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2008 le retour : les banques nous mènent-elle droit vers une nouvelle crise ?
©REUTERS/Alexander Demianchuk

Danger

2008 le retour : les banques nous mènent-elle droit vers une nouvelle crise ?

Dans le brouhaha des diverses actualités, la situation des banques intéresse peu. Pourtant, près de dix ans après la Grande Crise séculaire, rien n'exclut qu'elles portent à nouveau un important risque pour l'économie mondiale.

Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www.lecourrierdesstrateges.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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Ces banques qu'on oublie trop vite

De temps à autres, les banques se rappellent à notre bon souvenir. Comme elles sont les dernières acheteuses d'espace publicitaire dans la presse subventionnée, on évite d'en faire trop sur le sujet. Mais des signaux faibles ne trompent pas.

Ainsi, en avril 2017, Christine Lagarde a lancé un avertissement aux milieux autorisés: les banques européennes tardent à régler le problème des créances toxiques. Celles-ci représentent près de 1.000 milliards€, principalement dans l'escarcelle des banques portugaises, espagnoles, italiennes, grecques, irlandaises...

Mais elle n'est pas la seule à avoir alerté sur le sujet. On pourrit citer les autorités de la BCE et de quelques-uns de ses satellites. En particulier, on notera cette rédente déclaration de la Française Danièle Nouy, responsable de la supervision bancaire à la BCE, qui n'a pas hésité à alerter sur une situation anxiogène:

"Dans tous les pays de la zone euro, il y a (...) des banques qui ne vont pas si bien mais qui sont déterminées, avec courage, à s'attaquer à leurs problèmes; et d'autres qui sont en quelque sorte dans le déni et vont devoir changer pour s'améliorer".

Puissantes alertes en Italie

En janvier 2017, le gouvernement italien a sauvé de justesse la Montepaschi di Sienna, plus vieille banque du monde qu'aucun capital privé n'a voulu aider. Le contribuable italien a donc réinjecté près de 7 milliards dans une banque percluse d'environ 28 milliards € de créances douteuses. 

Désormais, ce sont les banques vénètes qui font souci. Leur situation est vacillante, mais la Commission européenne exige une participation de capitaux privés avant tout sauvetage public (par le fonds Atlante créé à cette effet), comme pour la Montepaschi. 

Rien n'exclut une faillite, qui serait retentissante. 

L'Allemagne veut sauver ses banques

Malgré ces menaces qui montrent la fragilité de certaines banques européennes, le chemin est long à parcourir pour que les pouvoirs publics préviennent le risque de défaillance bancaire.

À ce jeu, l'Allemagne est loin d'être exemplaire puisqu'elle cherche à assouplir le cadre réglementaire européen pour éviter une forte concentration de son secteur bancaire. L'Allemagne compte en effet plusieurs milliers d'établissements de crédit qui n'ont pas la taille critique pour respecter les règles strictes de Bâle III. Les règles patiemment construites depuis la crise de 2008 exigeront donc d'elles des fusions indispensables pour rentabiliser les coûts réglementaires nouveaux. 

On a appris cette semaine que la BCE avait rejeté les propositions allemandes d'assouplissement. 

Trump devrait assouplir la loi Dodd-Frank

De son côté, Donald Trump n'a pas caché son intention d'assouplir le cadre fixé par la loi Dodd-Frank, adoptée sous Obama pour réagir à la crise de 2008. Selon Donald Trump, les exigences prudentielles prévues par la loi Dodd-Frank sont trop restrictives et limitent la capacité de crédit bancaire aux entreprises. Pour le Président américain, elles constituent donc une limite forte à la reprise économique et à la croissance. 

C'est pour cette raison que Donald Trump, avec le soutien des grandes banques américaines, a annoncé son intention de détricoter le système mis en place par Obama. La restructuration bancaire partielle entamée à l'époque est pourtant loin d'être achevée, compte tenu des nombreux textes réglementaires qui restent à rédiger pour la mettre en oeuvre. 

La question de Bâle III n'est pas réglée

Cette ambition se heurte toutefois à l'obstacle de Bâle III dont les banques américaines ne pourront s'abstraire. Or, Bâle III a largement été influencé... par l'administration américaine, très satisfaite d'imposer des normes prudentielles, particulièrement en matière de fonds propres, qui sont autant d'obstacles à la concurrence et de barrières à l'entrée. 

Cette complexité explique en partie les raisons pour lesquelles le détricotage de Dodd-Frank sera moins rapide que Trump n'avait pu l'annoncer initialement. Dans tous les cas, le secteur bancaire paraît encore et toujours exposé au risque systémique. 

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