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twitter censure modération suppression de compte cancel culture jack dorsey donald trump
twitter censure modération suppression de compte cancel culture jack dorsey donald trump
©DIPTENDU DUTTA / AFP

Modération

Biais au grand jour : quand Twitter suspend les comptes qui parodient (gentiment) la Cancel Culture et le néo-progressisme

Twitter a la capacité de supprimer ou de modérer certains comptes et messages sur sa plateforme. Que révèle le choix des suppressions de comptes Twitter des objectifs idéologiques de l'entreprise américaine ? Des moyens numériques existent-ils pour échapper à ces biais cognitifs ?

Bruno Walther

Bruno Walther

Bruno Walther est un entrepreneur et un spécialiste de l'Internet français. Il est co-fondateur et CEO de Captain Dash. En janvier 2010 il abandonne la présidence d'OgilvyOne pour créer avec Gilles Babinet une start-up, CaptainDash focalisée sur la Big Data et la génération de cockpit marketing à destination des directions marketing. En 2012, il obtient, à New York, avec Gilles Babinet le prix "Global Entrepreneur Public Award" pour le travail qu'ils réalisent avec Captain Dash pour rendre la planête plus intelligente.

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Atlantico.fr : Comment Twitter fait-il le choix entre les comptes / tweets à supprimer, suspendre ou laisser actifs ?

Bruno Walther : Contrairement à ce que certains semblent croire, Twitter n’est pas un commun, un bien collectif, c’est une plateforme qui appartient à Twitter Inc. C’est une lapalissade mais Twitter est chez lui. Il est absolument souverain. C’est lui qui décide selon son bon vouloir ce qui peut y être publié ou pas. Il peut en toute subjectivité et avec un arbitraire absolu supprimer, suspendre ou laisser actifs des comptes. La modération est aux réseaux sociaux ce qu’est une conférence de rédaction à un média classique, elle permet de définir une ligne éditoriale. En la matière la ligne de twitter n’est pas limpide. Ici il laisse passer des contenus objectivement racistes, là il supprime des comptes progressistes. Nous sommes dans le règne de l’arbitraire subjectif. 

Que révèle le choix des suppressions de comptes Twitter des objectifs idéologiques de l'entreprise américaine ?

Le paradoxe de Twitter et de Jack Dorsey est qu’il s’agit d'une entreprise qui s’affiche clairement comme progressiste. Il y avait derrière Twitter l’idée de construire un service qui rende le monde plus libre, plus transparent et qui permette des échanges plus verticaux. La grande idée de Twitter est d’être un outil au service de l’intelligence collective. Et aujourd’hui que voyons-nous ? Twitter est devenu le vecteur de l’ignorance collective, l’espace de l’insulte permanente, le royaume des fake news. Que Trump et Bolsonaro fassent de Twitter leurs espaces d’expressions préférées doit être une grande souffrance pour Jack Dorsey. Il faut imaginer que c’est un entrepreneur qui place l’élégance et la finesse au-dessus de tout. Il voue une double passion à la méditation et à l’écoute d’une radio française pointue, FIP. C’est très très éloigné du torrent de vulgarité qu’est Twitter. On a un peu l’impression que les suppressions de comptes Twitter sont des tentatives désespérées de Dorsey de reprendre la main sur une plateforme qui incarne ce qu’il méprise.

Quelles sont les moyens numériques à notre disposition pour échapper à ces biais cognitifs par algorithme ?

Aucun. Twitter est absolument souverain chez lui. Il peut vous radier d’un simple clic. C’est toute la beauté d’un réseau privé. Je ne serais pas étonné que Jack Dorsey marque les esprits en supprimant le compte de Trump. L’essentiel de sa fortune provient aujourd’hui de Square. Il a les moyens de sacrifier ce qui reste de Twitter sur l’autel de sa vanité.

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