"Les Flottants" : l'amour, comme un arbre qui naît, vit et meurt | Atlantico.fr
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"Les Flottants" : l'amour, comme un arbre qui naît, vit et meurt
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"Les Flottants" : l'amour, comme un arbre qui naît, vit et meurt

Danielle Mathieu-Bouillon pour Culture-Tops

Danielle Mathieu-Bouillon pour Culture-Tops

Danielle Mathieu-Bouillon est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
Voir la bio »
 
THEATRE
« Les Flottants »
De Sonia Nemirovsky
Mise en scène:  Bertrand Degrémont
Avec Grégory Vouland, Jean-Loïc François, Sonia Nemirovsky, Olivier Khune,
Emilie Piponnier en alternance avec Pauline Lacombe, Suzanne Marrot
et la voix d’Arnaud Gidoin
 
INFORMATIONS
Théâtre du Lucernaire
53, rue Notre-Dame des Champs
Paris 6°
Jusqu'au 1er juillet 
 du mardi au samedi à 21h
Réservations: 01 45 44 57 34 
www.lucernaire.fr          
 
 
RECOMMANDATION : EXCELLENT  
 
THEME 
Une ville portuaire, une noce ou ce qu’il en reste, la mariée rousse danse. Son marin de mari est parti suivre une sirène. A l’extérieur l’orage gronde. On comprend que rien ne s’est passé comme prévu. « Alors on agite les pieds et les mains pour tenter de rester à la surface et de continuer à rire, malgré les déceptions. »
 
POINTS FORTS
1 – Dès l’entrée dans la salle, la table de noce dressée, les lumières, la boule à facette, l’homme qui dort sur la table et ce couple solitaire qui danse tristement, on perçoit immédiatement qu’il s’est passé quelque chose de grave et de triste. Sur la robe de la mariée quelqu’un de complaisant a posé une veste.
En fond sonore, les chansons de Dalida. La mariée est retournée s’asseoir. On comprend que son cavalier est un gentil jardinier, mais où est le mari ?
 
2 – L’auteur Sonia Nemirovsky interprète le rôle de cette mariée (la rousse). D’une sensibilité assez hallucinante, elle est pâle, dévastée par la peine. Comme dans un rêve, elle évoque cet amour dans un langage de rupture, avec ce qui semble être la réalité autour d’elle, à la fois imagée et onirique. Tout tourne dans sa tête, les souvenirs heureux et malheureux, les espoirs et les désespoirs. Il est évident que tout ceci est son rêve, régulièrement ponctué par une voix radiophonique, qui raconte une réalité désolante, dans des flashes rougeoyants.
 
3 – J’ai bien aimé cette parabole de la graine plantée par deux amoureux qui devient par leurs soins vigilants, un arbre, l’arbre de l’amour. Mais, cet arbre est face à cette porte de bar claquée trop fort par les marins, cet arbre perd sa terre et meurt, comme aussi meurt l’amour.
 
4 - La comédienne est remarquable. J’ai particulièrement apprécié le moment où s’enchaînent longuement les chansons de Dalida, et sa façon désespérée de tenter de les chanter dans une sorte de karaoké déchiré par le chagrin. Autour d’elle, le jardinier, un détective tentent de l’aider à sortir de sa peine, comme des personnages de contes de fées.
 
5 – La mise en scène nous aide à entrer dans son rêve, à le partager avec elle. Le marin, en ombre chinoise derrière un rideau dérisoire, l’entrée de la belle sirène, avec ses deux jambes, habillée aussi en mariée, montre bien la peur panique de cette jeune femme rousse dont le rêve bascule dans le cauchemar, alors qu’elle n’espère qu’une chose, que son marin « arrive en haut de l’escalier avec des yeux si grands pour la voir toute entière. »
 
POINTS FAIBLES 
Je n’en ai pas trouvé.
                                                                     
EN DEUX MOTS 
 Ce très joli spectacle totalement poétique et onirique, bien servi par l’équipe des comédiens, peut se lire sur deux niveaux : la détresse de cette jeune femme  amoureuse qui craint d’être abandonnée pour une sirène plus belle qu’elle ; et la détresse de ces femmes de marins qui disparaissent emportés par la mer et dont on retrouvera jamais les corps. Ce qui est intéressant c’est que l’imaginaire de l’auteur laisse de multiples portes ouvertes au spectateur.
 
UN EXTRAIT
Un mot de l’auteur : «  Les Flottants sont notre génération, celle qui arrive après ceux qui se sont battus, celle qui arrive au moment de la désillusion. C’est mon interrogation sur ce qui nous attend, sur notre capacité à rester debout alors que tout part à la dérive. »
 
L’AUTEUR
Sonia Nemirovsky, auteur et comédienne a déjà écrit « Le Vol » qui marqua sa première collaboration avec Bertrand Degrémont, le metteur en scène. Elle travaille au sein de compagnies, a joué  « Si ce n’est toi » d’Edward Bond et mis en scène « J’attendais que la pluie vienne » de J-L Lagarce. Egalement auteur-compositeur interprète, elle a créé, côté musique, le groupe Rovsky.
 

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