"Le radeau de la méduse" : ça vous prend aux tripes | Atlantico.fr
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"Le radeau de la méduse" :  ça vous prend aux tripes
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"Le radeau de la méduse" : ça vous prend aux tripes

Louis-Bertrand Raffour pour Culture-Tops

Louis-Bertrand Raffour pour Culture-Tops

Louis-Bertrand Raffour est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

Voir la bio »

THEATRE

LE RADEAU DE LA MEDUSE

De Georges Kaiser

Mise en scène: Thomas Jolly

Avec les membres du Groupe 42 du Théâtre National de Strasbourg : Youssouf Abi-Ayad, Éléonore Auzou-Connes, Clément Barthelet, Romain Darrieu, Rémi Fortin, Johanna Hess, Emma Liégeois, Thalia Otmanetelba, Romain Pageard, Maud Pougeoise, Blanche Ripoche, Adrien Serre

INFORMATIONS

Odéon – Théâtre de l’Europe / Ateliers Berthier 17e

1 Rue André Suares

75017 Paris

ATTENTION: dernière, le 30 juin

Réservations : 01 44 85 40 40  /www.theatre-odeon.eu

RECOMMANDATION

EN PRIORITE

THEME

Pour échapper aux bombardements allemands des enfants quittent le Royaume-Uni. Leur bateau coulé. Réfugiés dans un canot, 12 enfants arrivent à en réchapper. Pendant 7 jours ils dérivent. Ils s’organisent pour survivre ; coupés des adultes, ils rêvent d’un monde meilleur dont ils seraient les pionniers. Des pionniers qui se revendiquent chrétiens. Un treizième apparaît, du fond d’un coffre de la barque. Un enfant plus jeune, il ne parle pas, il est roux et différent : ils le baptisent Petit Renard… Au fil des jours, des tempêtes, des nuits d’angoisse, Petit Renard deviendra l’enjeu d’une lutte fratricide, alimentée par une religion pervertie et la peur de mort. Dans la violence et la fureur de l’arrivée d’un hydravion, le rêve d’un monde nouveau se brisera sur le sacrifice de l’innocent, le sauvetage des coupables et la « crucifixion » du juste. 

Isaac, les grands prêtres, Judas et les apôtres… le Christ, ils étaient tous à bord.

POINTS FORTS 

• La troupe : Thomas Jolly a monté le spectacle avec une promotion d’étudiants  sortante de l’Ecole du Théâtre National de Strasbourg : le Groupe 42. Comédiens, décorateurs, régisseurs ils ont tous fait un travail exceptionnel de puissance, de beauté.

• La mise en scène de Thomas Jolly confère au texte une efficacité troublante. Elle nous embarque aux côtés de ces enfants. Leur voyage est le nôtre, leur dérive aussi. Le jeu des acteurs, leur phrasé, leurs costumes tout pourrait nous dérouter  et c’est l’inverse qui se produit. La scénographie puissante, les lumières, la musique (les chants envoûtants de la troupe, chrétiens et païens à la fois)  nous déstabilisent et nous font monter à bord. Le drame qui se joue est en nous.

 

POINTS FAIBLES

Le texte connaît parfois quelques longueurs – au cours des deuxièmes et troisièmes jours. Mais soyez indulgents et patients… les jours à venir seront meilleurs.

 

EN DEUX MOTS  

On embarque. On est un des douze. On survit par le mensonge et le sang versé.

On le croît. Parce que c’est du théâtre c’est du vrai, du grand théâtre.

Intime et puissant. Juste et exigeant.

UN EXTRAIT

«  Comment les enfants sont entre eux, lorsqu’on les laisse être des enfants ? »

Georg Kaiser : « Le radeau de la Méduse »

L’AUTEUR

Georg Kaiser (1878 / 1945), écrivain allemand et dramaturge, est un représentant du courant littéraire expressionniste. 
Ses pièces de théâtre furent parmi les plus jouées en Allemagne entre 1919 et 1933. 
Désigné par les nazis comme " artiste dégénéré" il est interdit de représentation à partir de 1933, ses livres sont brulés. Il se réfugie en Suisse où il reprend son activité d’auteur dramatique. Il y écrit en 1942 "Le Radeau de la Méduse". Il meurt sans avoir jamais retrouvé le succès populaire qui fut le sien quand il était en Allemagne, considéré comme l’égal de Bertolt Brecht,  dans les années 20.

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