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AFD : de la bête immonde de Brecht au "seuil de tolérance" de Mitterrand, ces avertissements qu'Angela Merkel n'a pas voulu prendre en compte
©John MACDOUGALL / AFP

1 million de migrants = 90 députés d'extrême droite

AFD : de la bête immonde de Brecht au "seuil de tolérance" de Mitterrand, ces avertissements qu'Angela Merkel n'a pas voulu prendre en compte

Les mathématiques sont une science exacte. Mais la chancelière allemande est nulle en math.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Pour commenter les élections allemandes qui ont vu une percée historique de la droite extrême et radicale (AFD), deux citations s'offrent à nous. L'une, archi connue, est de Bertolt Brecht : "le ventre est encore fécond d’où la bête immonde est sortie". L'autre a pour auteur François Mitterrand : Parlant de l'immigration, le président de la République avait évoqué en 1989 "un seuil de tolérance".

Que n'avait-il pas dit là ! Mitterrand fut alors traité d'islamophobe. Sans doute, par tradition et par biberonnage culturel, l'était-il un peu. Mais beaucoup moins que De Gaulle qui ne voulait pas, selon une formule dont il avait le secret, que Colombey-les-Deux-Eglises devienne Colombey-les-Deux-Mosquées.

Pour parler de l'Allemagne on préfèrera donc le "seuil de tolérance" de Mitterrand à la "bête immonde" de Brecht même si les franges de l'AFD sont un peu teintées de brun. Angela Merkel a fait entrer en Allemagne un millions de migrants. Elle obéissait à deux raisons. L'une, théoriquement belle : la volonté d'effacer par une politique d'accueil généreuse aux étrangers la triste mémoire du nazisme. L'autre beaucoup moins belle et bien plus prosaïque : répondre aux vœux du patronat allemand désireux de s'assurer la disponibilité d'une main d'œuvre bon marché, taillable et corvéable à merci.

Et les migrants sont arrivés par centaines de milliers. Et dans leur cortège une série de délits et de crimes qui ont heurté l'opinion allemande. Des faits divers "montés en épingle" comme l'on répété à l'envie les médias de gauche. Certes. Mais peut-on reprocher à des gens de se polariser plus sur la criminalité étrangère, importée de fraiche date, que sur la criminalité autochtone ?

Et comment leur en vouloir de penser qu'il n'était pas nécessaire de rajouter aux quatre millions de Turcs résidant en Allemagne un million de migrants de la même obédience religieuse qu'eux ? Angela Merkel s'est aperçue, mais trop tard, de son erreur. Et a fermé ses frontières. Frankenstein avait accouché d'un monstre. Comme l'écrivait Der Spiegel, un journal qui penche plutôt à gauche : "Merkel est la mère de l'AFD". C'est bien vu.  

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