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La cote d’Olivier Besancenot n’avait cessé de décroître au sein du Nouveau parti anticapitaliste (NPA).
La cote d’Olivier Besancenot n’avait cessé de décroître au sein du Nouveau parti anticapitaliste (NPA).
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Bye bye 2012

"Besancenot a encore de l'avenir, mais peut-être pas au NPA"

Olivier Besancenot ne sera pas candidat à la présidentielle. Il en a informé les militants du NPA dans une lettre rendue publique ce mercredi. De quoi changer la donne pour 2012 ?

Christophe Bourseiller

Christophe Bourseiller

Christophe Bourseiller est écrivain, historien et journaliste.

Maître de conférence à l'Institut d'études politique de Paris, doctorant en Histoire à l'Université Paris I, Christophe Bourseiller  est spécialiste des extrêmes, de droite et de gauche. Il est l'auteur notamment de Mai 1981 raconté par les tracts (Hors collection, 2011) et de L’Extrémisme, enquête sur une grande peur contemporaine (CNRS Editions, 2012).

 

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Atlantico : Dans sa lettre envoyée aux militants du NPA, où il explique pourquoi il ne sera pas candidat à la présidentielle 2012, Olivier Besancenot écrit qu'il s'agit d'une "décision politique assumée", "sans grande surprise". Qu'en pensez-vous ?

Christophe Bourseiller : Ce n’est pas une surprise dans la mesure où  la cote d’Olivier Besancenot n’avait cessé de décroître au sein du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) ces derniers mois, en raison principalement des faibles résultats de ce parti et aussi de la crise idéologique que le NPA traverse depuis son dernier congrès.

Je pense que Besancenot a encore de l'avenir. Mais il n'est pas dit que cet avenir s'inscrive dans le cadre du NPA. Il est tout à fait envisageable qu'il s'en éloigne pour suivre une carrière politique. Ce ne serait pas la première fois qu'on verrait quelqu'un quitter un mouvement trotskiste pour faire une carrière politique ! Je ne dis pas qu'il va le faire, mais, compte tenu de son âge et de son talent, c'est envisageable.

Cette non-candidature marque-t-elle un échec du NPA à s'imposer sur la scène politique française ?

Ce n’est pas un échec du NPA. Ce parti appartient à une famille politique qui trouve son espace vital non pas dans les urnes, mais dans la rue. C’est lors des crises sociales, des grands mouvements syndicaux, qu'il existe véritablement.

Mais c’est vrai que le NPA se distingue de la LCR, son ancêtre, par un certain raidissement doctrinal : on pouvait imaginer que le NPA soit une formation plus ouverte, mais aujourd’hui ce groupe manifeste un certain sectarisme à l’égard de la gauche traditionnelle. C’est un phénomène nouveau. Par exemple, le NPA refuse systématiquement toute sorte d’alliance avec le Parti socialiste, ce qui n’a jamais été le cas de la LCR. Il refuse la stratégie du Front de gauche car il suspecte le Parti communiste de vouloir s’intégrer à une union de la gauche potentielle avec le PS.

Cette annonce d'Olivier Besancenot ouvre-t-elle un boulevard électoral pour Jean-Luc Mélenchon ?

Tout dépend de qui sera la candidat du NPA. C'est important de souligner que Besancenot n'est pas le leader du parti. Il n'en est que le porte-parole. Le NPA s'est d'ores et déjà doté de deux porte-paroles autres que Besancenot : Myriam Martin et Christine Poupin.

Pour 2012, le parti a le choix soit de rallier la candidature de Mélenchon, soit de présenter quelqu'un - c'est ce qui semble se profiler - qui soit issu du mouvement contre la réforme des retraites. Si le NPA présente un candidat issu du mouvement social, cela pourrait handicaper Mélenchon, mais je ne pense pas que la gauche de la gauche ait un boulevard. Je considère qu'il existe plutôt aujourd'hui une volonté de la part de l'électorat de gauche de rallier le PS en 2012 et je ne pense pas que Mélenchon puisse petre le troisième homme de la présidentielle.

Peut-on mettre en rapport l'effacement d'Olivier Besancenot pour 2012 et les querelles d'égo qui agitent le Parti socialiste ?

Je ne sais pas si l'on peut parler de querelles d'égo... De toutes façons, nous sommes ici dans un cadre différent, dans une culture trotskyste de renoncement à l'ego... l'idée que les candidats sont interchangeables... qu'on est serviteur d'un idéal.

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