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"Les Grands Esprits" - Education Nationale: Monsieur Blanquer, la situation est grave mais pas désespérée.
©Musee-orsay.fr

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"Les Grands Esprits" - Education Nationale: Monsieur Blanquer, la situation est grave mais pas désespérée.

Gilles Tourman pour Culture-Tops

Gilles Tourman pour Culture-Tops

Gilles Tourman est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
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CINEMA

LES GRANDS ESPRITS 

France. Couleur. Comédie dramatique d’Olivier Ayache-Vidal.  Avec Denis Podalydès, Léa Drucker, Tabono Tandia, Zineb Triki, Abdoulaye Dialo, Pauline Huruguen, Alexis Moncorge, Emmanuel Barrouyer, François Petit-Perrin, Marie Remond, Charles Tempion, Mona Magdy Fahim.

RECOMMANDATION

EXCELLENT

THEME

Fils d’un écrivain réputé, François Foucault, 40 ans, est prof agrégé de lettres au lycée parisien Henri IV où il n’hésite pas à humilier de toute sa fatuité ses élèves quand ils ont de mauvaises notes. 

Suite à des propos condescendants sur le système enseignant tenus devant un fonctionnaire de l’Education Nationale, il est muté en Seine-Saint-Denis, au collège Barbara, classé établissement sensible. Sa mission : y rester un an afin d’établir un rapport à destination du Ministre de l’Education Nationale. 

A peine accueilli par les profs, il prend ses fonctions auprès de la 4ème5. C’est le choc ! Il découvre l’indiscipline, le faible niveau, les provocations… et les Conseils de Discipline.

POINTS FORTS

- Conçu après deux années passées en immersion dans le collège Maurice Thorez de Stains (93) et tourné sur place avec les ados et les adultes de l’établissement, voilà tout simplement ce qui s’appelle un joli film !

- Le rythme est tenu, l’histoire pertinente et bien vue, l’humour constant alternant dans un parfait équilibre avec les moments d’émotion et ceux propices à nous faire réfléchir.

- Sa force, c’est aussi Denis Podalydès, confondant de crédibilité dans son rôle de prof rigide bousculé dans ses certitudes et dépassé par les événements, aussi inénarrable quand il tente d’apprendre les noms de ses collégiens qu’émouvant quand il essaie de faire front avec autorité.

- Mais surtout, avec son ton de comédie sans méchants ni gentils, ses profs aimant leur métier même quand ils sont découragés, ses dialogues et ses situations empruntés à ce dont le réalisateur a été directement témoin, ce 1er long métrage d’Olivier Ayache-Vidal est un plaidoyer profondément humain mettant au cœur de son récit le goût d’apprendre, la pédagogie, la formation des professeurs, l’estime de soi, l’écoute et la prise en considération des capacités des élèves.

- Il ressort de cette atmosphère réaliste que si cette jeunesse est difficile et d’un niveau faible, elle n’en reste pas moins attachante et en demande de reconnaissance. Une œuvre utile, donc, pour balayer nos a priori nés des focales étroites, récurrentes et anxiogènes utilisées par les infos.

POINTS FAIBLES

D’aucuns pourront légitimement regretter un scénario convenu dans son déroulé. Nous leur répondons qu’il est des terrains connus dans lesquels il fait bon s’égarer et qu’il serait dommage de se concentrer sur ce seul point tant cette comédie pointe avec acuité l’inadéquation d’un système frôlant la sclérose dès lors qu’elle est confrontée aux réalités du terrain.

EN DEUX MOTS

“Ce film n’a pas vocation à livrer une vérité sur la capacité de l’éducation nationale, à apporter des réponses et des solutions éducatives dans les collèges situés dans des zones difficiles. Inspiré des récents ouvrages contradictoires de Philippe Meirieu et Liliane Lurçat, je souhaiterais offrir une photographie documentée de l’éducation publique et ouvrir ainsi le débat sur les possibles réponses de l’éducation nationale”. Olivier Ayache-Vidal. à ces élèves difficiles à soumettre à un modèle Après

Après les épatants Swagger d’Olivier Babinet (2016) et A voix haute de Stéphane de Freitas (2016), Olivier Ayache-Vidal apporte donc à son tour sa pierre à l’édifice pour nous aider à mieux penser (et aimer ?) notre jeunesse. C’est beau, émouvant, réussi.

UN EXTRAIT

“J’ai une grande ambition pour vous, je voudrais que vous arrivez à lire un livre”. François Foucault à ses élèves.

LE REALISATEUR

Né le 27 décembre 1969 à Paris, Olivier Ayache-Vidal commence comme créatif dans une agence de publicité après des études en sciences sociales et communication.

Passionné par les relations humaines, la société et la représentation, il devient reporter photo en 1992 et travaille cinq ans durant pour l’Unesco et l’Agence Gamma.

En 1997, après avoir réalisé une trentaine de reportages dans une quinzaine de pays, il écrit son premier scénario de bande dessinée et crée la série Fox One, traduite en cinq langues et vendue à plus de 90 000 exemplaires. 

En 2002, il passe au court-métrage de cinéma. Le premier, Undercover, mélange de cinéma et de spectacle vivant, est récompensé par plusieurs prix internationaux. 

S’ensuivent les comédies Coming out avec Omar Sy; Mon dernier rôle (2006), à l’humour noir, avec Patrick Chesnais, sélectionnée dans plus de cinquante festivals et lauréate de plusieurs prix dont le Grand Prix du Festival Juste pour rire (Montréal). 

En 2007, il tourne Hôtel du Cheval Blanc, un documentaire sur les conditions misérables vécues par des milliers de familles hébergées à l’année dans des hôtels insalubres. 

En 2008, il part adapter et mettre en scène en Chine son premier spectacle vivant, le ballet Casse-noisette. Ce dernier donne lieu à une tournée mondiale en 2009. 

Enfin, en 2012, il écrit et réalise, toujours en Chine, Welcome to China, avec Ariel et Gad Elmaleh, qui met en scène les deux frères dans leur propre rôle.

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