"Toute ma vie j’ai fait des choses que je savais pas faire" : les dangers de la peur, au scalpel | Atlantico.fr
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"Toute ma vie j’ai fait des choses que je savais pas faire" : les dangers de la peur, au scalpel
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"Toute ma vie j’ai fait des choses que je savais pas faire" : les dangers de la peur, au scalpel

Danielle Mathieu-Bouillon pour Culture-Tops

Danielle Mathieu-Bouillon pour Culture-Tops

Danielle Mathieu-Bouillon est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
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THEATRE

Toute ma vie j’ai fait des choses que je savais pas faire

de Rémi de Vos

Mise en scène: Christophe Rauck

Avec Juliette Plumecocq-Mech

Durée : 50mn

INFORMATIONS

Théâtre du Rond-Point

2bis, av. Franklin-Roosevelt 75008 Paris

Salle Roland Topor

ATTENTION: dernière, le 4 février

Réservations : 01 44 95 98 21

                        WWW.THEATREDURONDPOINT.FR – WWW.FNAC.COM         

RECOMMANDATION 

BON

THEME 

Comment se retrouver au mauvais endroit, au mauvais moment et devenir la victime d’une brute qui ne pense qu’à vous détruire ? Tout se passe dans la tête de cet homme, au sol, entouré des marques policières significatives, face à un mur et à une chaise renversée.

POINTS FORTS

1- La prestation de l’actrice Juliette Plumecocq-Mech, avec son physique androgyne, sa voix sourde, qui nous fait vivre cette peur et joue de son corps d’une manière surprenante, puisque pratiquement tout se déroule au sol, avec ponctuellement son visage expressif tourné vers le public.

2- On a l’impression que l’auteur a voulu d’une certaine manière stigmatiser la peur; cette peur physique, viscérale face à l’inconnu menaçant et insultant, cette terreur qui préfère utiliser le silence au lieu de réagir. C’est un sentiment bien connu de la plupart des gens qui, dans des cas similaires, n’interviennent pas, ne réagissent pas et, au contraire, par cette résignation, démultiplient la violence.

3- Pourtant, cette peur est un sentiment de dangerosité amplifiée, car elle peut provoquer des réactions encore pires. C’est ce qui arrivera, et que je ne souhaite pas dévoiler. 

Le cas est simple: un homme boit tranquillement à une table un verre de bière ; il est seul, le patron est occupé ailleurs et l’agresseur, homophobe, commence ses insultes. Tout tourne dans la tête de la victime, silencieuse, à l’image de ce corps qui ne cesse de tourner, dans un rythme de pensée cadencé par la panique. On avance, on revient en arrière, on repart…La pièce devient le temps de ce défilé vertigineux de la pensée.

4- L’enseignement que l’on tire de cette œuvre étrange, est une sorte de leçon d’anti-peur. Comme si cette crainte sourde était capable d’attirer les prédateurs qui sentent bien qu’ils n’ont rien à craindre… Seuls les gens qui ont peur des chiens se font mordre, c’est bien connu. Or, on ne sait jamais. Mieux vaut ne pas se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Bel exercice de style, admirablement interprété.

POINTS FAIBLES

Un léger sentiment de pourquoi ?

EN DEUX MOTS

C’est intéressant, violent, dans ce sentiment grandissant de panique. La fin brutale montre à quel point il faut dans la vie savoir affronter le danger et ne pas laisser les choses dégénérer.

L’AUTEUR

Rémi de Vos est né à Dunkerque en 1963. Il fait partie du collectif d’auteurs réunis par Christophe Rauck au Théâtre du Nord. Il participe fréquemment à la programmation du Théâtre du Rond-Point. Il est l’auteur de nombreuses pièces, traduites en quinze langues. Il a reçu la bourse Beaumarchais. Toutes ses pièces sont éditées par Actes Sud Papiers.

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