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"La boîte à idées" : deux voies s’offrent à l'UMP
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Sursaut réformateur

"La boîte à idées" : deux voies s’offrent à l'UMP

Alors que la campagne pour le Congrès de l’UMP a commencé, la nouvelle génération de « La boîte à idées » revendique l’héritage de Nicolas Sarkozy, rejette la tentation populiste de la « Droite forte » et appelle à un sursaut réformateur.

 Les 4 représentants de la « Boîte à idées

Les 4 représentants de la « Boîte à idées

Maël de Calan, Enguerrand Delannoy, Matthieu Schlesinger et Pierre-Emmanuel Thiard représentent la motion "la boîte à idées".

Maël de Calan est militant UMP dans le Finistère et travaille dans le secteur privé.

Enguerrand Delannoy est militant UMP dans la Vienne et a crée son entreprise.

Matthieu Schlesinger est militant UMP dans le Loiret et haut fonctionnaire.

Pierre Emmanuel Thiard est militant UMP à Paris et haut fonctionnaire.

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Le discours de la « Droite forte », qui revendique au sein de l’UMP le « monopole du sarkozysme » s’apparente de plus à de la captation d’héritage et à de l’abus de confiance. Captation d’un héritage, d’abord, qui appartient avant tout au Président lui-même, et à tous ceux qui militent à l’UMP depuis sa création. Abus de confiance, ensuite, de ceux qui se sont battus en 2007 et en 2012 pour faire élire Nicolas Sarkozy. Car personne ne peut s’accaparer, à son seul profit, le bilan et l’énergie de Nicolas Sarkozy. Le sakozysme irrigue l’action de notre famille politique depuis plus de 5 ans. Le sarkozysme n’a pas un ou deux visages, il en a des millions : celui des militants, des adhérents et des Français qui se sont reconnus, comme nous, dans son projet de redressement.

Les propositions de la « Droite forte » n’offrent d’ailleurs qu’une caricature du sarkozysme. Ses promoteurs se satisfont de transgressions et de mesures gadgets qui agitent le microcosme médiatique. Mais, ce n’est pas en demandant leur carte d’électeur aux journalistes qu’on renforcera le pluralisme des médias ; ce n’est pas en nommant 95 « Préfets de la laïcité » qu’on fera reculer l’islam radical ; ce n’est pas en enlevant leur nationalité aux exilés fiscaux qu’on refera de la France un pays d’entrepreneurs ; ce n’est pas en coupant les vivres aux syndicats qu’on modernisera le dialogue social.

C’est vrai : ces slogans simplistes plaisent aux médias de gauche, trop heureux d’enfermer notre famille politique dans une posture droitière, incapable de tenir ses promesses une fois au pouvoir, et jetant de l’huile sur le feu sans offrir aucune solution réaliste. Tout cela est bien loin de l’ambition que Nicolas Sarkozy et les principaux responsables de notre famille politique ont défendu pendant ces cinq dernières années.

Nous, qui appartenons à la nouvelle génération de l’UMP, qui avons fait les campagnes de 2002, 2007 et 2012, lançons une mise en garde : il n’est pas acceptable que la figure de Nicolas Sarkozy soit instrumentalisée pour diviser la droite, lui qui l’a rassemblée. Nous revendiquons nous aussi son héritage !

En somme, il y a aujourd’hui deux manières de faire de la politique au sein de notre génération. D’un côté, la manière de ceux qui ont appris, depuis 10 ans, en travaillant sur le terrain, en écumant les meetings et les permanences, en rédigeant dans l’ombre des propositions concrètes. De l’autre, la manière de ceux qui campent sur les plateaux de télévision et qui cisellent des petites phrases pour accroître leur notoriété sur le dos de notre mouvement. Il y a ainsi la voie unitaire et militante, et la voie du buzz et des clashs.

Ni conservatisme, ni populisme

Alors que François Hollande semble figé dans un conservatisme gestionnaire en attendant un retour miraculeux de la croissance, l’UMP doit se garder d’une fuite en avant populiste, qui consisterait à multiplier les effets d’annonce et à choisir ses propositions à coup de sondage. Si l’UMP devait mesurer la pertinence de son programme à sa capacité à faire le buzz, notre famille politique se condamnerait au suicide électoral.

La France a besoin d’un sursaut réformateur, d’un sursaut national, c'est-à-dire d’un discours de vérité, de réformes radicales, non pas qui réparent mais qui transforment notre modèle social. Nous ne pouvons pas, comme le PS, prendre acte du déclassement de la France, et ne rien faire face au chômage de masse, à l’effondrement culturel, au Waterloo productif, au repli communautaire. Mais nous ne voulons pas non plus que l’UMP se refonde sur les bases d’un populisme qui serait une synthèse entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, parce qu’alors nous nous condamnerions à la défaite et nous abandonnerions la France à un destin fatal !

Si avec 50 jeunes militants et cadres de l’UMP, nous avons décidé de présenter une motion dans le cadre du congrès de novembre, et si cette motion est parrainée par 18 parlementaires de renom, c’est parce que notre choix est clair : nous défendons la voie du sursaut et de l’effort. C’est parce que nous croyons que l’UMP doit tout à la fois s’organiser pour la reconquête du pouvoir et, dès à présent, se préparer à son exercice.

Reconquête du pouvoir ! Nous avançons 14 propositions pour que l’UMP redevienne à la fois un grand parti de militants, le parti des idées, et un parti capable de gagner les prochaines élections en 2014 et 2015. Nous pensons surtout que l’union de la droite reste la première condition de la victoire : c’est pourquoi nous défendons dans ce Congrès une ligne unitaire qui était celle des fondateurs de l’UMP, et pensons que notre mouvement doit se garder de la balkanisation, pour creuser le sillon majoritaire d’une pensée de centre-droit libérale et européenne.

Exercice du pouvoir ! L’opposition doit nous permettre de nous préparer avec exigence à l’exercice du pouvoir, pas être l’occasion de raconter tout et n’importe quoi. Nous pensons que l’UMP a le devoir de ne plus rien penser, de ne plus rien dire, de ne plus rien promettre qu’elle ne sache mettre en œuvre. Car la montée des extrêmes est avant tout le fruit d’une gigantesque défiance des Français à l’égard de la parole politique. C’est pourquoi nous défendons un plan d’action radical mais réaliste à la fois, prévoyant un choc de compétitivité massif, une baisse drastique de la dépense publique, un big bang de la sécurité sociale et de son financement, une réforme de l’école renforçant l’autorité du maître et l’autonomie des établissements, et la construction d’une Europe puissance.

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