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La position de femme trompée ne semble pas susciter la sympathie de l'opinion publique envers Valérie Trierweiler
La position de femme trompée ne semble pas susciter la sympathie de l'opinion publique envers Valérie Trierweiler
©Wikipédia commons

Marie-Antoinette 2.0

Une étrange cruauté française ? Valérie Trierweiler face à la guillotine médiatique

La position de femme trompée ne semble pas susciter la sympathie de l'opinion publique envers Valérie Trierweiler, qui n'a jamais été très populaire. Elle se retrouve aujourd’hui, isolée, sur l’échafaud du grand déballage dans les médias de la liaison Hollande-Gayet.

Jacques Charles-Gaffiot

Jacques Charles-Gaffiot

Jacques Charles-Gaffiot est l'auteur de Trônes en majesté, l’Autorité et son symbole (Édition du Cerf), et commissaire de l'exposition Trésors du Saint-Sépulcre. Présents des cours royales européennes qui fut présentée au château de Versailles jusqu’au 14 juillet 2013.

 

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Revenu d’outre-tombe pour quelques heures seulement, le regretté dessinateur Moisan pourrait nous offrir sans doute ses plus belles pages dans le Canard enchaîné, pour peindre, après celle du général, la vaudevillesque Cour hollandaise.

L’embarras du choix se porterait sur le style de la perruque donnée au président : celle du Roi-Soleil, celle du Bien-Aimé, celle enfin du malheureux Louis XVI ?

Question bien épineuse, il est vrai.

Sous les ors élyséens comme sous les lambris de Versailles, ministres et courtisans de toute espèce ne redoutent rien de plus, pas même la mort, la peste ou le choléra, que la disgrââââce !

La disgrâce qui plane et rôde sur tout le palais et ses abords ; la disgrâce qui jaillit et meurtrit en un éclair ; la disgrâce qui, n’usant d’aucune formule, se déclare au gré du mutisme le plus glacial.

En révélant une relation connue des « sphères autorisées » depuis des mois, Closer vient de semer la pagaille dans le sérail. Qui, des proches du président, de ses conseillers, des membres de son gouvernement, des héroïques journalistes présents à sa conférence de presse se montrera le plus servile, le plus indigné, le plus obséquieux pour repousser plus loin le temps de sa propre disgrâce ? Bonhomme, le monarque peut se montrer rancunier et pourra toujours compter sur une nombreuse valetaille prompte aux plus basses besognes !

L’échafaud médiatique est une nouvelle fois dressé, qu’on se le dise !

Depuis longtemps déjà Valérie Trierweiler en a gravi les premières marches. En fait, dès le soir du 6 mai 2012.

En réclamant de son victorieux concubin un baiser sur la bouche pour affirmer son emprise sur le nouvel élu, en chassant quelques jours plus tard Julien Dray du QG de campagne de François Hollande, l’inexpérimentée (quoique journaliste) et nouvelle maîtresse du palais commettait coup sur coup deux erreurs dont les Français, pas encore assez écervelés, comprirent l’exacte portée. Que dire aussi de sa surprenante et embarrassante présence le jour de l’investiture de son amant, à l’encontre de toutes les règles protocolaires et peut-être aussi celles de la bienséance ! (horresco referens !)

Aux oreilles des princes qui nous gouvernent, pensant immanquablement que pour apparaître jeun’s ils doivent s’affranchir du respect des usages, on ne redonnera jamais assez le conseil contenu dans une formule ciselée par Madame de Genlis, gouvernante des enfants du roi Louis-Philippe et qui avait connu le cérémonial de l’Ancien régime : « l’esprit de l’étiquette française paraît avoir toujours été de ménager avec un art infini et d’accorder les droits les plus étendus de la souveraineté avec la dignité de l’homme, accord délicat et difficile, mais qui peut seul donner au trône la majesté et tout l’éclat qu’il peut avoir ».

Sur ce thème si mêlé avec l’exercice du pouvoir, François Hollande et ses successeurs auraient avantage à considérer et à faire peser à leur entourage qu’il n’y a souvent « rien de neuf sous le soleil » comme s’exclamaient avec justesse déjà les Anciens.

Évoquer l’Ancien régime, voilà qui nous ramène à la question de la perruque.

Moisan n’aurait pu faire porter celle de Louis XVI au jovial amant de Madame Trierweiler. En montant à l’échafaud préparé pour elle, Marie-Antoinette est parée d’une dignité que le conventionnel franc-maçon et régicide Jacques-Louis David saura reconnaître et croquer en une fraction de seconde, depuis le balcon où il se trouve pour voir passer la voiture de la condamnée. Souveraine légitime, l’épouse de Louis XVI est très étrangère au caractère assez ingrat de l’ex « première dame ».

La perruque de Louis XV pourrait être une hypothèse si l’on songe aux dernières paroles prononcées à Sanson par Jeanne Bécu, faite comtesse Du Barry, elle aussi montée à l’échafaud : « Encore un instant Monsieur le Bourreau » ! « Encore un moment de répit » pourrait être la supplique susurrée par Valérie Trierweiler à son amant venu la visiter à l’hôpital pour conserver quelques temps encore la jouissance de son aile élyséenne ou à défaut le modeste pavillon de la Lanterne ?

Mais assurément, celle de Louis XIV siérait mieux que toutes les autres avec, en contrepartie, le personnage de la belle Françoise-Athénaïs de Montespan. Certes, sur cet exceptionnel dessin posthume, il faudrait à Moisan introduire Saint-Simon au milieu de la foule des courtisans ployés devant l’écrasante majesté du couple présidentiel pour lui faire remarquer qu’en cette noble cour de Hollandie la chère marquise est dépourvue de l’ « esprit des Mortermart ». Mais d’adéquation de ces deux sémillants personnages pourrait dignement se conjuguer.

Si la favorite de Louis XIV présentait les plus belles lettres de noblesse de son temps, que dire de l’incomparable statut de journaliste politique et d’animatrice de télévision de notre dame de Maintenant !Affichant un caractère aussi pointu que sa signature, l’ex-maitresse de François Hollande, avec morgue et beaucoup moins de charmes, s’est montré apte à rivaliser avec les esclandres quasi quotidiens de l’illustre Athénaïs. Redoutant au sein de la cour l’effet des œillades ravageuses, toutes deux firent le vide autour de leurs amours pour mieux parvenir à évincer de téméraires rivales potentielles… sans pouvoir toujours y parvenir. Enfin quand sonna l’heure de la disgrâce, ne se résolvant jamais tout à fait à s’éloigner du monarque, elles se dirent victimes de langueurs entourées désormais de potions et de médecins.

Mais la perruque du Roi-Soleil ne sera-t-elle pas trop étroite à notre président aux ardeurs toutes bourboniennes ? Après pareil épisode, Louis XIV éprouva les besoins d’une vie plus régulière et se rangea. 

Qu’adviendra-t-il en notre beau royaume de Hollandie ?  

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