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Brave, le nouveau navigateur qui versera aux utilisateurs 15% de ses revenus et bloquera les pubs... mais que vous n'adopterez pas forcément pour autant
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Brave, le nouveau navigateur qui versera aux utilisateurs 15% de ses revenus et bloquera les pubs... mais que vous n'adopterez pas forcément pour autant

Lancé en test en janvier dernier, le logiciel provoque la colère des médias en ligne, qui menacent d'aller en justice.

Vous l'avez probablement remarqué. Ces dernières semaines, de nombreux médias en ligne français ont lancé ensemble une parade anti "Ad Block", ce programme permettant de supprimer une bonne partie des publicités sur internet. Certains sites se contentent d'un message d'avertissement tandis que d'autres, comme Le Figaro et Le Parisien interdisent l'accès aux articles si le fameux logiciel n'est pas désactivé. La publicité est devenue indispensable pour de nombreux sites qui peinent à trouver un modèle économique. Le logiciel Ad Block a ainsi été téléchargé par près de 200 millions d'utilisateurs et représente une perte sèche de 22 milliard d'euros de revenus.  

Cet énième épisode de guerre entre les médias (ou simplement les sites qui proposent du contenu) et les opposants à la publicité s'ajoute à une nouvelle menace venue d'un génie Américain. Il s'appelle Brendan Eich et il fait partie des grands pionniers de l'informatique, notamment en étant l'inventeur du langage JavaScript, l'un des plus utilisés pour concevoir les pages web. Il l'a créé en 1995 pour le compte de Netscape, premier navigateur populaire de l'histoire d'internet. Lorsque celui-ci périclite, il prend part à Mozilla, qui développe le navigateur Firefox, avant d'en devenir le directeur général. En 2014, ses positions contre le mariage homosexuel aux Etats-Unis le poussent à la démission. Le voici libre comme l'air et prêt à se lance dans une nouvelle aventure : elle s'appellera "Brave."

Son projet est ambitieux. Il souhaite développer un nouveau navigateur web ultra-sécurisé en se concentrant sur les pubs. C'est en effet par ce biais que beaucoup d'ordinateurs sont infectés par des virus. C'est d'ailleurs le mal dominant sur internet. Les publicités s'avèrent de plus en plus intrusives et de nombreux programmes malveillants se glissent dans les données de l'ordinateur pour le ralentir toujours plus. Comme l'explique le site Silicon, "plus de 50 000 extensions pour navigateurs web et plus de 34 000 applications" contiennent des "injecteurs de publicité" qui viennent ajouter des bannières supplémentaires. L'idée de Brendan Eich est donc de bloquer ces programmes et d'éviter d'alourdir les sites car les pubs sont largement responsables des ralentissements, notamment sur les smartphones. Mais son concept ne s'arrête pas là puisqu'il propose aussi de supprimer ces encarts via un programme déblocage intégrés à son navigateur Brave. De quoi horripiler les créateurs de sites. Et ce n'est qu'une première option car la seconde promet d'aller plus loin. Non content de supprimer les pubs, il propose de les remplacer par les siennes, ou plutôt celles de ses annonceurs. Pour lui, le deal est honnête puisqu'il reversera 55% de ses profits aux éditeurs. Quant aux internautes, ils seront mieux protégés et les publicités seront plus légères. Mieux, il promet même 15% des revenus aux utilisateurs sous forme de monnaie virtuelle qu'ils pourront dépenser ou donner aux sites qu'ils fréquentent. "Brave est la solution, pas le problème" assure ainsi la jeune entreprise de Eich.

Mais l'idée n'a pas vraiment fait d'émules chez les éditeurs. Jeudi 7 avril, dix-sept éditeurs de presse américains, représentant 1200 journaux dont les plus prestigieux (New York Times…) ont interpellé la société via une lettre acerbe. "Il serait illégal pour une entreprise de détourner l’ensemble des contenus du Web à son propre bénéfice" affirment-ils, soulignant qu'ils seraient "prêts à engager toutes les procédures légales nécessaires." Si le pari de Brendan Eich fonctionne, la navigation et le modèle économique attenant risque de nouveau d'être bousculé par cette "ubérisation". Difficile dès lors de prévoir si les éditeurs pourront s'en remettre. 

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