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Les vacances scolaires sont un véritable casse-tête pour les parents et un cauchemar pour les entreprises.
Les vacances scolaires sont un véritable casse-tête pour les parents et un cauchemar pour les entreprises.
©REUTERS/Alessandro Bianchi

Les entrepreneurs parlent aux Français

Ce (lourd) tribut que paie l'économie française aux vacances scolaires

Les vacances scolaires sont un véritable casse-tête pour les parents et un cauchemar pour les entreprises. Revenant toutes les 6 semaines, elles font traîner les projets en longueur, cassent le rythme de travail des employés et génèrent un non suivi des dossiers.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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De temps à autre, il faut des sujets légers. Comme la digestion, facilitée par un repas léger. L’actualité quotidienne est marquée par des sujets dramatiques qui pèsent sur notre quotidien et provoquent de terribles ballonnements.

Des enfants enlevés, violés, abusés. Par des personnes dangereuses, qui se baladent paisiblement dans la nature, dans nos écoles, malgré leurs antécédents. Une justice bien étrange et un manque de coordination inquiétant à l’heure de la profusion de l’information. Il y a manifestement plus d’investissement dans l’échange d’information entre administrations pour que le fisc retrouve tous les contrevenants qu’entre la justice et l’éducation nationale. Plus de punitions pour les automobilistes au nom d’une soi-disant de prévention que de surveillance des récidivistes. Surprenant.

Des exilés qui coulent chaque jour au large des côtes européennes, fuyant des conflits que les Occidentaux, ou plus exactement nos brillants politiques, américains et européens, ont provoqué. Parce que qu’ils voulaient, par aveuglement, "boboisme" ou encore basique intérêt financier imposer la définition de la démocratie de nos pays "développés" à des pays qui ne sont pas prêts à l’assumer. Des pays dont l’unité est maintenue, certes durement, par des despotes. Ce que l’on peut regretter, mais qui reste moins pire que le péril qui s’est depuis abattu, depuis, grâce à cette "libération occidentale", en Lybie et en Iraq, et que l’on voulait étendre à la Syrie, en armant il y a quelques mois encore, ceux qui désormais tuent chrétiens et même musulmans, kidnappent les enfants et relèguent les femmes au rang d’objets, avec les armes que nous leur avons données.

Des avions qui s’abattent seuls, transformés en poussière, par la folie de malades que leur compagnie ne contrôle pas assez, et dont les dirigeants fuient les questions embarrassantes, plutôt que d’assumer leur responsabilité, par respect des familles de ces victimes innocentes.

Bref, l’actualité n’est pas rose. Les résultats du gouvernement non plus. Ceux de l’opposition pas plus. Chacun dans son camp, ces militaires de l’élection, les yeux rivés sur la ligne bleue de 2017, continuent de mépriser les Français, concentrés qu’ils sont tous, sur les calculs politiques qui pourraient leur assurer la victoire. Sur les calculs personnels qui leur permettraient de contrôler, tuer ou annihiler leurs adversaires, ou encore les petites recettes de cuisine électorale qui permettront d’assurer la perpétuation de l’espèce. La situation de la France, des Français, de l’économie, la réflexion de fonds, le fait d’offrir une vision ou une réinvention de la définition du courage en politique et du sens de l’Etat, n’est manifestement pas ce qui obsède, du réveil au coucher, ces hommes et ces femmes, pour qui le Français n’est pas un homme à qui ils doivent un avenir, mais un votant qui doit assurer le leur.

Cette obsession pitoyable et indécente, quand chaque jour quelques centaines de personnes perdent leur emploi, cette prétention bien mal placée de la droite, qui récupère des votes qu’elle n’a rien fait pour mériter, quand son seul programme réside dans la mise en avant des résultats navrants de ses adversaires  ou la diabolisation du FN. Comment peuvent-ils penser que le souci des Français consiste à savoir si la motion de Martine Aubry, une ombre qui devrait rester cantonnée à un passé bien triste, passera ou non ? Comment peuvent-ils penser en 2015, pour nous, que le fait de savoir qui de Juppé ou Sarkozy sera le meilleur candidat (le moins pire ?), quand tout le monde s’accorde à penser qu’ils ne le sont ni l’un ni l’autre, a une quelconque importance ?

Alors face à ce bien triste spectacle, ces drames et ces petites histoires bien lamentables, je vous parlerai rapidement d’un sujet agréable. Les congés. Les congés sont une fatalité, que le rythme scolaire a imposé à notre pays. Par le jeu d’une répartition des rythmes scolaires, bien étrange, qui consiste à "gaver" nos enfants de connaissances souvent inutiles et bien mal délivrées, en échange de congés indispensables à la digestion de tant de "nourritures spirituelles", a un rythme infernal, qui ramène la société française toute entière aux avions, trains et autres voitures, toutes les 6 semaines.

Toutes les 6 semaines les salariés, plutôt que de s’arracher les cheveux sur la façon de gérer le sort de leur progéniture, ainsi livrée à elle-même, pendant 10 à 15 jours à chaque fois, préfèrent partir en congés. Excellent pour le commerce, bien embêtant pour les entreprises. Retards en chaîne, projets qui traînent en longueur, rythme cassé et cauchemar à gérer pour assurer les urgences et projets en cours. Nos amis européens et américains, se disent admiratifs d’un modèle qui parvient à nous conserver la place de 6ème puissance mondiale, malgré de tels handicaps. Ce qui signifie que nous sommes vraiment bons me direz-vous. Mais qui signifie surtout que nous serions excellents, si nous étions un peu plus organisés. Une pensée presque douloureuse, à la veille d’un mois de Mai, qui arrive à grand pas, avec dans sa hotte, 3 semaines consécutives, marquées comme un champs de mine économique, 3 jours fériés, veille de week-end ! Est ce bien raisonnable dans un pays sans croissance et des millions de chômeurs ?

Si j’étais Emmanuel Macron, je m’attaquerais à ce fléau, c’est un tue l’amour de croissance. Rendre le mois de mai à la France, ce serait offrir du muguet à chaque entrepreneur. Ainsi la fête du travail serait celle du mois où l’on travaillerait enfin ! Je vous laisse méditer cela pendant vos 15 jours de congés… Il y aura interro à la rentrée.

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