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Une ferme aux insectes.
Une ferme aux insectes.
©Belatchew Arkitekter

Innovant

Ces fermes à insectes ultra modernes atteindront-elles leur objectif de vous convaincre de manger de la vermine ?

Les architectes de Belatchew Arkitekter en Suède viennent de concevoir un projet audacieux : la construction d'une ferme aux insectes afin d'éduquer les populations à cette pratique.

Il y a un peu plus d'un an, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) se montrait alarmante. Selon elle, "d'ici 2030, plus de 9 milliards de personnes devront être nourries, tout comme les milliards d'animaux élevés chaque année" pour satisfaire divers besoins. Et ce, alors même que "la pollution des sols et de l'eau dus à la production animale intensive et le surpâturage conduisent à la dégradation des forêts". Dès lors, comment faire pour nourrir autant de bouches ? L'ONU avait émis une hypothèse : manger des insectes. Mieux, l'organisation internationale avait fait savoir qu'elle lançait un programme encourageant l'élevage à grande échelle de ces petites bêtes : un aliment qu'elle jugeait bon marché, écologique et "délicieux".

Cette idée miracle a été bien entendue par les architectes du groupe Belatchew Arkitekter. A Stockholm, ces designers viennent de présenter leur tout nouveau concept ayant pour objectif d'amener les gens à manger des insectes. Concrètement, selon le site City Lab, ces architectes ont détaillé les plans de leurs futures "fermes de la vermine" qui devraient voir le jour en 2018 : elles devraient permettre de nourrir l'ensemble de la population de la capitale suédoise. Sachant que la ville devrait être habitée par 940 000 habitants à la fin de l'année 2018, il s'agit d'un projet ambitieux...

Appelées "Buzz Buildings", ces habitations, au nombre de neuf, ressembleront à des beignets géants et possèderont en leur sein d'immenses jardins. Ces fermes de la vermine se situeront à neuf ronds-points stratégiques de la ville sur une surface totale de 500 000m². Entre grillons, abeilles et criquets, ce sont donc des milliers de variétés différentes d'insectes qui seront élevées afin de rendre la population auto-suffisante en protéines. Une solution alternative à l'élevage de bœufs et autres bétails.

Si rien n'a encore été totalement arrêté, City Lab croit savoir que chaque ferme possèdera son propre restaurant servant entre autres des bols de soupe de grillons et autres insectes fraîchement cuits. Les concepteurs du projet expliquent que "contrairement à la préparation occulte de la viande, ces fermes invitent le public à observer, participer et contrôler le lieu d'où vient leur nourriture". 

L'an dernier, lors du lancement de son programme, la FAO avait indiqué que les milliards d'insectes vivants sur Terre "présentent des taux de croissance et de conversion alimentaire élevés et ont un faible impact sur l'environnement pendant tout leur cycle de vie". Les experts de l'ONU avaient estimé que quelque 900 espèces d'insectes étaient comestibles. La consommation d'insectes, qui porte le nom savant d'entomophagie, est répandue depuis toujours dans les cultures traditionnelles de certaines régions d'Afrique, d'Asie et d'Amérique Latine. Alors que deux milliards d'êtres humains en consomment déjà, l'élevage d'insectes apparait donc comme une solution aux avantages indéniables : alors que deux kilos d'aliments seulement sont nécessaires pour produire un kilo d'insectes, les bovins en exigent huit kilos pour produire un kilo de viande. Révolutionnaire.

Crédits photos : belatchew arkitekter

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