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58% des Français admettent une dépendance à leur smartphone.
58% des Français admettent une dépendance à leur smartphone.
©Reuters

Allo ? A l'eau ?

Les smartphones, véritable cause d’addiction : comment repérer si vous en êtes victime

Nombreux sont les détenteurs de smartphones, tout autant que ceux qui en sont accrocs. Une addiction caractéristique des évolutions de dépendance de notre société, mais dont on peut guérir.

Dan Véléa

Dan Véléa

Le Docteur Dan Véléa est psychiatre addictologue à Paris.

Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur les addictions, dont Toxicomanie et conduites addictives (Heures-de-France). Avec Michel Hautefeuille, il a co-écrit Les addictions à Internet (Payot) et Les drogues de synthèse (PUF, Que sais-je ?, Paris, 2002).

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Atlantico : Selon un sondage Ifop publié en février 2013, 58% des Français admettent une dépendance à leur smartphone. Quels sont les signes d'une personne accro à son smartphone ?

Dan Véléa : Pour toute addiction il y a un phénomène appelé focalisation. Le sujet va trouver dans l'addiction, ici le smartphone, son principal centre d'intérêt. Ses autres loisirs disparaissent. Il devient complètement obnubilé par la satisfaction de ses pulsions liées à son centre d'intérêt. C'est le cas des personnes accro à l'alcool comme aux smartphones. On ne mesure pas l'addiction aux smartphones en termes de durée mais en termes d'intensité, même si, évidemment, passer plusieurs heures par jour sur son téléphone est inquiétant. On détecte l'addiction si la personne ne fait plus rien d'autre que se connecter à Internet avec son téléphone. Il faut s'inquiéter lorsque notre premier réflexe le matin est de regarder notre smartphone, si nous réalisons que nous ne pouvons plus nous en passer, si notre entourage nous fait des réflexions…

Cette nouvelle dépendance en a-t-elle remplacé d'autres ?

Pas vraiment, c'est plus compliqué que cela. Ce n'est pas un déplacement d'addiction, mais plutôt une évolution dans les dépendances. Avant les smartphones, les personnes accro à l'information consultaient frénétiquement les journaux, les personnes accro aux films pornographiques les regardaient sur Internet ou à la télévision, maintenant ces personnes utilisent le smartphone. Les addictions restent les mêmes mais elles se sont déplacées vers le smartphone.

Comment faut-il s'y prendre pour arrêter ? Existe-t-il des techniques ?

Pour dépister l'addiction, nous utilisons des questionnaires qui interrogent le sujet sur le nombre d'heures passées sur son téléphone, sur ses autres activités, ses autres formes de communication…Concernant les techniques pour arrêter, il faut, dans un premier temps que le patient abandonne le déni et reconnaisse sa dépendance. S'il entame les démarches de façon volontaire et positive, nous pouvons commencer à le soigner. Nous construisons des séances de communication, nous lui apprenons à gérer son temps libre et à contrôler ses pulsions. Il faut également que le patient se rassure. Beaucoup passent du temps que leurs smartphones car ils ressentent le besoin d'être connectés, ils craignent la solitude. Il faut que le patient se valorise par d'autres biais que son hyper-connectivité. Au-delà de la dépendance, l'individu craint de se retrouver seul face à ses contradictions, son manque de confiance en soi, ses frustrations… De manière générale, il faut réduire le nombre de ses connections et se valoriser via d'autres activités.

Pourquoi les addictions aux smartphones sont-elles moins prises au sérieux que d'autres addictions comme l'alcoolisme par exemple ?

Le phénomène est très nouveau. Les gens sont de plus en plus inquiets face à ces risques. Ils deviennent plus vigilants avec leur entourage. L'alcool est une dépendance beaucoup plus ancienne, dont on voit les ravages, qui sont rapides, depuis plus longtemps et plus souvent. L'addiction aux smartphones commence à être reconnue, elle apparaît dans les statistiques internationales et psychologiques de plus en plus fréquemment.

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