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Ouverture du Consumer Electronics Show (CES) à Las Vegas.
Ouverture du Consumer Electronics Show (CES) à Las Vegas.
©Reuters

Show must go on

CES 2014 : une belle occasion de reconnaissance pour la French Tech

C'est à Las Vegas que s'ouvre aujourd'hui le plus grand salon high-tech du monde : le Consumer Electronic Show, édition 2014. Comment la France va-t-elle mettre en avant la French Tech face aux géants ? Réponses.

Atlantico : Le Consumer Electronic Show (CES,) plus grand salon high-tech du monde, a ouvert ses portes ce mardi à Las Vegas. Tablettes, smartphones, téléviseurs, vêtements connectés et autres nouveaux gadgets sont en démonstration dans les plus grands palaces et casinos de la ville. Comment la France va-t-elle se faire une place face aux géants américains et asiatiques ? La France est-elle assez épaulée pour se démarquer ?

Denis JacquetLa France, pour une fois, grâce à l'action des Assises de l'Entrepreneuriat  a enfin une représentation massive au CES de Las Vegas. C'est la première fois. Un peu tard après des années d'existence de ce salon géant, mais c'est un début. Second élément positif, la présence de nos institutionnels. Ce ne sont pas eux qui feront de nos entreprises un succès, mais le fait de les récompenser, les encourager, les soutenir est un geste fort que les entrepreneurs apprécient. C'est aussi un élément qui attire la presse, la presse attire l'attention et de l'attention naît l'audience. De l'audience, le business. Donc c'est une opération gagnante pour nos PME présentes à Vegas.

La participation à un salon, comme l'hirondelle, ne fait pas le printemps. Ce n'est donc pas notre présence à un salon qui fera la différence. Mais le fait de multiplier les innovations et les montrer là où elles ont un impact est un excellent point de départ, et nos innovateurs sont excellents, et remportent régulièrement, y compris à Vegas, les prix de la presse ou du public et des professionnels. Nous pouvons donc en tirer des conséquences afin de multiplier notre présence massive sur tous les salons les plus essentiels et multiplier ainsi les chances de succès. Ensuite, il nous faut effectivement une politique française au service de la recherche, de l'investissement, et une meilleure culture de la mise sur le marché, du marketing, de la transformation en business de nos produits souvent uniques. Sur ce dernier point, c'est une question de culture et plus une question ni politique, ni de communication. Les Français ont les cartes en main, à eux de mieux jouer la main et d'en faire des succès mondiaux.

Gilles Babinet : La France va sans aucun doute réussir à se faire une place car il n'y a pas domaines critiques pour être au CES. Il faut être très bon dans un secteur en particulier et se démarquer de cette façon-là.

Quelles sont les nouvelles technologies mises en avant par l'Hexagone ? Y a-t-il des produits français déjà existants mais exposés du fait qu'ils se soient sensiblement développés ?

Denis Jacquet :  La France sait innover dans tous les domaines. Nous avons d'excellents ingénieurs et quelques traditions bien ancrées sur les énergies, la santé, le jeu, internet et le logiciel même. Pour la robotique, il nous manque bien entendu la puissance d'un Sony, Microsoft, HTC ou Samsung afin de les distribuer mondialement. Néanmoins, le brevet, les licences, la distribution ne sont pas interdits à nos produits ! Le CES sera l'occasion une fois de plus de consacrer l'innovation à la française. En produits électroniques embarqués multi-usage comme le propose Knowledge Consulting, certainement la seule entreprise antillaise présente ! Ou bien les clés du XXIe siècle, sous forme de son crypté émis depuis un portable comme le propose Okidokeys d'Openways. Ou encore Cityzen Sciences, qui créé du textile connecté. Ou enfin Taztag, 80% de son chiffre à l'international, qui vend des solutions nomades cryptées dans le monde entier. Et les grands comme Parrot, très exposés effectivement, et qui s'envole comme ses drones à notre plus grand plaisir. Enfin des sociétés comme Oscaro, qui est en passe de devenir le leader mondial de la pièce auto sur internet, avec près de 300M de $ de chiffre d'affaires prévu cette année, souhaite démontrer par sa présence dans les allées, et son centre de R&D à Palo Alto, comment il va devenir le leader de l'intelligence embarquée pour l'automobile mondiale. Nous trouvons donc au CES à la fois des start-up, innovantes mais débutantes qui sont regroupées dans les stands d'Ubifrance, que nous avons souhaité lors des Assises également. Mais aussi des poids lourds, déjà mondiaux par la taille ou la répartition des clients. De moins d'1 million à plus de 300 millions. C'est la magie du CES. Chacun a sa chance, il faut savoir la saisir.

Gilles Babinet : La France se débrouille très bien dans le domaine des objets intelligents avec des sociétés françaises comme Withings ou encore Parrot, par exemple. Ainsi, Archos vient de lancer un portable 4G.
Les nouvelles technologies mises en avant viennent surtout du domaine de l'objet communiquant, de l'objet connecté avec le Cloud. Cette année, je remarque qu'il ne s'agit presque que de hardware et que des produits nouveaux.

Le CES 2014 attend durant trois jours plus de 3200 exposants pour 36 000 visiteurs et 140 représentants de gouvernements. Quelles sont les secteurs qui vont se démarquer, tous pays confondus ?

Denis Jacquet Difficile encore à dire, les jours à venir vont nous le dévoiler progressivement ! Cette gigantesque vitrine va certainement faire la part belle à la robotique, les objets connectés, les avancées électroniques grand public, la musique et les jeux, car le salon reste généraliste et couvre tous les domaines. Les nouveaux téléviseurs, connectés et 3D seront surement à nouveau à l'honneur. Mais les véritables innovations majeures, tapies dans l'antichambre du Venetian (l'hôtel Venise), seront dévoilées à partir de demain matin. Les km2 de stand sont tellement denses, que tout visiter reviendrait, toute proportion gardée, à vouloir voir le Louvre en 2 semaines alors que la visite de toutes ses salles prendrait plusieurs mois. Les grands sont tous là. Sony, Samsung, LG... se livrent une bataille sans merci, sur le terrain de la communication, puisque Sony avait notamment fait venir Bill Clinton l'année passée ! Vous avez raison de noter la présence des gouvernements, car si le nôtre est présent cette année, ceux des autres pays sont présents tous les ans, et depuis le départ. Il faut espérer que cette embellie en 2014 ne soit pas qu'un "one shot", un feu d'artifice sans lendemain et que cela ancrera dans l'esprit de nos représentants la certitude que les PME soutenues et encouragées sont des PME gagnantes.

Gilles Babinet : On l'a vu, d'une façon générale, l'objet connecté est une bonne tendance. Quant aux téléviseurs incurvés, ça fait le buzz pour la presse mais ce n'est pas pour autant que ça va se vendre.
Je remarque avec grande surprise que ce sont les nouveaux acteurs qui innovent. Pas Apple, pas Samsung mais des petites start-ups, qui grandissent extrêmement vite

Propos recueillis par Marianne Murat

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