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Selon une nouvelle étude, la fréquence des rapports sexuels a diminué ces dernières années dans de nombreux groupes d'âge.
Selon une nouvelle étude, la fréquence des rapports sexuels a diminué ces dernières années dans de nombreux groupes d'âge.
©LOIC VENANCE / AFP

Le grand paradoxe

(Presque) Tous obsédés par le sexe mais de moins en moins pratiquants

Selon une nouvelle étude, la fréquence des rapports sexuels a diminué ces dernières années dans de nombreux groupes d'âge. Comment expliquer ce phénomène alors que la sexualité est de plus en plus présente dans notre société ?

Debby Herbenick

Debby Herbenick

Le Dr Debby Herbenick est professeure à l'Ecole de Santé publique de l'Université de l'Indiana.

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Atlantico : Après avoir étudié le comportement sexuel des couples et des célibataires sur différentes périodes, vous avez fait une découverte étonnante : la fréquence des rapports sexuels a diminué ces dernières années dans de nombreux groupes d'âge. Alors que la sexualité est de plus en plus présente dans notre société à travers les images, les publicités ou Internet, comment est-il possible que le nombre d'actes sexuels diminue ? Y a-t-il un glissement vers d'autres pratiques ?

Dr Debby Herbenick : Oui, nous avons constaté une diminution de la fréquence des rapports sexuels péniens-vaginaux mais aussi de tous les autres comportements sexuels en couple que nous avons évalués, comme la masturbation en couple, le sexe oral et le sexe anal. Nous avions initialement réalisé cette étude en partie parce que certaines autres études dans le monde avaient constaté une diminution des rapports sexuels. Comme nous disposions de données beaucoup plus détaillées sur une variété de comportements sexuels, nous avons pu vérifier si la baisse des rapports vaginaux pouvait être expliquée par l'augmentation d'autres comportements sexuels, tels que les rapports oraux ou anaux. Or, nous n'avons pas trouvé cela. Nous avons plutôt constaté que, de 2009 à 2018, moins d'adultes avaient eu une gamme de rapports sexuels en couple. Nous avons également été surpris de constater que, chez les adolescents, tant les rapports sexuels en couple que la masturbation en solo avaient diminué.

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Cette diminution est-elle importante dans l'ensemble du monde occidental ?

Notre étude s'ajoute aux recherches menées au Royaume-Uni, en Allemagne, au Japon et dans d'autres pays qui ont fait état d'une diminution des rapports sexuels ; ces diminutions sont notables et ne s'expliquent pas facilement par un seul changement, comme la technologie ou le stress.

Nous savons qu'une sexualité épanouie est bénéfique pour la santé, le bien-être et les relations sociales, cette baisse des relations sexuelles pourrait-elle avoir un impact sur le bonheur de la population générale ?

Nous avons besoin de plus de recherches pour comprendre comment ces changements dans le comportement sexuel peuvent être liés à des changements dans le bonheur et le bien-être général.

La baisse des rapports sexuels pourrait-elle avoir un impact sur le taux de natalité à l'avenir ? Les nouvelles générations abandonnent-elles les relations traditionnelles pour créer leur sexualité ?

Oui, il est possible que cette baisse des rapports sexuels ait un impact sur les taux de natalité futurs, même si, bien sûr, de nombreux facteurs y sont liés, comme la présence ou l'absence de contraception, les intentions/volontés de grossesse, les opportunités économiques, l'accès aux congés familiaux payés et la santé en général.

La diminution de la fréquence des rapports sexuels est-elle influencée par l'augmentation de l'utilisation des réseaux sociaux ?

Nous n'avons pas examiné l'utilisation des réseaux sociaux.

Quelles sont les tranches d'âge les plus touchées par cette baisse ?

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Il s'agit d'une étude portant sur les 14-49 ans qui a examiné deux groupes de personnes : les adolescents (14-17 ans) et les adultes (18-49 ans). Les détails que nous avons examinés ici sont les comportements sexuels, et non des groupes d'âge plus fins. Un déclin a été constaté tant chez les adolescents que chez les adultes.

Alors que nous nous intéressons surtout à la sexualité, pourquoi nous détournons-nous de l'acte lui-même ? 

Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles les gens ont moins de relations sexuelles en couple qu'au cours des décennies précédentes. Il se peut que les gens soient plus occupés ou plus stressés, qu'ils passent plus de temps en ligne, y compris plus de temps à regarder la télévision et des films (ou la télévision/les films qui les intéressent et qu'ils peuvent maintenant regarder quand ils le veulent, y compris ce que certains appellent le "binge watching" où ils peuvent regarder une saison entière d'une série en une soirée ou une semaine, alors que dans les années précédentes, leur visionnage était peut-être plus équilibré avec d'autres activités). Le fait qu'une telle baisse ait été observée dans plusieurs pays est intéressant et mérite d'être étudié plus avant, notamment en raison de l'importance de l'expression sexuelle en couple dans la construction et le maintien des relations, de l'intimité, du bonheur, de la santé et du bien-être.

Dr Debby Herbenick, professeur à l'Ecole de Santé publique de l'Université de l'Indiana.

Pour retrouver l'étude du Dr Debby Herbenick, cliquez ICI

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