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Valérie Trierweiler a déclaré vendredi ne plus vouloir se taire, citant Danielle Mitterrand comme modèle
Valérie Trierweiler a déclaré vendredi ne plus vouloir se taire, citant Danielle Mitterrand comme modèle
©Reuters

Normale, vous avez dit normale ?

"Je ne me tairai plus" : Valérie Trierweiler part en guerre contre les affreux conservateurs rabougris qui la bâillonaient

Valérie Trierweiler a déclaré vendredi ne plus vouloir se taire, citant Danielle Mitterrand comme modèle. La première dame se présente ainsi comme une victime dont la parole libératoire doit pouvoir s'affranchir des limites imposées par une étiquette désuète.

Jacques Charles-Gaffiot

Jacques Charles-Gaffiot

Jacques Charles-Gaffiot est l'auteur de Trônes en majesté, l’Autorité et son symbole (Édition du Cerf), et commissaire de l'exposition Trésors du Saint-Sépulcre. Présents des cours royales européennes qui fut présentée au château de Versailles jusqu’au 14 juillet 2013.

 

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Le soir du 2 mai 2012, lors de son ultime prestation à la télévision en qualité de candidat à la présidence de la République, François Hollande nous avait caché, dans l’emploi de sa devenue si célèbre anaphore, que lui, "président normal", exercerait finalement le pouvoir aux côtés d’une "première dame" qui, contrairement à sa modeste personne, se montrerait en tout singulière, au point de faire ployer le protocole élyséen, de basculer la constance des habitudes, de renverser les règles prévalant jusqu’alors… jusqu’à inspirer au metteur en scène Bernard  Uzan une pièce de théâtre de boulevard !  Il est vrai qu’à gauche, par vocation, on soutient la culture.

Mensonge par omission ou manque de discernement ? Le candidat, puis le président ferme les yeux.

Mais depuis quelques mois, François Hollande prie sans doute avec beaucoup d’ardeur –sa formation salésienne lui en aura inculqué les formules élémentaires- afin que la plainte pour recel et détournement de fonds publics déposée par Xavier Kemlin à l’encontre de Valérie Trierweiler soit déclarée sans suite et que la pétition, qui circule sur internet demandant des comptes au président sur sa déclaration de patrimoine exigée pour son dépôt de candidature dans laquelle il déclare être un candidat officiellement célibataire, s’enlise au plus profond des abysses.

Pour cette dernière voie, peu importe finalement l’importance du succès remporté par cette initiative. Le président "normal" trouvera sans doute un admirateur de Jean-Paul Delevoye, présidant du Conseil économique et social, pour conclure, comme lui, de l'irrecevabilité de la mesure surtout si elle atteint les 700 000 signataires !

Mais, nouveau coup d’éclat dans le landernau parisien, voilà que Valérie Trierweiler s’invite à nouveau dans le débat public et cette fois, affirme-t-elle, pour ne plus en sortir. Non, elle ne se taira plus ! Une mission incombe à l’ambassadrice de "France-Libertés", consciente de la force des valeurs de gauche soutenues par Danièle Mitterrand.

A son tour, après Christiane Taubira, garde des Sceaux, Valérie Trierweiler se présente comme une nouvelle victime dont la parole libératoire, régulièrement muselée depuis l’affaire Falorni/Royal, doit pouvoir désormais s’affranchir des limites imposées par une étiquette désuète et le respect d’usages révolus imposés par d’affreux conservateurs rabougris. Elle dénoncera bien sûr les scandales humanitaires, mais en sa qualité de grande prêtresse de la nébuleuse médiatique puisque sa qualité de journaliste l’immunise de tout péché contre l’esprit, il lui revient de porter l’étendard des profondes valeurs de la gauche, même si cette bannière est trop souvent éclaboussée par la politique conduite par son président-compagnon. A son tour, l’ancienne animatrice de télévision n’hésitera plus à prendre des coups avec autant de courage, et peut-être plus encore que celui pour lequel Dominique Bertinotti fut louée avant-hier par le Premier ministre.

A quatre mois des élections municipales, et à six des européennes, apparaissent ainsi en quelques semaines à la vénération du bon peuple et des électeurs pour contrebalancer les fâcheux effets des anciens de la Manif pour Tous, des ouvriers de Gandrange, des Veilleurs, des Bonnets rouges, des Pigeons, des Poussins, des instituteurs, des agriculteurs, des transporteurs, des fleuristes, des maires etc… trois nouvelles figures d’Egérie de la République incarnant, par des familiers de François Hollande, et pour mieux les récupérer, la lutte contre le racisme, celle pour la liberté de l’information, enfin celle contre le cancer.

Qui ne se laisserait convaincre des hautes aspirations du chef de l’Etat ? Vraiment toute cette belle orchestration tombe à pic !

De là à penser que les vœux du président ont été entendus du ciel, grâce aux prières enseignées par les bons Frères des écoles chrétiennes… !

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