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Animaux câlins : proies et prédateurs peuvent-ils vraiment devenir amis ?
©CATERS NEWS AGENCY/SIPA

Copains comme cochons

Animaux câlins : proies et prédateurs peuvent-ils vraiment devenir amis ?

Amur, tigre d'un zoo de Sibérie, est devenu ami avec une chèvre alors qu'il avait déjà attaqué et mangé un tel animal par le passé. Si de telles relations contre-nature sont possibles, elles requièrent néanmoins un certain nombre de conditions qui en font un phénomène rare.

Atlantico : Beaucoup de vidéos circulent sur Internet montrant des amitiés improbables entre un animal prédateur et sa proie potentielle, comme dans la vidéo ci-dessous, où un tigre n'attaque pas une chèvre. Un prédateur peut-il être vraiment devenir ami avec sa proie ?

Claire Bentolila : Oui cela arrive, surtout avec des animaux de zoo, que l'on peut classer dans la catégorie "des animaux apprivoisés". Les animaux nés et élevés en captivité apprennent la sociabilité quand ils sont très jeunes. Ils ont l'habitude d'être avec d'autres espèces et sont plus tolérants.

De plus, ils sont nourris par l'homme, donc les prédateurs n'ont plus besoin de chasser pour se nourrir. Le comportement d'un prédateur élevé en captivité est fortement altéré par cette donnée, et il peut ainsi devenir ami avec des animaux qu'il mangerait normalement dans la nature. Comme le montre cette vidéo, un tigre peut développer une relation particulière avec une chèvre, dans la mesure où la chèvre l'accepte aussi de son côté.

Car les animaux, comme les humains, ont des personnalités différentes les uns des autres. Lorsqu'ils sont petits, ils apprennent à se comporter comme leur mère en général (une lionne, une chatte, une chienne…), mais ils ont aussi des traits de caractères qui leurs sont propres. Ils peuvent être aventurier, peureux, joueur, etc. Un prédateur qui devient ami avec une proie suppose que les deux animaux soient particulièrement sociables et aventuriers, qu'ils soient capables de développer des comportements non agressifs et de l'attachement.

Pour la catégorie "animaux domestiques" comme le chien, le chat ou les chevaux, c'est le même processus. On conseille par exemple aux personnes qui viennent d'avoir un chiot de l'emmener un peu partout le plus tôt possible, pour qu'il rencontre d'autres animaux, d'autres modes de vie et devienne ainsi un animal ultra-sociable et un compagnon de vie agréable. Plus le chien apprend jeune, plus sa sociabilité sera forte, et il pourra tout à fait cohabiter avec un chat sans problème.

Mais cela reste tout de même des relations très exceptionnelles, car le facteur humain ne supprime pas complètement l'instinct animal d'une part ; et d'autre part, il faut que les personnalités de deux animaux se complètent.

Ces amitiés animales contre-nature peuvent-elles se développer entre n'importe quels types d'animaux ?

Non. Cela ne peut se produire qu'entre animaux sociaux, c'est-à-dire des animaux capables de vivre en groupe, comme les loups, les chèvres, les chevaux, ou au moins qu'ils aient été élevés par leur mère avec éventuellement des frères et sœurs. C'est par exemple le cas des chats et des tigres, qui ont une image d'animal solitaire mais qui ont été habitués au contact d'autres animaux très jeunes avec leur portée.

Ce genre de relation amicale ne pourrait pas se développer avec des animaux asociaux, tels que le serpent ou la tortue par exemple, qui pondent leurs œufs et après s'en vont, sans élever leurs petits.

Ce type de relations amicales peuvent-elles avoir lieu dans la nature ?

Oui, toujours dans la mesure où il faut que ce soit des animaux sociaux. Si ce tigre a été élevé en compagnie de cette chèvre à proximité de lui dès tout petit, il se peut qu'il la voit comme une camarade plus que comme une proie.

Le naturel peut-il revenir au galop ? Le tigre peut-il tout d'un coup se réveiller et manger la chèvre? 

Non, je ne pense pas. Une fois qu'ils sont inscrits dans le comportement de l'animal, les réflexes ne bougent plus. C'est d'ailleurs pour cela que les hommes ont sélectionné et réussi à domestiquer certains animaux. Rappelons que l'homme est, de fait, un prédateur, et nous sommes devenus très amis avec les chiens et les chevaux par exemple. 

 

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