreprises montrent une amélioration, ce qui pourrait se traduire par des anticipations des marchés optimistes vis-à-vis de la reprise économique.

L'économie est donc dans un cycle positif ?

Le problème, c'est que même si la tendance économique est encourageante, la reprise reste assez fragile et tous ces chiffres positifs ne sont pas forcément durables. Je ne suis pas aussi optimiste que le marché, car les problèmes structurels de l'économie sont toujours là : le désendettement des ménages, la reprise extrêmement lente du marché immobilier, le taux de chômage toujours élevé et les salaires qui stagnent. Par ailleurs, la récession en zone euro pourra avoir un effet négatif sur les exportations américaines. Depuis deux ans, les États-Unis sont dans une situation de reprise molle. C'est mieux que la récession en zone euro, mais c'est loin d'être une reprise forte. Il faut donc rester prudent.

Propos recueillis par Morgan Bourven

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