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L'écrivain et bloggeuse américaine Linda Stone arrête de respirer en écrivant ses mails.
L'écrivain et bloggeuse américaine Linda Stone arrête de respirer en écrivant ses mails.
©Reuters

Faux buzz

Apnées numériques à trop vous concentrer sur l’écriture de vos e-mails : la nouvelle légende urbaine

Depuis peu circulent sur le net des articles à propos de ce que l'écrivain américain Linda Stone a appelé "email apnea" après s'être aperçue qu'elle s'arrêtait de respirer quand elle écrivait ses emails. Sa découverte n'est en fait qu'une pause respiratoire tout ce qu'il y a de plus banal.

Jacques  Samson

Jacques Samson

Jacques Samson est ORL chirurgien cervico-facial spécialisé notamment dans la prise en charge des patients se plaignant de ronflement et du risque d’apnée du sommeil. Il est membre de l’ASFORL (Association Française du Sommeil en ORL)

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Dans une tribune pour le Huffington Post américain, l'écrivain et bloggeuse américaine Linda Stone se demandait si elle était seule à s'arrêter de respirer en écrivant ses mails. Donnant au phénomène qu'elle pense avoir découvert, elle le nomme "email apnea", qui pourrait se traduire par "apnée des email" ou "apnée numérique". Le nom séduit certains médias et immédiatement il est repris, rapidement comparés aux apnées nocturnes. Le chiffre de 80% de victimes de ce syndrome parmi les utilisateurs d'ordinateurs est avancé. Atlantico a voulu y voir plus clair en interrogeant Jacques Samson, ORL chirurgien cervico-facial spécialisé notamment dans la prise en charge des patients se plaignant de ronflement et du risque d’apnée du sommeil.

Atlantico : Que penser de ce phénomène de courts arrêts de la respiration que serait l'apnée numérique ? Existe-t-il d'autres apnées comme celle-ci ?

Patrick Samson : Avant tout, la sensation que me donnent les papiers qui entourent ce "phénomène" est qu'aucun d'entre eux ne semble sérieusement documenté ni basé sur la moindre étude sérieuse. Le chiffre de 80% apparait absolument arbitraire. Le phénomène en lui-même n'a rien d'exceptionnel ou de nouveau. Il arrive souvent que le corps fasse des "pauses respiratoires" pour différentes raisons mais le corps relance bien évidemment le système respiratoire très rapidement à part peut-être dans certaines pathologies rarissimes. Ce qui est certain c'est que cela n'est en rien comparable avec les apnées du sommeil. 

Ces courtes pauses respiratoires sont-elles dangereuses pour le cerveau ? Pour d'autres organes ?

Le manque d'oxygène est bien entendu dangereux pour le cerveau mais une fois encore, dans le cas des pauses respiratoires il ne me semble pas que cela puisse entrainer quoi que ce soit de grave pour la simple et bonne raison que le corps humain ne se prive pas volontairement d'oxygène au point d'endommager le cerveau. Les apnées du sommeil quant à elles peuvent effectivement être dangereuses en entrainant, en plus des troubles du sommeil, une désaturation en oxygène qui peut toucher les "organes nobles".

A quoi sont dues ces pauses respiratoires ? Ont-elles une utilité de concentration ? 

Les pauses respiratoires peuvent effectivement aider à la concentration en focalisant l'attention l'espace d'un instant. Tous les tireurs d'élites par exemple, sportifs ou militaires ont dompté leur respiration depuis bien longtemps. Ils ne respirent pas au moment du tir. 

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